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Quels éléments compromettent le succès du CBD en Russie ?

Chose certaine : Le succès du CBD en Russie ne sera pas pour demain. Les législations russes sont effectivement pour le moins répréhensives, en ce qui concerne le cannabis et ses dérivés. Néanmoins, tout n’est pas perdu. Le cannabidiol peut très bien compter sur l’engouement accru pour le chanvre industriel. De même, la Douma a récemment adopté un projet de loi autorisant la culture de cannabis médical CBD. Une avancée majeure, dans la mesure où la Russie a longtemps cantonné ce type de culture à des fins éducatives.

CBD victime de l’amalgame ?

Détention, vente, achat de produits CBD… Autant d’opérations qui sont considérées comme un délit en Russie. En effet, tous produits à base de cannabis sont placés sous la bannière Interdit, quel qu’en soit la teneur en THC. Une situation qui découle de l’attitude négative du gouvernement russe, vis-à-vis du cannabis. Cette position ne manque pas d’influer sur la perception de la plante par le grand public. Une étude récente révèle que 89 % des Russes sont opposés à sa légalisation.

Une salve destinée au Canada

Poutine sur le cbd au canada

Pour ne rien arranger, le président Poutine est le plus grand détracteur du cannabis en Russie. Le locataire du Kremlin n’a d’ailleurs pas mâché ses mots, en critiquant le Canada suite à la légalisation de cette « drogue ». Il évoquait une volonté manifeste « d’enfreindre le droit international ».

Rap et Wikipédia

En 2018, Vladimir Poutine s’est même attaqué au milieu du rap russe. Dans son viseur, on note un certain nombre de titres accusés de faire l’apologie de la drogue. Wikipedia s’est aussi trouvé sur la sellette. Le Président a menacé le site de blocage, à moins de supprimer une page indiquant les moyens d’obtention de différents types de haschisch.

Premier signe d’assouplissement des législations

En 2010, un événement profitable au secteur du CBD est intervenu. Contre toute attente, la culture de cannabis est effectivement dépénalisée. Les cultivateurs en herbe ont droit jusqu’à 20 plants chacun. Cet assouplissement des législations s’est étend jusqu’aux questions de consommation. Elle est devenue tolérable, mais chaque individu ne doit pas détenir plus de 6 g. Enfin, des études ont révélé que seulement 3,9 % des Russes consomment du cannabis. Un taux qui est d’ailleurs similaire à celui des autres pays d’Europe de l’Est.

Chanvre industriel : Une politique plutôt profitable au CBD ?

Dans les prochaines années, il est fort probable que le CBD devra bien son salut au chanvre industriel russe. En effet, le Pays des Tsars a toujours été une Terre de chanvre. Fin 18e siècle, le pays a alors été le premier producteur mondial de la plante. Il a fourni jusqu’à 80 % des besoins du Vieux-Continent. Ce taux est néanmoins divisé par deux au 19e siècle. Enfin, la fibre de chanvre a toujours formé un pilier de l’économie russe. Un produit qui s’est même révélé beaucoup plus lucratif que le métal, le bois, ou encore les fourrures.

La Guerre du chanvre

Au 19e siècle, la Russie a été le premier fournisseur en chanvre de l’industrie navale britannique. Un axe commercial que Napoléon a juré de briser, au moyen de la fameuse Guerre du chanvre. Le premier Empereur français a d’abord opté pour la diplomatie : Il est venu en paix auprès du tsar Alexandre Ier, lui demandant de cesser l’approvisionnement des Britanniques. Il a réussi, mais le Tsar fait volte-face en 1811, reprenant les affaires entre les deux pays. Sans surprise, Napoléon a alors fait cap vers Moscou, avec l’ambition de faire main basse sur le chanvre russe. Une campagne qui s’est soldée par un fiasco légendaire.

L’épilogue

Le chanvre industriel russe a néanmoins connu un déclin dès le début du 20e siècle. Une situation qui s’explique en grande partie par l’effondrement de l’Union soviétique. Le remaniement des politiques agricoles par les Socialistes y est aussi pour beaucoup. Pour ne rien arranger, les Russes tendent à faire l’amalgame entre chanvre et cannabis. Résultat : la production de chanvre industriel a connu une baisse notable. Pour autant, la plante n’a jamais été taxée d’illégale.

Surfer sur le succès du CBD ?

A l’heure où le CBD connaît une explosion à travers le monde, la Russie a toutes ses chances d’en profiter. En effet, des études révèlent qu’environ 2,5 millions d’Ha de terrain sont actuellement couverts de chanvre sauvage. L’on parle surtout des zones à proximité de la mer Noire, ainsi que les régions de l’Extrême-Orient russe.

Un petit détour du côté du cannabis médical CBD russe

Le cannabis médical CBD peine également à décoller en Russie. Actuellement, le pays ne présente aucun programme consacré à ce domaine.

Skvortsova croit-elle au CBD ?

Une situation que Veronika Igorevna Skvortsova, ministre de la Santé de 2012 à 2020, a tenté de changer. Cette neurologue et neurophysiologiste a alors annoncé son intention d’importer du cannabis médical CBD, à des fins de recherche. Il a alors été question de se procurer plus d’1 kg de cannabis, 300 g de haschisch, mais aussi 50 g d’huile de cannabis CBD.

La Douma valide le projet de loi

La Douma a donné son aval, quant à ce projet de loi sur le cannabis médical CBD. Une décision qui semble être motivée par des motifs sécuritaire. En effet, sur une note explicative, on peut lire :

« La substitution à l’importation dans le secteur de médicaments anesthésiques est nécessaire pour garantir la sécurité nationale de la Russie ».

Désormais, des entreprises unitaires fédérales d’État peuvent faire une demande de certification, afin de cultiver du cannabis médical CBD.

Le CBD à la Coupe du monde 2018

Si le fameux projet insufflé par madame la Ministre semble n’avoir pas été suivi d’effet, il faut dire que la ligne a bel et bien bougé en Russie. En effet, durant la Coupe du monde 2018 de la FIFA, beaucoup de joueurs auraient utilisé du CBD. Les supporters étrangers n’étaient pas en reste, mais en cas de contrôle, il fallait présenter une ordonnance. Quoi qu’il en soit, cette ouverture semble prêter à la Russie les attributs d’une potentielle future Terre du CBD. Beaucoup y croient, même si la décision du gouvernement russe fait surtout référence à une résolution de l’AMA (Agence Mondiale Anti-dopage). Début 2018, l’agence a alors supprimé le cannabidiol de la liste des cannabinoïdes dopants. De plus, d’autres grandes fédérations sportives ont aussi adopté le CBD. On peut citer l’exemple de La ligue nord-américaine de basketball, ainsi que la Ligue Professionnelle de Surf.

En conclusion, il semble encore loin le temps, où le CBD connaîtra un essor certain en Russie. Les autorités, mais aussi la grande majorité de la population, voient effectivement d’un mauvais œil, tout ce qui touche de près ou de loin au cannabis. Rien d’étonnant si l’alcool reste la solution détente par excellence dans le pays. Certains observateurs continuent néanmoins de croire en l’avenir du CBD. Ils fondent leurs arguments sur la popularité légendaire du chanvre russe. D’ailleurs, le groupe Konoplex prospère actuellement dans le secteur. Mieux, à l’heure où la lutte contre le réchauffement climatique est un sport mondial, la Russie peut aussi tabler sur la capacité de la plante à stocker du CO2.

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