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L’alcool et les opioïdes causent plus de dommages secondaires que le cannabis, selon une nouvelle étude

Une récente étude a révélé que les dommages causés par l’usage de l’alcool ou des opioïdes sont bien plus répandus que ceux attribuables au cannabis. Les résultats, basés sur les réponses de 7 799 participants à l’enquête nationale américaine sur l’alcool de 2020, montrent que les personnes interrogées signalent des dommages secondaires liés à la consommation d’alcool près de six fois plus souvent que pour le cannabis.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes

D’après cette étude, plus d’un tiers des participants (34,2 %) ont déclaré avoir subi des préjudices secondaires liés à la consommation d’alcool au cours de leur vie. En revanche, seuls 5,5 % ont signalé des dommages secondaires associés au cannabis. Pour les opioïdes et d’autres drogues, les taux étaient respectivement de 7,6 % et 8,3 %.

Lorsque les participants ont été interrogés sur les 12 mois précédant l’enquête, les chiffres montrent que 6,2 % d’entre eux avaient subi des préjudices dus à la consommation d’alcool par d’autres, contre 2,2 % pour d’autres drogues, 2 % pour les opioïdes et seulement 1,8 % pour le cannabis.

Une répartition des préjudices inégale

L’étude a également révélé que l’expérience des préjudices secondaires varie selon les groupes démographiques. Les femmes, les personnes blanches, celles ayant des antécédents familiaux de problèmes d’alcool et les individus séparés, divorcés ou veufs ont signalé davantage de préjudices secondaires. Les types de dommages signalés incluent des difficultés familiales et conjugales, des accidents de la route, du vandalisme, des dommages physiques et des difficultés financières.

Un aspect intéressant de l’étude est que les personnes consommant elles-mêmes de l’alcool ont des chances légèrement plus élevées de signaler des préjudices secondaires dus à l’alcool, probablement parce qu’elles sont plus souvent exposées à d’autres grands consommateurs. À l’inverse, les consommateurs fréquents de cannabis ont significativement moins de chances de signaler des préjudices secondaires dus au cannabis.

Le rôle des politiques punitives

Pour le cannabis, une prévalence plus élevée de dommages secondaires a été observée chez les personnes noires. Les auteurs de l’étude suggèrent que cela pourrait être dû en partie à des politiques punitives autour du cannabis plutôt qu’à la substance elle-même. Les individus noirs sont plus susceptibles de faire face à des conséquences légales liées à l’usage de cannabis, ce qui peut entraîner des dommages financiers et familiaux, impactant ceux qui les entourent.

Les auteurs ont souligné que les dommages secondaires liés à l’usage de substances sont souvent sous-estimés en raison de la stigmatisation et de la difficulté à identifier les préjudices moins évidents causés par des substances comme le cannabis et les opioïdes, par rapport à l’alcool.

Un appel à une meilleure compréhension

Cette nouvelle recherche vise à élargir la compréhension des dommages liés à la drogue en tentant de mesurer et d’expliquer les préjudices non pas seulement pour les consommateurs eux-mêmes, mais aussi pour leurs amis et leur famille. Erika Rosen, la principale chercheuse de l’étude, a déclaré :

Il est crucial de comprendre l’étendue de ces dommages dans nos communautés afin de développer des politiques et des interventions plus efficaces pour soutenir à la fois les individus et ceux qui les entourent.

Implications pour la légalisation du cannabis

Les défenseurs de la légalisation du cannabis voient dans ces résultats une confirmation des conclusions précédentes montrant que les effets sur la santé publique du cannabis sont bien moindres que ceux de l’alcool. Paul Armentano, directeur adjoint de NORML, a déclaré que la nouvelle étude « confirme que les effets du cannabis sur la santé publique sont bien moins graves que ceux liés à l’usage de l’alcool ».

Des études récentes montrent que la consommation régulière de cannabis est désormais plus courante que celle de l’alcool parmi les Américains. Depuis 1992, le taux de consommation quotidienne de cannabis a augmenté de près de 15 fois, tandis que l’alcool perd du terrain. Une banque d’investissement multinationale a prédit que près de 20 millions de personnes consommeront régulièrement du cannabis dans les cinq prochaines années, alors que le nombre de buveurs d’alcool diminuera de quelques millions.

Alcool et opioïdes plus nocifs que le cannabis

Conclusion

En somme, cette étude souligne l’importance de repenser notre approche des politiques sur les substances. Les préjudices secondaires causés par l’alcool et les opioïdes sont nettement plus fréquents que ceux causés par le cannabis, ce qui suggère que des politiques plus nuancées et moins punitives pourraient mieux servir nos communautés. Les résultats devraient encourager une réévaluation des priorités en matière de santé publique et de justice sociale.

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