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CBD et mise en garde de la FDA, qu’en est-il vraiment ?

La FDA avait approuvé l’usage de l’EpidiolexMD (2018) chez les enfants (à partir de 2 ans) pour soigner les crises d’épilepsie. Mais en mai dernier, cette institution américaine a établi des mises en garde quant aux risques associés aux produits CBD. Cette décision a eu un écho à l’échelle internationale et a fortement suscité l’attention du public. L’essor des produits à base de cannabidiol pourrait-il décliner face à ces mesures ?

Mise en garde contre les denrées alimentaires à base de CBD

La Food and Drug Administration est responsable de veiller à la sécurité sanitaire des produits alimentaires (aliments, boissons) et médicaments. Cette institution américaine déplore la promotion disproportionnée et parfois mensongère en proposant le CBD comme un remède miracle. Ces publicités sont susceptibles de tromper les gens et de les détourner du processus de traitement classique (diagnostic, soins médicaux). La FDA des États-Unis désapprouve les promesses thérapeutiques du CBD liées aux affections majeures (diabète, cancer, troubles nerveux).

En fait, la mise en garde de la FDA américaine concerne surtout les possibles effets hépatiques du cannabidiol. La Foods and Drugs Administration a peur des dommages que peuvent causer les denrées alimentaires renfermant du CBD. Cette institution veut notamment prévenir les usagers des risques d’atteintes hépatiques des huiles de CBD. Ses craintes sont légitimes puisque les produits à base de cannabidiol se répandent rapidement sur le marché sous différentes formes. Malheureusement, les lois sur la sécurité des produits CBD peuvent varier face aux offres multiples (cosmétiques, e-liquides, alimentaires, etc.). Seuls les produits alimentaires CBD ayant reçu l’agrément de la Commission européenne ou de l’OSAV (sécurité alimentaire et vétérinaire) sont commercialisables. Or, nombre d’entreprises négligent cette formalité sécuritaire et commercialisent illégalement leurs marchandises. Pourtant, il subsiste toujours des doutes concernant les risques sanitaires des produits alimentaires cbd. Certains experts soutiennent qu’ils présentent des risques pour le foie chez l’homme et entraîner l’infertilité chez les cobayes. En outre, la teneur élevée en THC (Δ -9-tétrahydrocannabinols) psychoactif augmente fortement les risques d’atteinte à la santé humaine.

Risques sanitaires associés à l’usage de l’EpidiolexMD

L’usage de l’EpidiolexMD est indiqué pour soigner l’épilepsie (syndromes de Dravet, Lennox-Gastaut) infantile précoce. Outre sa possible interaction médicamenteuse, ce médicament favorise l’apparition de certains symptômes (léthargie, somnolence, diarrhée, etc.). Mais les scientifiques ont également observé des effets indésirables de l’Epidiolex chez les animaux (cobayes, chiens, singes). Ils parlent notamment d’atteintes hépatiques et d’infertilité masculine, sans pouvoir établir une conclusion véridique. Quoi qu’il en soit, les résultats témoignent de la nécessité d’un contrôle toxicologique strict et approfondi des produits CBD.

L’Epilodex a également entraîné une augmentation de l’activité des enzymes hépatiques dans le sang humain. Mais, les chercheurs ont mené ces expériences sur des malades qui consommaient également d’autres médicaments présentant des effets hépatiques. Ainsi, on a dû confondre l’effet de l’Epilodex avec l’interaction médicamenteuse. Ceci dit, comme les médicaments, les produits CBD sont susceptibles de solliciter excessivement le foie. Ce risque est à envisager suite aux études menées sur des sujets sains qui en témoignent. De ce fait, la dose de CBD recommandée par voie orale ne doit pas excéder 12 milligrammes chez l’adulte. Par ailleurs, les experts suggèrent d’éviter de consommer les produits CBD sur une trop longue durée et de les associer avec d’autres médicaments.

Produits-dérivés-du-CBD
Produits-dérivés-du-CBD

Risques sanitaires associés au THC dans les produits CBD

Le cannabidiol ou CBD est une molécule vertueuse à l’instar des cannabinoïdes présents dans les plants de chanvre. À l’inverse, le THC est caractérisé comme un cannabinoïde dangereux pour ses effets psychotropes. On doit soumettre les produits cbd à un contrôle sanitaire pour pouvoir les commercialiser librement. Malheureusement, la plupart des offres de CBD outrepassent souvent les limites de THC admises par la loi. Pourtant, transgresser cette norme au détriment de la sécurité des usagers est passible de confiscation, d’amendes et de prison. En fait, la teneur journalière maximale en THC est de 1 microgramme par kilo, soit 70 microgrammes par individu. Au-delà de 2,5 milligrammes, le THC est dangereux pour les systèmes nerveux et cardiovasculaire. Ces risques concernent notamment les sautes d’humeur, l’asthénie ou la baisse de réactivité chez l’être humain.

La prise de THC est exclusivement interdite par la loi française contrairement au CBD qui est admis, sous certaines conditions. Pourtant, certaines entreprises interprètent mal ces législations ou les omettent complètement afin de continuer leur business. 

En définitive, la législation française autorise la commercialisation et l’utilisation du cannabidiol extrait du cannabis seulement si : 

  • La plante de chanvre est répertoriée parmi les variantes admises
  • Les produits dérivés ne proviennent pas des fleurs de chanvre (graines et fibres du chanvre sont autorisées)
  • Le produit est dépourvu des propriétés stupéfiantes du tétrahydrocannabinol, c’est-à-dire que la concentration en THC ne dépasse pas 0,2 %.

Avis contradictoire de la FDA et de l’OMS

Par opposition aux allégations de la FDA, l’Organisation Mondiale de la Santé admet l’usage du CBD. Cet organisme international reconnaît les effets thérapeutiques du cannabidiol ainsi que la sécurité des produits dérivés du cbd. Son équipe de chercheurs (ECDD) a notamment révélé l’effet positif du CBD sur diverses affections (épilepsie, cancer, Alzheimer, psychose, etc.). L’OMS s’étonne du changement d’opinion de la FDA alors que l’un de ses représentants avait affirmé les avantages du cannabidiol. En 2015, Nora Volkow s’était prononcée en faveur du CBD en soutenant son caractère inoffensif et non addictif. Cette directrice du NIDA (National Institute on Drug Abuse) a même laissé entendre son potentiel thérapeutique sur plusieurs affections.

Impacts de la mise en garde du FDA

Les alimentaires dérivés du cannabis sont nombreux allant des pastilles et bonbons, passant par les chocolats, jusqu’aux chewing-gums. Nombre de ces produits contiennent du Delta-8 tétrahydrocannabinol dans leur composition. Et la FDA met en garde le public contre les éventuelles failles de sécurité et effets secondaires de ces produits.

Quatre entreprises ont reçu un avertissement de la FDA pour avoir vendu illégalement des produits contenant du delta-8 THC. On parle des industries M Six Labs Inc., Royaume récolte LLC, Delta 8 Chanvre et BioMD Plus LLC.

Des mesures ont été prises suite à la dénonciation de différentes entités (agents sanitaires, consommateurs, forces de l’ordre). La présence de THC Delta-8 dans les produits ingérés a même provoqué l’hospitalisation de certaines personnes. Les rapports du FDA révélaient alors 104 cas d’effets indésirables dont 55 % ont nécessité une intervention ou une hospitalisation d’urgence.

Des notes supplémentaires dénoncent la transgression de la loi fédérale FD&C Act (Food, Drug, and Cosmetic Act) suite à la :

  • Promotion de produits CBD à des fins préventives ou thérapeutiques des diverses maladies chez les hommes et les animaux
  • Mise en vente des produits à base de cannabidiol en tant que compléments alimentaires
  • Non-application de la loi concernant la concentration en THC delta-8 dans les alimentaires CBD : friandises (chocolat, caramels, bonbons gélifiés, chewing-gum, et amuse-gueule (cacahuètes, etc.)
  • Notice des produits CBD qui omettent certaines informations (mode d’emploi).

L’agence a notamment obligé les entreprises à prendre des mesures pour réparer leurs infractions à la loi.

Précautions à adopter

Nous pouvons endommager notre foie même sans prendre du CBD. Nos habitudes quotidiennes augmentent les risques d’atteintes hépatiques notamment la prise fréquente d’analgésiques ou de boissons alcoolisées ou sucrées. Donc, le mieux est de prévenir que guérir en adoptant des bonnes pratiques pour entretenir l’organe du foie :

  • Restreindre la consommation des viandes grasses, pour limiter le cholestérol
  • Limiter l’ingestion du sel, car il favorise la rétention d’eau
  • Boire régulièrement du thé vert non sucré pour ses vertus hépatoprotectrices
  • Consommer des herbes (romarin, fumeterre, etc.) aidant à purger la bile en cas de difficulté de digestion (surcharge du foie)
  • éviter de consommer excessivement des aliments sucrés pouvant entraver la régénération du foie ou l’intoxiquer jusqu’à provoquer des troubles graves (stéatohépatite ou cirrhose).

Sinon, vu la liste interminable des dangers approuvés par la FDA, il faut prévenir tout risque pouvant nuire à notre santé. Nous pouvons déjà commencer par privilégier les produits CBD de bonne qualité. Pour ce faire, on doit s’assurer qu’ils sont exempts de polluants ou de substances toxiques. En outre, les fournisseurs et boutiques CBD qui commercialisent des produits sans licence sabotent autant le marché CBD que l’expérience client. Par conséquent, on vous suggère d’acquérir vos produits CBD auprès d’un revendeur réputé qui fournit des produits de bonne qualité. Usez tout de même, de prudence, car les produits moins chers ne sont pas forcément qualitatifs.

Que dire en définitive ?

Pour conclure, les allégations et mesures prises par la FDA à l’encontre des produits CBD ont provoqué beaucoup de polémiques. Mais l’OMS semble disposer d’arguments contradictoires non négligeables à cet effet. Les autorités publiques, les commerçants de cbd et le public sont confus face aux possibles risques des produits CBD. Comme la sécurité des usagers est mise en jeu dans cette situation, chacune des entités concernées doit prendre ses précautions. D’abord, le respect des législations en vigueur est de mise pour les fournisseurs et les revendeurs. Ensuite, les autorités doivent renforcer les mesures de contrôle et de sanctions liées à la circulation des produits CBD. Enfin, les usagers doivent prendre des précautions pour ne pas acheter ni utiliser des produits illicites et de mauvaise qualité. Pour limiter les risques hépatiques, nous devons respecter le dosage des produits et adopter une bonne hygiène de vie. Mais alors, peut-on un jour espérer obtenir des ordonnances thérapeutiques de CBD moins réglementées en France ?

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