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Clara Herbaut – fondatrice Herb & Co: normaliser le cannabis

Dans ce nouveau podcast, notre invitée est Clara Herbaut, fondatrice de Herb & Co. La jeune femme est à la fois experte en marketing et une grande activiste. Elle travaille dans l’éducation et est connue pour ses débats sur des sujets plutôt sensibles, voire tabous. C’est un personnage extraordinaire qui ne mâche pas ses mots, et dit les choses à haute voix. Un peu comme une influenceuse du cannabis, son objectif est de normaliser cette plante millénaire en influençant positivement les opinions. Sans plus attendre, découvrons son parcours extraordinaire.

Qui tu es? Quel est ton parcours?

Clara Herbaut est originaire de Lille, une chti pure souche. Étant étudiante, elle s’envole à Barcelone pour un Master 1 en commerce international, suivi d’un Master 2 en entrepreneuriat. Après ses études, elle est embauchée comme directeur marketing chez Harmony. Il s’agit de la société d’Antonin Cohen, ex associé de Sébastien Béguerie. Pour rappel, il s’agit des précurseurs du CBD en France.

De 2016 à 2018, Clara s’est employée à faire des salons, à éduquer et à ouvrir le marché en Espagne. Aux côtés d’Antonin Cohen, son travail consistait à faire connaître le CBD à travers Harmony. Comme le marketing cannabique est interdit, pas moyen d’utiliser les services publicitaires payants comme Facebook Ads et Google Ads. Ils se sont donc appuyés sur le growth hacking pour se faire connaître de manière organique. Et l’éducation est le meilleur moyen qu’ils ont trouvé pour changer les mentalités. Tout cela s’est passé en plein dans le procès Kanavape. Clara est entrée directement dans le bain, d’abord en tant qu’activiste, puis ensuite commerçante. Dans la foulée, elle se rend compte de l’injustice, des mensonges et de la désinformation. Quand on parle de cannabis, les gens s’imaginent un joint et oublient qu’il y a une plante extrêmement vertueuse derrière.

La régulation du THC par le modèle des cannabis club

Cannabis

Après le temps passé chez Harmony, Clara est restée à Barcelone et monte The Tree CBD en 2018. Elle se lance alors dans la vente de fleurs CBD pour profiter des cannabis club. Ces derniers permettent de réguler le THC en Espagne. Pour faire simple, les consommateurs ont le droit de fumer et de faire pousser du cannabis, uniquement chez eux ou dans les clubs. Par rapport à la France, ce modèle est avantageux car le CBD peut être une alternative aux médicaments chimiques. De plus, ils ont un produit tracé, des conseils et une prise en charge. Clara affirme que le marché noir a récupéré 80% des ventes pendant le confinement. Par déduction, les cannabis club détiennent donc 80% des personnes qui achetaient sur les voies illégales. Elle ajoute que 8 personnes sur 10 préfèrent aller dans les clubs, quitte à payer des taxes en plus. En effet, ce sont des lieux smart qui regroupent toute une communauté où on se sent bien entre consommateurs. En France, ils sont encore diabolisés et vus comme des stoners. 

The Tree CBD

Pour en revenir au fait, Clara a monté son entreprise de CBD après avoir quitté Harmony d’un commun accord. Celle-ci s’est développée de 2018 jusqu’à l’an dernier. Elle a dû faire face à beaucoup de difficultés car l’activité n’était absolument pas légale en Espagne. Dans un premier temps, son objectif était de vendre des fleurs dans les cannabis club pour récolter les fonds nécessaires au lancement des autres dérivés. Seulement, au bout d’un mois, elles ont été interdites. Clara s’est donc tournée vers les huiles, mais l’ingestion de CBD a été interdite à son tour. Finalement, il ne restait que les cosmétiques. En revanche, en Espagne, il y a une tolérance folle, dit-elle. Même si c’était illégal, personne ne lui a jamais dit d’arrêter.

The Tree CBD offre une gamme de fleurs suisses avec des taux de THC qui avoisinent 0,6%. Pour elle, c’est le seul moyen d’avoir de la qualité et beaucoup de terpènes.

A côté, il y a également les huiles full spectrum, et les huiles broad spectrum pour les personnes intolérantes au THC. Travailler le CBD isolat ne l’intéresse pas. En soi, le CBD c’est bien, mais sans les terpènes et le THC, il perd en vertus et en capacités. 

Herb & Co

Aujourd’hui, Clara revend son entreprise et crée Herb & Co en parallèle. Cette nouvelle boîte est établie en France. Elle représente une grande fierté pour la jeune femme, car il s’agit du premier projet dans lequel elle se lance vraiment toute seule. C’est à la fois une agence de marketing digital et un organisme de formation. Le but est d’aider tous les acteurs du cannabis à se faire une place et à se construire une image dans l’industrie. Comme le marketing cannabique est interdit, beaucoup de marques ne s’y retrouvent pas en matière de publicité sur les réseaux sociaux. Herb & Co peut les aider à contourner ces barrières par le growth hacking et la croissance organique. 

Par ailleurs, l’entreprise propose aussi un service de formation en live sur le cannabis et le CBD. Les cibles sont ceux qui veulent entrer dans l’industrie ou les magasins franchisés ayant des besoins en formation. En 10 heures, les participants peuvent acquérir les techniques et les connaissances nécessaires pour devenir de vrais spécialistes du marché. La prochaine étape est de mettre en place une formation en ligne, afin de toucher un plus large public. 

Tes derniers débats qui ont fait le buzz?

cannabis SATIVA VS INDICA

Mensonge sur le taux de CBD dans les fleurs

Le premier concerne le taux de CBD dans les fleurs sur le marché français. Il s’agit d’un poste qui dit que les boutiques mentent sur les taux qu’ils annoncent. 15% ou 20 % de CBD  pour 0,3% de THC, c’est biologiquement inconcevable, dit-elle. A cause de ce manque d’éthique, ceux qui proposent des fleurs à un taux normal ont du mal à vendre.

La différence entre cannabis sativa et indica

Le second rétablit la vérité sur un mythe, celui de la différence entre le cannabis sativa et indica. Historiquement, Jean-Baptiste Lamarque est celui qui a découvert les différences entre les deux variétés au 18ème siècle. Au début, il n’existait que le cannabis sativa. Lorsqu’il a reçu de nouvelles génétiques, il s’est rendu compte de la distinction entre les plantes. En fait, les indica sont plus petites et trapues, alors que les sativa sont longues et fines. Mais le fait est que la physiologie d’une plante ne suffit pas à prédire ses effets. 

En outre, on dit toujours que la différence se ressent en fonction de l’endroit où elles poussent. En réalité, que ce soit dans des zones avec beaucoup de pluies et de soleil, ou sur des sols arides, cela n’a aucune incidence sur leurs effets. 

Dire que le sativa rend énergique et créatif, tandis que l’indica est calmant et relaxant, est un mythe. En fait, si les deux plantes poussent au même endroit, elles peuvent avoir des similitudes. Par conséquent, fumer du cannabis sativa peut faire dormir, tout comme l’indica peut causer des crises d’angoisse. 

Que faire dans ce cas?

Clara lance ce message aux consommateurs:

“Quand vous recherchez un effet spécifique avec le cannabis, il faut regarder la teneur en cannabinoïdes et en terpènes. Il suffit de taper le nom de la génétique sur google pour avoir toutes les informations. Renseignez-vous parce que c’est un produit qui touche directement à votre bien-être(…)

Vous avez un immense pouvoir, l’argent. Choisissez sagement où mettre votre argent, parce que donner le pouvoir à quelqu’un, c’est le laisser en profiter”. 

Comment vois-tu évoluer le marché du cannabis et du CBD?

Clara trouve que le marché est saturé de monde. Elle est convaincue qu’avec le temps, le  tri se fera entre ceux qui proposent de la qualité et les autres. Inévitablement, les gens vont se rendre compte des dérives. À la fin, il ne restera que les meilleurs, car c’est la loi du marché. 

Par rapport aux lois, elle reste incrédule. Pour elle, les entrepreneurs français sont extrêmement courageux. Voici son impression:

“Personnellement, j’ai fait le choix de ne pas venir opérer en France, parce que les lobbies français sont tellement puissants. Il y a le lobby pharmaceutique, le lobby du tabac, et celui de l’alcool. Quand on fume du cannabis, on boit moins. Pareil pour le tabac, car le cannabis pur suffit à agir sur le système endocannabinoïde. En gros, les industriels n’ont aucun intérêt à ce que le CBD devienne légal”. 

Si on veut faire bouger les lignes, Clara suggère beaucoup d’activisme. Nous devons nous réunir et pousser les marques à changer de pratique. De leur côté, si les industriels prennent conscience du succès fou qu’ils peuvent avoir avec le CBD, ils ne pourront plus passer à côté. Par exemple, aux État- Unis, Marlboro est en train de passer de la nicotine au CBD. En France, ce n’est pas demain la veille, mais les choses peuvent encore changer.

Pour finir, voici le message inspirant de notre invitée :

“Il faut qu’on se rassemble, qu’on arrête de diaboliser, qu’on normalise, qu’on éduque, pour faire changer les idées et les habitudes de consommation”. 

Vous pouvez suivre Clara Herbaut sur: 

et très prochainement sur twitter. 

Pour rester à la page des dernières nouveautés et des interviews exclusives de nos invités, visitez notre page Parlons Canna.

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