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Cannabis et immunothérapie : Pas d’interférence 

Une nouvelle étude s’est intéressée à la manière dont le cannabis affecte les différents types de cancer. Certains patients souffrant de ce mal, réputé incurable, ont essayé de l’utiliser pour soulager leurs symptômes, même en auto-traitement. Mais beaucoup d’entre nous souhaitent savoir si on peut l’envisager dans le cadre d’un traitement médical, en l’associant à l’immunothérapie. Les gens ayant affaire de près ou de loin à cette maladie savent combien elle est complexe. Non seulement elle est potentiellement mortelle, mais elle présente aussi des risques de rechute. Heureusement, un vent de soulagement semble souffler concernant le potentiel du cannabis à soulager le cancer du poumon. Une étude israélienne tend à démentir l’interférence du cannabis avec l’immunothérapie du cancer des poumons

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Une étude israélienne prometteuse d’une portée clinique considérable

Autant la marijuana que l’immunothérapie auraient un potentiel non négligeable en matière d’oncologie selon les recherches. Le cannabis serait utile au soulagement des symptômes tandis que l’immunothérapie serait une alternative à la chimiothérapie. Les patients du cancer peuvent alors être tentés de combiner les deux, mais ne savent pas si l’un pourrait interférer avec l’autre. Déceler si le cannabis aurait une éventuelle compatibilité avec l’immunothérapie est une question d’une importance clinique. Quoi qu’il en soit, une publication de l’European Journal of Cancer semble suggérer que le cannabis et l’immunothérapie sont compatibles.

Méthodologie de la nouvelle étude concernant la compatibilité de l’immunothérapie et du cannabis

D’un côté, la nouvelle étude intègre une analyse rétrospective et observationnelle sur des patients humains atteints de CPNPC. D’un autre côté, une expérimentation de laboratoire utilise un modèle murin de cancer colorectal. Les auteurs ont intégré deux tests distincts pour savoir si le cannabis réduit l’efficacité des inhibiteurs de points de contrôle immunitaires.

Les chercheurs ont administré le Pembrolizumab en monothérapie de première ligne à la population d’étude (cancéreux à un stade de métastase). Précisons que les cancéreux traités au cannabis étaient relativement plus jeunes que le groupe témoin (âge médian 68 contre 74). Le genre féminin était également plus nombreux dans ce groupe traité au cannabis (62, 60,8 % contre 34, 34,3 %). Les personnes traitées au cannabis présentaient fréquemment des métastases cérébrales (15,7 % contre 5 %). Notons aussi que les différents groupes de l’étude présentaient les mêmes caractéristiques (profil tabagique et histologique, ECOG, l’expression du programmed death-ligand 1).

Quel type de cannabis a-t-on privilégié dans cette étude ?

Les chercheurs ont choisi des inflorescences femelles de marijuana médicale pour les administrer au groupe correspondant. On les a séchées à l’air libre puis broyées afin d’obtenir une fine texture poudreuse. Il a fallu extraire à l’éthanol (qualité chromatographie liquide à haute performance) la poudre de cannabis (par 5 g). Ensuite, on a soumis l’extrait à des ondes sonores (sonication de 10 minutes).

Les recherches antérieures ont émis quelques réserves concernant l’effet négatif du THC sur l’immunité tumorale. Les chercheurs ont donc choisi d’utiliser de la marijuana à forte concentration de ce cannabinoïde (THC). Ils ont évalué son effet direct sur le plan histologique (cellules CT26 in vitro), et ont remarqué une concentration inhibitrice médiane (9 microgrammes par millilitre).

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Potentiel de l’immunothérapie pour le cancer : d’où vient-il ?

Ce qu’on appelle inhibiteurs de points de contrôle immunitaire constitue une forme d’immunothérapie. Ces inhibiteurs (anticorps) représentent une alternative thérapeutique contre de nombreux cancers. Comme le système immunitaire attaque les tumeurs, ces derniers peuvent utiliser les points de contrôle pour s’en protéger. Comme leur nom l’indique, les médicaments inhibiteurs bloquent ces points de contrôles afin de restaurer les fonctions immunitaires. On prescrit surtout les inhibiteurs en traitements de première ligne pour le cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC). Mais, il arrive qu’on associe l’immunothérapie (thérapie par inhibiteurs) avec la chimiothérapie.

Qu’en est-il du potentiel du cannabis contre l’évolution des cancers pulmonaires

Outre l’immunothérapie, certaines personnes souffrant d’un cancer se tournent vers la marijuana pour trouver du soulagement. Cette pratique est même devenue courante ces derniers temps avec la popularité de ses bienfaits et l’acceptation progressive de la société. En fait, plusieurs recherches précliniques et anecdotes témoignent des effets anticancéreux des cannabinoïdes. Effectivement, la marijuana médicale peut soulager les symptômes et effets secondaires du cancer et de son traitement (nausées, douleur, perte d’appétit, etc.).

Valeur du cannabis dans le traitement cancéreux

Une fois de plus, les observations des chercheurs étaient claires et plus révélatrices. En fait, les résultats concordent avec celles des observations sur l’homme. L’administration du cannabis n’a pas modifié l’efficacité de l’immunothérapie (pour le meilleur ou pour le pire). Il s’est avéré que les souris traitées uniquement avec du cannabis ont obtenu des résultats légèrement meilleurs que celles du groupe témoin. Les chercheurs ont remarqué chez elles une meilleure survie et une faible évolution tumorale. L’étude confirme que les cannabinoïdes sont capables de limiter la croissance des adénocarcinomes pulmonaires dans un milieu in vivo et in vitro.

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Effet du THC contre les tumeurs et pertinence de la nouvelle recherche concernant le cannabis et le cancer 

Les chercheurs devraient organiser à l’avance, randomiser et contrôler leurs observations pour renforcer la fiabilité des essais cliniques. La nouvelle étude observationnelle et rétrospective s’engage dans cette voie en examinant des dossiers médicaux détaillés. Beaucoup d’essais cliniques ont démontré les effets anticancéreux des cannabinoïdes. Mais, elles font rarement le lien entre la consommation de cannabis et les résultats du cancer chez des patients réels.

L’étude israélienne a révélé que le tétrahydrocannabinol n’a pas diminué l’efficacité des inhibiteurs des points de contrôle immunitaires (anticorps anti-PD-1). De ce fait, le cannabis et les médicaments inhibiteurs ont plus ou moins soutenu les fonctions du système immunitaire des patients.

Quelques inquiétudes concernant la compatibilité du cannabis et de l’immunothérapie

Certains chercheurs ne sont pas d’accord sur le fait que le cannabis et l’immunothérapie sont compatibles. L’une des objections concerne le récepteur cannabinoïde CB2. Celui-ci est surtout exprimé par les cellules immunitaires et son activation peut supprimer la fonction immunitaire. Les immunothérapies telles que les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire dépendent d’une puissante réponse pour effectuer leurs fonctions. Pourtant, il est possible qu’au lieu d’aider, le cannabis interfère négativement avec l’immunothérapie. C’est justement ce qu’ont suggéré deux recherches antérieures menées par une équipe de recherche israélienne en 2019 et en 2020.

Des réserves elles-mêmes critiquées

En réalité, les recherches israéliennes sont elles aussi assorties de réserves assez importantes. C’est ce que déclarent les auteurs du nouvel article, également basés en Israël. Selon ces derniers, ces études prenaient en compte des cancéreux soumis à des régimes et lignes de traitement de divers cancers. On leur a également administré des inhibiteurs de points de contrôle immunitaires à un stade avancé (peu de temps avant la mort). Dans ces conditions, la marijuana n’est utilisée que comme simple substitut pour une maladie symptomatique à forte charge.

Encore une étude israélienne centrée sur la marijuana

Les auteurs ne s’étonnent pas que deux équipes de chercheurs en Israël se focalisent sur un même sujet. Après tout, Israël est mondialement réputé en ce qui a trait à la science du cannabis. De plus, la marijuana médicale est la substance qu’on prescrit le plus aux patients atteints de cancer dans ce pays. Selon le nouvel article, plus de 10 000 personnes l’utiliseraient.

Qu’en est-il des limites de cette étude sur l’effet du cannabis sur le cancer du poumon non à petites cellules ?

Bien qu’elle soit précise dans l’essentiel, cette étude israélienne connaît tout de même des limites. Le Pembrolizumab est l’inhibiteur point de contrôle immunitaire administré aux patients atteints d’un cancer du poumon au centre médical Sourasky (Tel-Aviv). Précisons que l’effectif total des participants à l’étude était de 201 dont 102 ont reçu du cannabis en prescription et 99 non. La progression tumorale sur plusieurs années de suivi chez ces groupes de patients était similaire (premier mois de traitement). Les chercheurs n’ont trouvé aucune différence significative dans la survie globale entre les deux groupes de l’étude.

En outre, les chercheurs ont choisi 30 souris porteuses de tumeurs pour l’expérience de laboratoire. Ils ont donné différentes substances à chaque groupe de souris (7 à 9) :

  • Extrait de cannabis à haute teneur en THC (2 concentrations différentes)
  • Médicament inhibiteur du point de contrôle immunitaire
  • Immunothérapie et cannabis (2 concentrations différentes)
  • Aucun produit pour le groupe de contrôle/témoin.

Au cours des semaines et des mois suivants, ils ont observé le volume de la tumeur et la survie chez les souris.

Finalement, le cannabis et l’immunothérapie peuvent-ils aller de pair ?

Cette recherche israélienne suggère que l’usage combiné de l’immunothérapie et du cannabis ne réduit pas l’efficacité du traitement du cancer. Comme nous l’avons précédemment énoncé, l’étude se concentre spécifiquement sur le cancer du poumon non à petites cellules. La recherche a une importante portée clinique alors que la consommation de la marijuana se popularise à l’échelle internationale. Mais, il faudra entreprendre des essais cliniques randomisés ou au moins prospectifs pour savoir si ses conclusions s’appliquent à d’autres cancers. Les futures études pourraient également envisager d’associer le cannabis à d’autres traitements que l’immunothérapie. Quoi qu’il en soit, on peut se rassurer que le cannabis n’affecte pas négativement l’immunothérapie contre le cancer.

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