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Décryptage de l’évolution rapide du CBD au Royaume-Uni

Le CBD a toute ses chances de percer au Royaume-Uni. Entre 2017 et 2020, le pays a effectivement adopté des lois en faveur de la substance. Mieux, de plus en plus de personnalités publiques et politiques militent pour faire bouger la ligne. Le CBD peut aussi surfer sur l’évolution dans le bon sens des législations sur le cannabis médical et du chanvre industriel.

Passe d’armes entre la FSA et la Commission européenne

Logo Food standard agency

Au Royaume-Uni, le CBD est retiré de la liste des produits stupéfiants. Une situation qui reflète une avancée majeure, en termes de réglementations sur les cannabinoïdes. La FSA (Food Standards Agency) y est pour beaucoup. Cette entité chargée de superviser les législations régissant les drogues s’est effectivement levée, contre la Commission Européenne. Le désaccord concerne la position préliminaire de cette dernière sur le CBD. Concrètement, elle classe le cannabidiol issu de la fleur de chanvre sous le giron « stupéfiants ». Ses arguments font référence à la convention des Nations-Unis de 1961. Pourtant, celle-ci concerne uniquement les recherches et l’usage médical des cannabinoïdes.

Pour la FSA, cette position de l’UE constitue une menace pour les démarches de légalisation du CBD, entreprises par de nombreux pays européens. L’agence n’a d’ailleurs pas manqué de citer des études récentes, ayant confirmé les bienfaits du CBD. Néanmoins, elle a tenu à souligner la conformité du dispositif législatif avec celui de l’UE, en matière de CBD.

Un véritable boulevard pour le CBD

Entre 2017 et 2020 au Royaume-Uni, les législations régissant le CBD a fait un grand pas en avant.

Substances médicales

Tout commence par une initiative prise par l’Agence règlementaire des médicaments et des produits de santé. Référence faite aux vertus thérapeutiques du CBD, elle l’a mis sous la bannière des substances médicales. Seule condition : les produits CBD doivent être conformes aux normes de qualité et de sécurité en vigueur.

CBD comme Novel Food

En février 2020, le statut du CBD a encore évolué au Royaume-Uni. La molécule est alors venue grossir le rang des « Novel Food ». Il s’agit d’un label européen, en vigueur depuis le 1er janvier 2020 et concernant les innovations alimentaires. Une sorte de titre qui atteste qu’une ligne de produits donnée fait l’objet de contrôles réguliers, et surtout admis au marché européen. Les autorités britanniques donnent d’ailleurs aux producteurs et boutiques CBD pour s’y conformer, avant le 31 mars 2021.

Le cas des huiles CBD

Au Royaume-Uni, les huiles CBD bénéficient d’un statut à part. Le ministère de l’intérieur a effectivement légalisé la vente d’huile de ce type de produit CBD. Une opération qui ne nécessite aucune autorisation particulière. Deux conditions sont néanmoins à remplir. Premièrement, la teneur en THC doit être inférieure ou égal à 0,2 %. Deuxièmement, l’étiquette des huiles CBD ne doit présenter aucune mention évoquant des bienfaits pour la santé.

Qu’en est-il du cannabis médical au Royaume-Uni ?

L’année 2018 est à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire du cannabis médical au Royaume-Uni. En effet, les législations le concernant ont évolué dans le bon sens. Les médias et certaines personnalités publiques y sont d’ailleurs pour quelque chose.

Les cas Alfie Dingley et Billy Caldwell

Alfie Dingley et Billy Caldwell

En effet, tous les médecins enregistrés dans le registre officiel ont été autorisés à prescrire ce type de produit. Une évolution des législations qui s’est avérée indispensable, depuis les cas Alfie Dingley et Billy Caldwell. Ces deux enfants sont épiléptiques. Leur famille respective a dû importer illégalement de l’huile de cannabis médical en provenance du Canada, pour soulager leur enfant. Une situation qui n’a pas laissé les médias locaux indifférents. Ils ont alors fait pression sur le gouvernement pour faire évoluer les législations sur le cannabis médical.

Des personnalités publiques pro-cannabis médical

On doit aussi l’assouplissement des législations sur le cannabis médical à certaines personnalités publiques. Parmi eux, on peut citer William Hague, ancien chef du Parti conservateur. Durant la présentation du projet de loi sur le sujet, il a fustigé les lois d’avant 2018, en les qualifiant d’« inappropriées, inefficaces et complètement dépassées ».

Alex Fraser de chez Grow Biotech a aussi contribué à légaliser le cannabis médical. Lors d’une interview accordée à Wired, il fustigé les attitudes de certains professionnels de santé :

« Nous avons vu une grande réticence de la part des médecins et des pharmacies à mettre leurs permis en danger en facilitant l’accès. La vaste majorité des gens […] sont encore forcés de recourir au marché noir pour se procurer leur médicament ».

Sir Mike Penning a aussi apporté sa pierre à l’édifice. Ce coprésident du groupe parlementaire multipartite sur le cannabis médical sur ordonnance, s’est attaqué ouvertement à certains législateurs et détracteurs du cannabis médical :

« Les responsables de ce dénouement bâclé et cruel devraient avoir honte. Les orientations et recommandations connexes ont réussi à étouffer la politique, réprimant les espoirs de plusieurs milliers de patients et de leurs familles ».

Des mesures de restrictions persistantes

Bien que le cannabis médical ait connu une avancée majeure au Royaume-Uni, certaines restrictions persistent. En effet, la substance est pour l’heure réservée à un nombre restreint de patients. De même, seule une frange de professionnels de santé peut le prescrire. Une situation qui tend néanmoins à évoluer, puisque des formations sur le cannabis médical sont actuellement prodiguées dans le milieu.

Trois produits accessibles

Les restrictions en matière de cannabis médical n’épargnent pas le catalogue de produits accessibles. En effet, seuls trois produits peuvent actuellement être prescrits à des patients. Le premier est le Sativex, réservé aux patients sujets à la sclérose en plaques. Ceux ayant subi la chimiothérapie sont aussi les seuls à avoir accès au Nabilone. L’Epidiolex est quant à lui cantonné au seul domaine des épileptiques. Important : Ces médicaments ne seront prescrits qu’en dernier recours, c’est-à-dire, après épuisement des autres options de traitement.

Le CBD surfant sur le succès du chanvre industriel

plant de cannabis, variétés de cannabis

Le chanvre industriel est de nature à contribuer au succès du CBD au Royaume-Uni. En effet, le pays possède son propre marché. Un tremplin pour les cultivateurs désireux de tabler sur la plante. Il leur suffit de faire leur demande de permis, moyennant des frais avoisinant les 580 GBP (678 euros). Les services de police locale veillent aussi aux… « grains » : Seules des graines approuvées par l’UE sont autorisées, afin de s’assurer une teneur en THC adéquate. De même, le lieu de plantation doit être bien à l’écart des établissements scolaires ou lieux publics.

Par ailleurs, des entités privées font aussi ce qu’ils peuvent pour promouvoir le chanvre industriel. Parmi elles, on peut citer le British Hemp Association (Association du chanvre britannique). Elle finance effectivement des recherches sur la plante et menées auprès de l’Université York.

En conclusion, le CBD a de beaux jours devant lui au Royaume-Uni. Une thèse qui fait référence à l’évolution dans le bon sens des législations. D’ailleurs, le pays domine actuellement le domaine de l’exportation de cannabis médical, à l’échelle mondiale. Il est aussi judicieux de prêter un avenir radieux au CBD, en faisant allusion à la consommation de cannabis Outre-Manche. Une pratique très répandue, puisque 11,5 % des jeunes appartenant à la tranche d’âge des 16-34 ans, en sont adeptes. Ce taux vaut d’ailleurs au Royaume-Uni le classement de 26e mondial, au vu du nombre de consommateurs. Enfin, à noter que dans le rang des Politiques, on compte aussi de fervent partisan du cannabis. Norman Lamb, député du Parti libéral-démocrate, a par exemple présenté un projet de loi légalisant la possession et la consommation.

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