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Voici pourquoi on doit faire la différence entre chanvre et cannabis

Dans la conscience populaire, on a tendance à confondre chanvre et cannabis. Deux plantes qui appartiennent bien à la même espèce, mais complètement différentes du point de vue des chémotypes. S’il est courant d’interchanger le terme Cannabis sativa avec le mot « chanvre », cette pratique relève surtout du domaine de la taxonomie. D’ailleurs, les deux plantes exigent deux modes de culture différents. Même topo, tant en termes d’applications industrielles, que du point de vue juridique.

Deux plantes très différentes au niveau de l’apparence

Les différences entre un plant de cannabis et un plant de chanvre se constatent au niveau de l’apparence. En effet, ce premier s’avère plus trapu et buissonneux. Ses feuilles sont plus larges et ses têtes (fleurs) plus denses. Toutes deux sont agrémentées de résines, ainsi que de pistils (une sorte de petits poils).

Pour sa part, un plant de chanvre a l’apparence typique du Cannabis sativa. Les variétés cultivées pour leurs fibres et graines ont, par exemple, des têtes moins compactes et plus petites. En revanche, elles sont très grandes, avec une hauteur pouvant atteindre les 6 m. Leurs feuilles sont longues et fines et leurs tiges très fibreuses. Chaque plante semble surtout se résumer à une seule grosse tige : peu de branches et de feuillages.

Notion de genre Cannabis

La notion de genre Cannabis permet aussi de mettre la lumière sur les différences entre le cannabis et le chanvre. Elle ramène effectivement à trois espèces, à savoir le Cannabis sativa, le Cannabis indica et le Cannabis ruderalis. Celles-ci se retrouvent à des ratios différents chez le cannabis. Il se voit ainsi prêter un profil de cannabinoïdes plus diversifié, avec une prédominance du THC.

De son côté, le chanvre ne présente que des chémotypes issus du Cannabis sativa. Une allusion faite à ses composés chimiques et de cannabinoïdes, en l’occurrence du CBD, du CBDA, ainsi que du CBC. Des flavonoïdes, des phénols, des acides gras, des hydrocarbures et des terpènes (composés aromatiques), viennent s’ajouter au lot.

Des différences notables en termes de culture

Bien qu’appartenant à la même espèce, le chanvre et le cannabis ramènent à des techniques de culture bien différentes. Ce premier se révèle surtout moins exigeant et plus simple à cultiver.

Culture de proximité

culture de chanvre

Les cultivateurs de chanvre misent surtout sur la culture de proximité. Une option qui prime en vue de la production des graines ou des fibres. En effet, avec une distance de 10 cm maximum entre chaque plant, les mâles pourront facilement polliniser les femelles.

Bien évidemment, la culture de proximité n’est pas approprié, si l’objectif est plutôt de récolter des cannabinoïdes : Une femelle pollinisée en a une infime teneur. Pour parvenir à l’effet escompté, les cultivateurs isolent alors les plants femelles dans une serre.

Pour sa part, le cannabis exige une culture plutôt espacée. Un mode de culture favorisant une croissance dite « latérale ». Les spécimens seront aussi à l’abri des risques de maladie.

Environnements

Un des aspects pratiques du chanvre est la possibilité de le cultiver à l’air libre. Ce plant n’exige aucun climat, ni d’un environnement spécifique.

culture en serre cannabis

En revanche, le cannabis se révèle plus exigeant. Pour rehausser le taux de THC à un niveau maximal, les cultivateurs doivent tabler sur des installations adéquates. Le dispositif en question devra alors offrir les niveaux de température et d’humidité requis.

Cycle de culture

La différence entre le chanvre et le cannabis se matérialise aussi en termes de cycle de culture. En effet, ce premier met jusqu’à 120 jours pour à arriver à maturité. Le délai n’excède pas 90 jours pour le cannabis. Certaines variétés deviennent même matures au bout de 60 jours de culture.

Chanvre et cannabis : Les questions d’ordre juridique

Durant un certain temps, le chanvre et le cannabis se trouvaient ensemble sous la bannière « illégal ». Ce premier est récemment passé de l’autre côté de la barrière, grâce notamment à des révisions de lois. Aux États-Unis, on peut par exemple citer les amendements apportés à la loi Farm Bill 2018. Ils retirent le chanvre de la fameuse liste des « Controlled Substances Act ».

Pour autant, la culture du chanvre est loin d’être tout à fait libre. Les autorités la réglementent encore à coup de lois plus ou moins claires, en ce qui concerne le taux de THC autorisé.

Au Royaume-Uni, par exemple, la culture du chanvre ramène à toute une série de conditions et redevances. Les cultivateurs doivent faire une demande de licence et la production doit être menée à des fins commerciales. De même, il est impossible de cultiver des plants pour usage personnel, quel que soit leur teneur en THC.

Dans d’autres pays européens, la culture du chanvre est autorisée, pour la seule condition de plafonner le taux de THC à 0,2 % par poids sec. Un taux qui s’élève 0,3 % au Pays de l’Oncle Sam.

Huile de cannabis, huile de chanvre, huile CBD

Le marché propose un large choix d’huiles de cannabis, d’huiles de chanvre et d’huiles CBD. Des produits qui sont, à bien des égards, très différents les uns des autres.

Huile de cannabis

Connue également sous l’appellation huile de hasch ou huile Rick Simpson, l’huile de cannabis est concoctée à partir des fleurs de la plante. Une composante qui renferme le plus de THC. Raison pour laquelle de nombreux pays attribuent le même statut juridique au cannabis et à l’huile de cannabis : Tous deux sont interdits à la vente.

Huile de chanvre

L’huile de chanvre renferme, quant à elle, une quantité infime de cannabinoïdes. Elle est effectivement préparée à partir des graines, plus reconnus pour sa valeur nutritive. Rien d’étonnant si l’huile de chanvre trouve sa place dans la cuisine.

Huile de CBD

Comme son nom le laisse supposer, l’huile CBD est façonnée à partir de CBD extrait du chanvre. Elle s’obtient aussi en dissolvant des isolats de CBD dans une huile dite « de support » (huile d’olive, huile de coco, huile de palme…).

Pour tirer grand profit d’une huile CBD, mieux vaut surtout privilégier celle à spectre complet. Un terme qui suppose un large éventail de cannabinoïdes et de terpènes. Ceux-ci viennent agrémenter les composés phytochimiques renfermées dans l’huile de support. Enfin, une huile CBD peut contenir une faible quantité de THC, ce qui ne donne aucun effet planant.

Tour d’horizon du vaste champ d’utilités du chanvre

Le chanvre se voit attribuer toute une multitude d’applications susceptibles de révolutionner, et l’univers médical, et le monde industriel.

Graines de chanvre

On prête aux graines de chanvre une valeur nutritionnelle exceptionnelle. Les spécialistes parlent même d’un « super aliment », en référence à leur teneur en protéines, en vitamine E, mais aussi en graisses saines, en acides gras essentiels et en acides aminés.

Rien ne se perd, tout se transforme

Cet adage prend tout son sens avec le chanvre. Chaque partie de la plante peut être exploitée, en vue de l’obtention de cannabinoïdes ou d’autres bienfaits. L’on peut en exemple ses fibres, lesquels révèlent toute leur utilité dans le secteur textile. Les fibres libériennes, reconnues à travers le mode pour leur solidité, sont aussi faites à partir de la tige du chanvre. Enfin, depuis la nuit des temps, les marins ont aussi tablé sur le chanvre pour confectionner des cordes et des voiles. La robustesse du chanvre n’est revenu dans les débats, que depuis l’invention des fibres synthétiques.

Extraction de CBD

Plus récemment, le chanvre est devenu l’objet d’extraction de CBD. Une matière qui sert par la suite pour la confection de produits à base de CBD. A part les grands classiques comme l’huile CBD, gélule CBD, cristaux CBD… Il est aussi possible de trouver un large choix de produits de beauté à base de CBD.

En conclusion, il y a bien lieu de faire la différence entre le cannabis et le chanvre. Ce dernier se fraye un chemin dans l’univers de la légalité, même s’il fait encore l’objet d’une réglementation plutôt stricte. Sa teneur élevée en CBD est surtout de nature à faire bouger la ligne. Beaucoup de pays s’attèlent désormais à le retirer de la liste des stupéfiants. Par ailleurs, les spécialistes déconseillent de le cultiver avec du cannabis dans un même champ. Un cas de figure qui suppose la pollinisation des plantes de cannabis femelles par des plantes de chanvre mâle. La teneur en THC du cannabis risque ainsi d’être sérieusement entamée.

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