Actualitéslégislation

Voilà pourquoi l’Italie mérite son titre de Terre de CBD

Le début de l’essor des produits CBD en Italie est à dater de 2017. Depuis, le sujet est devenu récurrent dans le débat public. Connu également sous les appellations chanvre industriel ou « cannabis light », le CBD est jusqu’alors cantonné au seul domaine de l’industrie textile. La loi 242 datant de 2016 a autorisé sa culture et sa vente. Une législation qui stipule néanmoins une teneur en THC compris entre 0,2 et 0,6 %. Qu’à cela ne tienne, le très controversé Matteo Salvini a été vent debout contre le secteur. Il a fallu l’intervention du Parlement italien pour calmer son ardeur.

La première enquête sur le CBD

En Italie, une étude MinervaTop (Filiale de Elita Srl et basée à Udine) a été la première à être réalisée sur le CBD. Publiée dans le journal la Repubblica, elle visait à comprendre le rapport des italiens avec la molécule. L’enquête a été menée sur une échantillon de 453 personnes représentatives de la population de La Botte. Elles sont presque toutes physiquement actives.

Une substance bien connue du grand public

cbd en italie

Les résultats de l’enquête MinervaTop sont sans appels : le CBD est bien connu des Italiens. En effet, 62 % en ont déjà entendu parler, mais seuls 18 % ont affirmé être des utilisateurs occasionnels. A peine 6 % ont avoué être des utilisateurs réguliers d’huiles CDB. Un produit qui suscite l’intérêt de quelque 30 % qui ne l’ont jamais utilisé.

Produit très apprécié des adultes

En Italie, les consommateurs de CBD sont principalement des adultes appartenant à la tranche d’âge des 35-54 ans. Seuls 4 % des utilisateurs réguliers sont d’ailleurs issus de la catégorie des 18-24 ans. Celle-ci compte tout au plus 15 % de consommateurs occasionnels.

Par ailleurs, la plupart des répondants de la catégorie des 55 ans et plus ont évoqué leur intention de prendre du CBD. Ils y voient un allié de choix pour pallier l’ensemble des troubles liés au vieillissement. Environ 40 % d’entre eux prévoient d’ailleurs de se procurer des huiles CDB.

Que disent les frileux ?

Dans le rang de ceux n’ayant jamais consommé du CBD, différentes raisons sont avancées. Quelque 36 % y voient par exemple une marchandise difficile d’accès. Presque la moitié d’entre eux sont des retraités, ou bien des personnes avec des bourses restreintes. Pour une frange de 19 %, les huiles CBD sont tout simplement hors de prix. On note aussi quelque 10 % de détracteurs dénonçant l’absence d’informations claires sur la posologie. Enfin, 14 % ont tout simplement peur d’entrer dans l’illégalité.

Du côté des adeptes d’huiles CBD

Les consommateurs réguliers d’huiles CBD ne sont pas unanimes dans l’explication de cet engouement. Quelque 68 % mettent en avant, par exemple, des effets relaxants. Pour 52 %, l’idée est surtout de chasser l’anxiété ou le stress. Une frange de 40 % est aussi convaincue de l’efficacité de l’huile CBD contre les troubles du sommeil. Enfin, environ 57 % des femmes ayant répondu aux questionnaires la consomment pour soulager des douleurs chroniques.

Bienvenu dans l’ère de l’automédication au CBD

L’Italie assiste actuellement à une véritable explosion des ventes de CBD cannabis light. Une appellation qui désigne des fleurs de chanvre à haute teneur en CBD, avec un taux de THC plafonné à 0,6 %. Annoncées comme relaxantes, elles ont instauré une tendance à l’automédication à base de CBD. Rien de plus normal si les vente de sédatifs, antidépresseurs et autres anxiolytiques, ont chuté ces derniers temps. Chose étonnante : ces médicaments prescrits sur ordonnance sont pourtant remboursés par l’Etat.

Une étude à l’appui

scientifique qui tient une fiole de cbd, études sur le cbd

En octobre 2020, une étude publiée dans le Journal of Health Economics a confirmé cette rupture avec les médicaments classiques, au profit du CBD. Les scientifiques ayant réalisé cette enquête se référaient notamment aux ventes mensuelles d’une association de propriétaires de pharmacies, sur la période de 2016 à février 2018. Il en ressort que les ventes d’anxiolytiques ont baissé de 11,5 %. La chute est de l’ordre de 10 % dans la catégorie des sédatifs, et 4,8% sur le rayon des antipsychotiques.

Comment expliquer cette tendance au CBD ?

Les résultats d’un certain nombre d’études scientifiques sont pour beaucoup dans l’engouement des Italiens pour le CBD. Certaines d’entre elles parlent notamment d’une amélioration du bien-être physique et mental. D’autres ont mis en avant les propriétés anti-inflammatoires, antioxydantes et neuroprotectrices de la molécule. Douleurs chroniques, troubles neurodégénératifs, troubles de l’humeur… autant de pathologies que l’on peut soulager avec des produits CBD. De nombreux résultats leur prêtent aussi des vertus anticonvulsives, ce qui révèle leur utilité dans le traitement de l’épilepsie. Enfin, la quasi-totalité des enquêtes parle aussi de leur un rôle majeur dans l’optimisation le cycle veille-sommeil.

C’était sans compter le très controversé Salvini

En mai 2018, Matteo Salvini, alors ministre de l’Intérieur, s’en est pris aux boutiques CBD. Les médias ont parlé d’une véritable croisade menée par le chef de la Ligue (parti d’extrême droite). Dans son discours très marqué à droite (conservateur), il a évoqué son intention de « les fermer les unes après les autres ». Pour ne rien arranger, Salvini s’est appuyé sur une loi votée 24 mois plus tôt et incriminant ces points de vente. La Cour de cassation a abondé dans ce sens, en réfutant le caractère légal de vente et la culture de CBD. Néanmoins, elle a responsabilisé les juges pour apprécier les affaires du genre, au cas par cas. Ils sont ainsi chargés de vérifier les effets de la substance sur la personne incriminée. De même, la Cour a aussi invité le Parlement italien à statuer sur le sujet, conformément aux principes constitutionnels.

Le Parlement italien dans le rôle de saveur des acteurs du CBD

parlement italien en faveur du cbd , cbd en italie

Le Parlement italien a récemment légalisé le CBD. Depuis le début d’année 2019, les produits à base de cannabidiol sont disponibles auprès des bureaux de tabac et boutiques spécialisées. Seule condition : leur teneur en THC ne devrait pas excéder le seuil du 0,5 %.

Sans surprise, cet aval du Parlement italien marque la fin d’un cauchemar pour de nombreux acteurs du secteur du CBD. Parmi eux figure Luca Fiorentino, fondateur de la société Cannabidiol Distribution. Il a expliqué au journal La Stampa :

« C’est la fin d’un cauchemar. Après la chasse aux sorcières de Salvini, j’ai dû licencier 10 personnes et j’ai perdu 68 % de mon chiffre d’affaires ».

En conclusion, l’Italie mérite à juste titre son statut de Terre de CBD. Le journal La Stampa y est certainement pour beaucoup. En effet, le quotidien a permis le déclic, en publiant une étude menée auprès de l’Université de New York. Celle-ci a notamment révélé que la légalisation du CBD a fait une entorse de quelque 200 millions d’euros au marché noir. Il y a matière à réfléchir pour un pays tristement célèbre pour ses organisations mafieuses. Par ailleurs, Coldiretti (syndicat d’agriculteurs) a chaudement accueilli la décision du Parlement italien. L’entité révèle la surface dédiée au CBD est passé à 4 000 ha en 2018, contre seulement 400 ha en 2013.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page