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Canada: la commande de cannabis disponible sur Uber Eats

Si on nous avait dit qu’un jour on pourrait commander du cannabis comme de la bouffe, on aurait tous été choqués. Pourtant, depuis le 22 novembre dernier, Uber Eats fait également dans la vente de cannabis. Commandez dès maintenant votre cannabis comme des sushis. Du calme, ce n’est pas en France mais plutôt au Canada.

Mais pourquoi avoir choisi le Canada? Pour mieux comprendre la situation, il faut connaître la loi qui entoure le cannabis au pays de Garou.

Une question de sécurité

On parle de Loi sur le cannabis depuis le 17 octobre 2018. Mais c’est un an plus tard, le 17 octobre 2019 qu’on le trouve sur le marché. Mais attention, n’est pas vendeur de cannabis légal qui veut l’être. Il faut avoir une licence du gouvernement fédéral pour vendre du cannabis médical.

Mais cette légalisation du cannabis n’est pas vraiment un geste altruiste. C’était surtout une question de sécurité. Le gouvernement y voyait un moyen d’atteindre ses objectifs qui étaient de mettre un terme au marché de cannabis illégal mais aussi d’empêcher les malfaiteurs de faire du profit. Et ça a payé puisque le taux d’habitants qui s’approvisionnent auprès des petits dealers est passé de 51,3% en 2018 (année où la cannabis a été légalisé) à 35,4% vers la fin 2020.  

cannabis au Canada

Les réglementations en vigueur

On doit retrouver un timbre d’accise sur l’emballage des produits, ou du moins ceux dont le taux de THC dépasse les 0,3%. Pourquoi ? C’est un moyen d’éviter les falsifications puisque le timbre renferme des éléments de sécurité tout comme les passeports etc. On doit également voir sur l’emballage les mises en garde obligatoires ainsi que le symbole normalisé du cannabis.

La protection des plus jeunes

Laisser libre cours à la vente et à la consommation de cannabis ne veut pas dire que tout le monde peut y avoir accès, notamment les plus jeunes. C’est pour ça que la loi interdit la vente de ces produits aux moins de 18 ans. Mais il n’y a pas que la vente. Donner du cannabis à un mineur « pour qu’il l’essaie » est tout aussi interdit. Impliquer un mineur dans une infraction ayant un lien avec du cannabis est aussi passible de 14 ans d’emprisonnement.

Toute tentative d’incitation des jeunes à prendre du cannabis est passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 5 millions de dollars et d’une peine de trois ans de prison.

A chaque région sa législation

Il faut savoir qu’au Canada, les lois concernant le cannabis varient d’une région à une autre. L’âge minimum pour pouvoir en prendre, la quantité de cannabis en main et les endroits pour acheter légalement du cannabis, ce sont les critères relatifs à chaque territoire. Il est donc préférable de se renseigner auprès de la municipalité si vous comptez aller au Canada.

Le cannabis interdit de voyage

Que vous ressortiez ou que vous entriez sur le territoire canadien, il est interdit d’emmener du cannabis avec vous et ce, même s’il s’agit de cannabis médical. Mais si vous voyagez dans le territoire, le seuil maximal de cannabis séché que vous pouvez avoir sur vous est de 30 grammes. Mais encore, il faut avoir l’âge minimum requis suivant le territoire sur lequel vous vous trouvez.

Amateur de cannabis et vous avez les mains vertes ? Vous pouvez très certainement faire du Canada votre Eldorado. Cultiver du cannabis chez soi, bien sûr que c’est légal. Mais prenez toujours le temps de vous informer sur les lois en vigueur dans la région.

Si c’est pour un usage personnel

Vous avez le droit de cultiver cinq plants de cannabis par famille. Mais attention, il y a également des mesures de sécurité à suivre pour la culture du cannabis. Mais ça, vous le savez peut-être déjà.

Si c’est pour un usage commercial

Si vous pensiez que vous pourriez planter tranquillement votre cannabis au Canada et le vendre, détrompez-vous. Il faut avoir une licence accordée par Santé Canada. Il se peut aussi que vous ayez besoin d’un permis de l’Agence de revenu du Canada. Le timbre d’accise doit être bien visible sur le packaging. Ça reste obligatoire aussi sur les plantes ayant moins de 0,3 %  de THC ou aucune trace.

Le cannabis médical

Bien qu’il s’agisse de cannabis médical, les autorités canadiennes sont très à cheval sur la législation. Il est impératif que le patient soit inscrit chez un vendeur autorisé ou chez Santé Canada. Le patient doit aussi avoir une L’autorisation délivrée par un fournisseur de soins de santé.

Commander du cannabis, c’est aujourd’hui possible avec Uber Eats

Rappelons qu’Uber Eats livre aujourd’hui de l’alcool. Mais le géant américain de la livraison compte également rajouter le cannabis à son palmarès. Uber aura mis plusieurs mois avant de se décider mais c’est officiel, la firme se lance dans le monde du cannabis. Eh oui, c’était déjà au mois d’avril dernier que Dara Khosrowshahi, le patron d’Uber avait annoncé qu’il s’intéressait au marché du cannabis. A cette époque, il était hésitant à l’idée de lancer le service « Uberweed » aux Etats-Unis puisque la weed récréative n’y est pas encore légal. Par contre, il n’a pas balayé cette idée et affirmait qu’il lancerait ce service dans des pays où le cannabis est plus libre.

Il se tourne alors vers l’Europe et pense à la France. Mais malheureusement, c’est tout bonnement impossible. Si déjà le CBD a du mal à passer, qu’en sera-t-il du cannabis récréatif. C’est donc tout naturellement que son choix se tourne vers le Canada où le cannabis médical comme récréatif est légal.

Le Canada, premier marché cannabis d’Uber Eats

Le Canada sera alors le premier pays à bénéficier d’une livraison de cannabis. Pourquoi le Canada ? Déjà, parce que le cannabis récréatif y est légal mais aussi parce que là-bas, c’est le grand boom marché du cannabis. Le marché devrait être estimé à 2,8 millions d’euros en 2021.

Mais dans un premier temps, cette offre sera limitée à Ontario. Une extension vers d’autres pays ou d’autres régions ? On ne le sait pas encore. Uber Eats a préféré ne pas se prononcer sur ce sujet. Mais n’aura pas accès à ce service qui le voudra. Selon la loi, il faut que l’acheteur ait l’âge légal pour se procurer du cannabis. Et il est encore impossible aujourd’hui de livrer le produit à domicile. Il faudra donc récupérer le colis dans un magasin partenaire de son choix. Et là, bien sûr, présentation d’une carte d’identité obligatoire. Attention, qu’on ne s’y méprenne pas. Le but de cette démarche n’est pas de favoriser la consommation de cannabis mais de faire gagner du temps aux consommateurs.

Un partenariat avec Tokyo Smoke

Tokyo SMoke, partenaire d'Uber Eats

C’est avec Tokyo Smoke, ancien expert du cannabis, que Uber a tenté cette aventure. Mais comment ça fonctionne ? L’application propose toute une liste de points de vente de Tokyo Smoke.  L’acheteur fait son choix de produits et passe commande. Mais il faudra ensuite se rendre dans le point de vente Tokyo Smoke choisi.

Et à quand pour la France ?

Avec la situation actuelle, on en est bien loin. La justice française est encore trop occupée à courir après les boutiques de CBD pour se pencher sur l’histoire du cannabis. Certes, le vent commence à tourner mais on sent quand même que les autorités n’arrêtent pas de chercher la petite bête avec des arrestations par-ci par-là. Alors, de là à livrer du cannabis…

Mais faciliter ainsi l’accès au cannabis (du cannabis, hein, celui qui est truffé de THC) est-elle une bonne chose ? Nous connaissons tous les effets de ce dangereux cannabinoïde. Psychoactif, il altère notre comportement et notre façon de voir les choses.

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