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Cannabis en soins primaires : Urgence de dépistage

La consommation de cannabis est courante chez les patients en soins primaires, la plupart l’utilisant pour gérer un symptôme ou un problème de santé.

Une pratique répandue et préoccupante

Une étude récente de l’UCLA révèle qu’un patient sur six en soins primaires consomme du cannabis. Parmi ces consommateurs, 35 % présentent un risque modéré à élevé de développer un trouble lié à l’usage du cannabis. Ces résultats, publiés le 5 juin dans le JAMA Network Open, indiquant que même ceux identifiés comme consommateurs récréatifs utilisent souvent le cannabis pour gérer des symptômes de santé, soulignent l’importance d’un dépistage systématique dans les établissements de soins primaires. Cependant, ce dépistage est encore rare dans de nombreux systèmes de santé.

Le silence entre patients et médecins

Le Dr Lillian Gelberg, professeur de médecine familiale à l’UCLA, explique que l’absence de dialogue sur la consommation de cannabis entre patients et médecins représente une occasion manquée d’améliorer la gestion des symptômes par le biais de discussions ouvertes et honnêtes.

« Les patients ne parlent pas de leur consommation de cannabis à leurs prestataires, et les médecins ne posent pas de questions à ce sujet », déclare-t-elle.

L’impact de la légalisation

La légalisation dans 38 États, trois territoires américains et le District de Columbia a contribué à réduire la stigmatisation associée à son usage. Cependant, cette perception de sécurité augmente s’accompagne d’une augmentation de la puissance de la plante, ce qui peut entraîner des risques pour la santé.

cannabis

Les recommandations du groupe de travail

En 2020, le groupe de travail américain sur les services préventifs a recommandé aux médecins de soins primaires de dépister l’usage de cannabis chez leurs patients adultes. Suivant cette directive, les chercheurs de l’UCLA ont utilisé une enquête auto-administrée basée sur les dossiers de santé électroniques pour évaluer la consommation de marijuana chez les patients. Près de 176 000 patients ont participé, et 17 % d’entre eux ont admis consommer du cannabis. Parmi ces consommateurs, 35 % ont montré un risque significatif de développer un trouble lié à cette consommation.

Des motivations et des modes de consommation de cannabis diversifiés

Les résultats de l’étude montrent que la consommation de la plante est variée. 40 % des utilisateurs en ont consommé une ou deux fois au cours des trois mois précédents, tandis que 19 % en consommaient quotidiennement ou presque. Les méthodes d’inhalation (65 %) et d’ingestion (64,7 %) sont également courantes, avec 29 % des consommateurs utilisant le vapotage. Environ 47 % des consommateurs utilisent le cannabis pour des raisons médicales, principalement pour gérer les symptômes de santé mentale, de stress, de sommeil et de douleur.

Limites et implications de l’étude

L’étude présente certaines limites, notamment la dépendance aux déclarations des patients et le contexte particulier de la pandémie de COVID-19, qui a pu influencer les niveaux de consommation. De plus, les résultats pourraient ne pas être généralisables à d’autres systèmes de santé, notamment ceux où le cannabis reste illégal.

Malgré ces limites, les chercheurs soulignent l’importance d’intégrer le dépistage systématique de la consommation de cannabis dans les soins primaires pour améliorer la gestion des symptômes et la documentation de l’usage médical du cannabis.

Conclusion

Les co-auteurs de l’étude, dont Dana Beck, PhD, MSN, et d’autres experts, appellent à une mise en œuvre généralisée des dépistages de cannabis en soins primaires. Cette approche pourrait transformer la manière dont les systèmes de santé identifient et gèrent la consommation de cannabis, en particulier pour des fins médicales.

Financée par le programme de recherche sur les maladies liées au tabac de l’Université de Californie et du National Center for Advancing Translational Science, cette étude met en lumière une réalité complexe et invite à repenser les pratiques de dépistage en primaires pour répondre aux besoins de santé des patients consommateurs de marijuana.

 

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