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Pourquoi est-ce que les Politiques bloquent le CBD ?

Les Etats-Unis découvrent le CBD en 2013, grâce à Sanjay Gupta. Durant son émission intitulée « Weed », cet animateur chez CNN, et non moins neurochirurgien, a alors mis en avant les vertus thérapeutiques de la molécule. Effet apaisant, anxiolytique, anti-inflammatoire, et même éradicateur de cellules cancéreuses… Les Américains sont quasi-instantanément conquis. Depuis, les boutiques CBD ont fait leur apparition. Des magasins Bio et des dispensaires de marijuana ont grossi le rang, en proposant divers produits CBD (lotions, baumes à barbe, capsules…). Seul ombre au tableau : les politiques sont loin d’être unanimes, en ce qui concerne le cannabidiol. Les préjugés et la méconnaissance de la substance y est pour quelque chose. Heureusement, Mitch McConnell (R-KY), un des hommes les plus puissants des Etats-Unis, est un fervent partisan du CBD.

Des politiques trop bornés ?

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Aux Etats-Unis, bon nombre de politiciens rechignent à se faire à l’idée que les produits CBD puissent être inoffensifs. Fermant les yeux sur leurs vertus thérapeutiques, ils évoquent surtout les effets secondaires, pourtant bénins (maux de tête, somnolence…). On note aussi une certaine frilosité pathogène, notamment quand il s’agit d’assouplir les législations en faveur de l’usage personnel du CBD.

Une indifférence quasi-généralisée

En réalité, les politiques américains refusent de prendre le temps de se renseigner sur le CBD. Ils demeurent indifférents aux résultats d’études menées sur le sujet. Même les avis des spécialistes en chanvre et cannabis sont complètement ignorés.

CBD, victime de la stigmatisation du cannabis

Chez les politiques américains, les stéréotypes et préjugés priment sur les bienfaits potentiels associés au CBD. La molécule souffre de sa similarité avec le THC. Des idées reçues ont encore la vie dure dans de nombreux Etats. Résultats : la police fait des descentes à répétition dans les boutiques CBD de l’Indiana et du Tennessee.

Dans le Pays de l’Oncle Sam, plusieurs études ont pourtant montré que le cannabis est beaucoup moins dangereux que l’alcool. Or, tout le monde continue de prendre un verre ou deux lors des afterworks. Le fait est que le plus grand nombre peine à assimiler le fait de prendre du CBD, à celui de manger un brownie. Si la tendance est au vapotage aux Etats-Unis, personne ne se soucie des composants des e-liquides. Un produit présenté comme de l’huile CBD ou de l’huile d’olive pure, mais qui peut aussi avoir une teneur en THC bien au-delà du seuil de 0,3 %.

Mitch McConnell, grand partisan du CBD

Mitch McConnell partisan du cbd

Grâce à Mitch McConnell, le CBD peut néanmoins aspirer à un avenir radieux aux Etats-Unis. Le chef de la majorité républicaine au Sénat a effectivement réussi à faire passer une nouvelle version du Farm Bill de 2018. Adoptée fin juillet 2019, celle-ci confère un caractère légal au chanvre industriel. Une occasion pour le sénateur du Kentucky de revenir sur son leitmotiv :

« Le chanvre est une plante complètement différente de son cousin illicite, la marijuana ».

Toute une kyrielle d’avantages

Dans son communiqué de presse portant sur cette nouvelle loi sur le chanvre, le bureau de McConnell a cité un certain nombre d’avantages. Parmi eux, on peut citer les opportunités offertes aux cultivateurs de chanvre dans le Kentucky.

En outre, en 2018, les Américains ont dépensé environ 820 millions de dollars pour des produits à base de chanvre (vêtements, pièces automobiles, matériau de construction et d’isolation…). Le communiqué révèle alors qu’il s’agit de chanvre importé.

Un contre-pied signé McConnell

Pour les observateurs, en légalisant le chanvre industriel, McConnell veut surtout faire profiter aux agriculteurs du Kentucky des potentielles retombées économiques du CBD. Bien entendu, les boutiques CBD de cet Etat y trouvent aussi leur compte.

Ce contre-pied de McConnell s’est surtout révélé au grand jour, quand Chuck Grassley (sénateur républicain de l’Iowa) a proposé un amendement à la nouvelle loi. En effet, celui-ci exclut le CBD de la liste des cannabinoïdes légales issus du chanvre. La réponse de McConnell ne s’est pas fait attendre :

« J’ai refusé d’inclure des suggestions qui iraient à l’encontre de la prémisse essentielle du projet de loi, à savoir que le chanvre et ses dérivés devraient être un produit agricole légal ».

S’il n’a pas explicitement mentionné le CBD, les observateurs ont parfaitement compris sa démarche. Carl Cameron, un ancien de la chaîne Fox News avance :

« L’omission du CBD par McConnell n’est pas un déni de la substance, mais plutôt une manœuvre tactique. Il met ainsi les partisans de la molécule à l’abri des critiques, notamment dans certains états où la stigmatisation du cannabis pourrait remettre en question le caractère légal du chanvre ».

L’exposé de James Comer sur le CBD

En septembre 2019, James Comer, membre du Congrès républicain, partisan et utilisateur de CBD a voulu tirer les choses au clair. Il a alors profité d’une réunion destinée à étudier les effets négatifs du vapotage, pour démontrer les différences entre le chanvre et le cannabis :

« Je pense qu’il y a beaucoup de désinformation et de confusion sur exactement ce que CBD et ce qu’est le THC ».

Des plantes similaires mais pas les mêmes

brocoli et chou fleur

Pour appuyer ses arguments, Comer n’a d’ailleurs pas hésité à faire référence au brocoli et au chou-fleur. Deux plantes issues de la même famille, avec beaucoup de similitudes, mais qui sont différente l’une de l’autre. En brandissant des produits CBD pour son usage personnel, ce membre du Congrès a alors attribué ses effets positifs au chanvre, et non au cannabis.

Besoin impérieux de réglementations

Lors de son exposé, James Comer a interpellé la FDA (Food and Drug Administration) sur la nécessité d’instaurer des règles claires régissant le secteur du CBD. Il décrit effectivement une atmosphère digne du « Far West » : Certains acteurs se livreraient à des pratiques douteuses, notamment en faisant fi du seuil autorisé concernant la teneur en THC. D’autres vendent de l’huile de pépins de raisin, présentée comme de l’huile CBD. Des vendeurs peu scrupuleux proposeraient même des produits synthétiques et chimiques susceptibles de nuire aux consommateurs.

Par ailleurs, le Républicain James Comer réclame aussi des réglementations strictes, pour mieux cadrer la concurrence. Il estime qu’à défaut, des compagnies aériennes peuvent se mettre à vendre des produits CBD, avec un taux de THC très élevé. Enfin, il affirme avoir adressé une lettre bipartite à plus d’une vingtaine de législateurs, pour mettre davantage la pression sur la FDA.

En conclusion, la méfiance des politiques vis-à-vis du CBD n’est pas du tout fondée. Le mieux est d’ignorer leurs allégations, afin de tirer profit des bienfaits de cette molécule. De même, si l’on peut convenir que l’adoption de nouvelles lois et réglementations n’est pas chose aisée, les lourdeurs administratives ne devraient aucunement constituer un frein à l’idée d’expérimenter le CBD. Force est néanmoins de constater que le dénouement total n’est pas pour demain. En août 2019, le New York Times fait un constat inquiétant :

« Les règles sur la commercialisation du CBD et de la marijuana qui varient d’un État à l’autre, en fonction de ce que les produits contiennent, et de la manière dont ils sont utilisés, sont souvent déroutantes et difficiles à appliquer ».

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