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Jean-Baptiste Moreau : La lâcheté de la prohibition est le vrai problème, pas la légalisation du cannabis !

Bonjour et bienvenue sur Parlons Canna ! Aujourd’hui, nous avons le plaisir de recevoir Jean Baptiste Moreau, agriculteur et homme politique français. Ancien porte-parole de la République en Marche devenu Renaissance, Jean Baptiste a été élu député de la Creuse en 2017 et candidat à la réélection en 2022, mais a été battu par la France Insoumise. En 2019, il a été le rapporteur général de la mission parlementaire sur l’usage du cannabis présidée par Robin Reda, avec d’autres rapporteurs thématiques tels que Caroline Janvier et Ludovic Mendes. Cette mission s’est appuyée sur une centaine d’auditions, notamment de forces de l’ordre et de médecins, ainsi que sur les expériences étrangères pour aboutir à une conclusion : l’échec des politiques répressives en France depuis plus de 40 ans et une hausse de la consommation de cannabis.

Depuis, il s’est prononcé en faveur de la légalisation du marché du cannabis dans plusieurs journaux et plateaux de télévision, considérant que ce n’était pas une défaite morale mais au contraire une solution efficace.

Moreau est un fervent défenseur de la légalisation encadrée du cannabis en France. Selon lui, la mise en place d’une politique de prévention chez les mineurs est essentielle pour protéger cette population vulnérable.

Pour étayer ses propos, il cite l’exemple du Canada qui a légalisé le cannabis il y a plusieurs années. Ce pays aurait réussi à éliminer plus de 60 % du marché noir et aurait également enregistré une baisse de la consommation chez les mineurs.

L’Allemagne est également un exemple récent de pays ayant reçu le feu vert de l’Europe pour la légalisation du cannabis. Les grandes lignes de cette légalisation incluent une disponibilité en pharmacie et magasins spécialisés, une auto-culture légale de trois plants pour usages personnels, une amnistie judiciaire et des abandons de poursuites sans violence, ainsi que la création d’une fiscalité propre au cannabis.

Avec ces exemples concrets, Moreau espère que la France emboîtera le pas et mettra en place une légalisation encadrée du cannabis. Avant d’entrer dans le vif du sujet, essayons de faire plus connaissance avec lui pour mieux comprendre sa position sur ce sujet sensible.

Engagement politique et parcours électoral

Jean Baptiste Moreau, ancien député et président de la coopérative d’élevage de la Creuse, a récemment lancé une nouvelle carrière en tant que consultant indépendant. Après avoir travaillé dans l’agriculture et la politique, il souhaite maintenant utiliser son expérience pour aider les décideurs politiques à prendre des décisions éclairées et basées sur des faits. Il estime que les décisions politiques sont souvent basées sur des idées préconçues et des dogmes, plutôt que sur des données objectives. En tant que consultant, il espère pouvoir fournir des informations claires sur les conséquences des décisions politiques, sans chercher à les influencer. Moreau travaillera notamment sur les questions liées au cannabis pour tenter de faire progresser la législation en la matière.

La légalisation du cannabis médical pour redynamiser les zones rurales : l’initiative de Moreau

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Le député de la Creuse a fait des expériences avec le cannabis dans sa jeunesse. Cependant, sa décision de se lancer dans la légalisation du cannabis médical dans sa région n’est pas motivée par son passé, mais plutôt par la nécessité de redynamiser les zones rurales. La fermeture d’une entreprise dans sa région a entraîné plus de 100 licenciements, ce qui a poussé le Président de la République à demander à Moreau de trouver des sources d’emploi alternatives. Moreau et le président de la communauté d’agglomération de Guéret ont alors envisagé la culture du cannabis médical comme une activité économique viable pour la région.

La genèse d’une mission parlementaire sur le cannabis : de la culture de chanvre à l’usage récréatif

La plante de chanvre est bien adaptée à la Creuse, avec des sols peu riches, et la région était autrefois l’un des principaux producteurs de chanvre. C’est ce constat qui a lancé l’idée d’utiliser le cannabis à des fins médicales pour redynamiser l’économie locale. Moreau a organisé des colloques pour en parler, et a travaillé avec Olivier Véran sur une expérimentation sur le cannabis médical. Mais il a rapidement compris que le sujet était plus complexe, avec l’essor de la production de CBD à vocation thérapeutique ou de détente, et l’usage récréatif du cannabis. C’est ainsi qu’est née l’idée de créer une mission parlementaire pour explorer ces différents aspects du cannabis.

Les étapes pour convaincre les présidents des commissions permanentes de l’Assemblée nationale

Moreau raconte l’histoire de la création de la commission parlementaire sur le cannabis en France. Au début, ils ont travaillé sur le cannabis médical et le CBD thérapeutique, mais ils ont rapidement réalisé qu’il était impossible de ne pas aborder le cannabis récréatif et la légalisation. Ils ont dû convaincre les présidents des commissions permanentes de l’Assemblée nationale, qui couvrent différents domaines, que le cannabis était une question de santé publique et de loi, et qu’il était essentiel de traiter tous les aspects de la question. Ils ont donc créé la commission pour avancer sur le cannabis médical, le CBD et le cannabis récréatif, dans cet ordre, en se concentrant sur la santé publique et la loi.

Comment la légalisation du cannabis est devenue une affaire d’Etat : l’histoire de la création de la mission d’information

Moreau explique que la légalisation du cannabis est une question d’application de la loi et de développement économique. Il a travaillé avec plusieurs commissions, dont la commission des finances, des affaires sociales, des lois et de l’éducation, pour convaincre les parlementaires d’accepter la légalisation partielle du cannabis. Cela a pris six mois pour mettre en place la mission d’information, mais grâce à l’aide de certains parlementaires, tels que Robin Reda et Emmanuel Fontaine Domeizel, la mission a finalement été lancée.

Le rassemblement des troupes : comment j’ai orchestré une mission d’information crédible sur la légalisation du cannabis

Pour mener à bien la mission d’information sur la légalisation du cannabis, il a fallu un énorme travail de préparation. L’objectif de Moreau était de regrouper toutes les commissions pour maximiser notre crédibilité et légitimité, et ainsi faire avancer les choses. Après avoir présenté le rapport devant chaque commission, ils ont réuni toutes les commissions pour une présentation conjointe. Cela leur a permis de renforcer leur position et d’avancer plus rapidement sur la question.

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La construction d’un rapport en trois temps : l’expérience médicale, l’expérimentation et la validation

La construction de ce rapport a suivi une approche en trois temps. Tout d’abord, ils ont traité le volet médical en recueillant les témoignages des associations de patients, des médecins, des autorités de santé et des addictologues. En parallèle, grâce à Olivier Véran, ils ont lancé une expérimentation avec un budget dédié, appuyée par Agnès Buzyn qui, malgré ses réticences initiales, s’est laissée convaincre. Cette expérimentation a été retardée en raison de la pandémie de COVID-19, mais elle est désormais active et devrait être prolongée malgré le retard pris. Les médecins et la haute autorité de santé sont unanimes pour dire que le cannabis a une utilité thérapeutique dans un certain nombre de pathologies.

Le cannabis : un totem absolu bloquant l’évolution politique

Physiquement, foncièrement et intellectuellement, il y a un frein qui empêche les décideurs politiques de voir une certaine réalité sur le cannabis. Malgré l’évolution des mentalités, la mythologie persiste autour de cette plante, considérée comme mal, de la merde, voire un totem absolu. Cette croyance est purement dogmatique et ne repose sur aucun argument scientifique solide. Les hauts fonctionnaires du ministère de la Santé eux-mêmes n’en fournissent pas. Pourtant, contrairement aux opiacés, à la cigarette et à l’alcool, le cannabis pose un problème majeur de légalité. Les politiques craignent de passer pour laxistes s’ils évoluent sur cette question. Or, c’est tout le contraire :

“Le laxisme consiste à laisser perdurer une situation où de plus en plus de jeunes sont exposés au trafic de cannabis”.

CBD et cannabis: Démystifier pour prévenir la consommation addictive chez les jeunes

Selon les addictologues, dans les magasins de CBD, il est interdit de parler du cannabis ou du CBD en utilisant des termes de l’industrie pharmaceutique. Le professeur Lowenstein, ainsi que d’autres scientifiques, soutiennent l’évolution de la législation sur le cannabis afin de lutter efficacement contre la consommation addictive, en particulier chez les jeunes. En effet, le cannabis peut être dangereux pour les plus jeunes en raison de la consommation quotidienne et importante qui peut entraîner une addiction et affecter le développement du cerveau. Les médecins sont en grande partie pour cette évolution, tandis que les pharmaciens ont des positions plus complexes. Le professeur Constantin, farouchement opposé à cette évolution, accuse les défenseurs de travailler pour le lobby du cannabis, mais ses arguments ne sont pas toujours scientifiques. La prévention et la démystification sont donc considérées comme les meilleurs moyens de lutter contre la consommation addictive chez les jeunes.

CBD : un marché en développement encadré par les pharmaciens

Les pharmaciens sont conscients de l’intérêt du CBD, qui a été déclassé du rang de drogue par l’OMS. En France, il est pourtant encore souvent traité comme s’il s’agissait de joints, alors qu’il s’agit d’une substance inoffensive qui ne crée pas de dépendance. Le CBD est un relaxant musculaire et peut soulager certaines douleurs chez certaines personnes, mais il ne guérit pas tout. Les compléments alimentaires à base de CBD ne sont pas des médicaments et ne sont pas encadrés de la même manière. Il est important de noter que les médicaments contenant des taux élevés de THC pour traiter certaines pathologies posent des problèmes en termes de sécurité routière et doivent donc être encadrés de manière médicale pour la sécurité des patients.

L’histoire tumultueuse du CBD en France: comment le pays a finalement stabilisé sa réglementation

Depuis l’explosion du CBD en 2018, la France a connu une série de problèmes avec l’ouverture de nombreuses boutiques. Bien que l’Europe ait donné son feu vert, la France était sceptique et a fermé de nombreuses boutiques. Cependant, la réglementation s’est finalement stabilisée depuis la sortie de la loi, bien que cela ait pris du temps en raison du décret qui a été partiellement rejeté par le Conseil d’État. La réglementation du CBD en France a été particulièrement difficile en raison de sa proximité avec la légalisation du cannabis. Le volet thérapeutique est également un frein car il nécessite des petites quantités de chanvre et de cannabis de haute qualité.

Le chanvre a l’avantage d’avoir besoin de peu d’eau et de peu ou pas de pesticides, ce qui en fait une culture écologique. Cependant, si la France veut maîtriser la qualité de sa production, elle doit développer une filière française et encourager la culture du chanvre. En outre, pour des raisons de sécurité, la culture du chanvre thérapeutique doit être encadrée. Pour permettre le développement de cette filière, la France a dû également développer le CBD qui peut être cultivé en plein champ. Cependant, il faut fumer une quantité incroyable de variétés basées sur le CBD pour obtenir un effet planant, ce qui rend cette culture sûre et inoffensive.

Le CBD en France : un marché prometteur mais difficile à développer à cause de la réglementation

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Le CBD, une molécule issue du cannabis, pourrait être une source de revenus intéressante pour les agriculteurs français tout en répondant à une demande croissante de produits thérapeutiques à base de cette substance. Cependant, malgré son potentiel, la réglementation française est très stricte sur la culture et la commercialisation du CBD, ce qui a rendu difficile son développement en France. En effet, un projet de décret interministériel a été rédigé en contradiction avec le droit européen, mais grâce à la mobilisation de la mission parlementaire, une partie du décret a été annulée par le Conseil d’Etat. Le développement du marché du CBD en France reste donc un défi à relever.

Le flou juridique du CBD en France : une situation qui limite les investissements

La moitié du CBD légalisée, mais l’autre moitié…

Eh bien, il y a une autre moitié qui n’a pas encore été légalisée en France. Cette zone grise crée une certaine confusion pour les magasins de CBD, qui risquent d’être fermés par les autorités administratives dès la première décision d’un procureur. Bien sûr, la commercialisation de la fleur de CBD n’est pas interdite, mais elle n’est pas non plus autorisée. Cela crée un vide juridique qui doit être clarifié rapidement pour éviter toute confusion. Actuellement, les gens se lancent dans le CBD parce que c’est autorisé, mais le cadre juridique reste flou. Les investisseurs sont encore un peu craintifs, car la situation pourrait changer rapidement.

Ne coulez pas la filière française du CBD, clarifiez la réglementation !

Moreau met en avant le besoin de clarifier la réglementation pour le CBD en France. Il explique que les investisseurs cherchent à éviter les risques de fermeture soudaine, et que sans une clarification, la France risque de se noyer dans les importations de CBD provenant d’autres pays. Cela empêcherait la création d’une filière française, ce qui serait une double peine pour l’économie locale. Il souligne que tous les autres pays produisent du CBD et évoluent dans ce domaine, il est donc temps pour la France de suivre le mouvement et ne pas rester en arrière.

Des entrepreneurs qui foncent dans le cbd, mais la législation coince !

Alors que de nombreux chefs d’entreprise se lancent dans le cbd, ils sont conscients des défis qui les attendent. Mais ils continuent de foncer car ils savent qu’ils sont dans le juste. Moreau cite :

“ Pour ma part, je leur dirais de continuer à avancer, mais qu’il est primordial que la législation évolue rapidement pour clarifier la situation. Je discute régulièrement de ce sujet avec des parlementaires tels que Ludovic Mendes et Caroline Janvier, mais pour le moment, ils sont occupés sur d’autres dossiers. Nous devons arriver à avoir un vrai décret qui encadre de manière claire et précise le cbd. Si nous voulons passer à la vitesse supérieure, il faut que l’état clarifie sa position et sa législation. Je vais m’y employer dans les mois à venir, car d’ici la fin de l’année, nous devons avoir quelque chose de solide en place. Si nous ne mettons pas en place des filières françaises, nous allons nous noyer dans les importations et empêcher la création d’une véritable filière française. Nous avons déjà pris du retard, mais il est encore possible de le rattraper. Mais si nous ne faisons rien d’ici un an, il sera trop tard”.

Les investissements dans la production de cbd thérapeutique sont lourds, mais nécessaires pour créer des serres et des atmosphères modifiées. Les entrepreneurs ne se lanceront pas s’ils n’ont pas la certitude que cela va perdurer dans le temps. Malgré tout, certains foncent, mais pour la majorité, il faut que la législation évolue pour que nous puissions créer une véritable filière française.

La reconnaissance bio du cannabis, un vrai casse-tête

istockphoto 1036010078 612x612 1 - CBD Info CBD wiki | Tout ce que vous devez savoir sur le cannabidiol

Mon pote du sud de la Creuse, qui est en agriculture biologique, a vécu une situation absurde. La certification bio refusait de reconnaître le cannabis comme une plante cultivée en agriculture biologique car cela n’était pas autorisé. Par conséquent, ils menaçaient de lui retirer son agrément sur toute sa ferme, même si celle-ci comprenait également des vaches et d’autres cultures bio. C’est une situation totalement aberrante et anti-scientifique. Pourtant, il y a une opportunité à saisir dans ce domaine, mais il faut agir vite et prendre cette fenêtre de tir avant qu’il ne soit trop tard.

Les fluctuations du taux de THC dans les fleurs de CBD : pourquoi le CBD de synthèse n’est pas une solution infaillible

La réglementation du taux de THC dans les fleurs de CBD est une question brûlante, surtout depuis que le taux est passé de 0,2% à 0,3%. Pourtant, même si cela peut sembler une petite différence, cela peut poser des problèmes pour les agriculteurs, car le taux de THC peut varier en fonction de nombreux facteurs. Bien que la Suisse ait un taux de THC autorisé de 1%, de nombreux pays ont des réglementations plus strictes et cela peut rendre la production difficile.

Pourtant, même le CBD de synthèse n’est pas la solution miracle que beaucoup pensaient être. Des études ont montré que même dans du CBD de synthèse, des traces de THC peuvent être trouvées en raison de mutations causées par des facteurs environnementaux tels que l’hygrométrie ou la température. Cela remet en question l’idée que le CBD de synthèse est supérieur au CBD cultivé à partir de la plante.

Alors, pourquoi ne pas augmenter le taux de THC autorisé à 1% pour permettre une production plus facile et moins chère ? C’est là que les opinions divergent, certains craignant les effets psychotropes et la dépendance qui pourraient découler d’un taux plus élevé de THC. Cependant, il est important de noter qu’il y a bien plus de cannabinoïdes dans la plante que simplement le THC et le CBD, et que des équilibres subtils peuvent affecter l’effet final.

Dans l’ensemble, il est clair que la réglementation du CBD et du THC est un sujet complexe qui nécessite une approche nuancée. Alors que certains peuvent être réticents à tout changement législatif, il est important de considérer les avantages potentiels d’une réglementation plus flexible et les limites de la production de CBD de synthèse.

Un petit tour en Suisse

La Suisse a été précurseur dans la culture du CBD avec des produits de qualité, et pourtant leur taux de THC autorisé est bien supérieur à celui de la France. Alors pourquoi la France doit-elle se contenter de fleurs de CBD quasiment dépourvues de THC ?

Des contraintes sans justification scientifique

La réglementation française oblige à laver les fleurs de CBD d’un point de vue chimique pour faire baisser le taux de THC à zéro, ce qui est complètement ridicule puisqu’il n’y a aucune justification scientifique à ne pas autoriser un taux inférieur à 1%.

Un blocage au niveau européen

La France doit également faire évoluer sa législation au niveau européen, mais des blocages persistent. Heureusement, la position de l’Allemagne pourrait permettre de faire avancer les choses.

La France à la traîne

Malgré cela, la France n’est pas motrice dans l’évolution de sa législation sur le CBD, alors que d’autres pays européens avancent. Il est temps de changer les choses et de permettre aux agriculteurs de cultiver du CBD de qualité, sans contraintes inutiles.

La légalisation : une solution pour mettre fin à l’hypocrisie

Après 40 ans de politiques répressives qui n’ont mené qu’à un échec, il est temps de changer de stratégie. En interdisant le cannabis, on ne fait que donner un marché florissant aux mafieux, qui s’enrichissent sur le dos des consommateurs et des forces de l’ordre. Et pourtant, la consommation ne cesse d’augmenter en France, avec près d’un million de personnes qui avouent fumer quotidiennement. Et combien d’autres qui ne l’avouent pas ? Les jeunes sont particulièrement exposés à des produits dangereux, dont on ne connaît pas la composition, et qui peuvent mener à l’addiction et à d’autres dangers. Il est temps d’arrêter l’hypocrisie :

« en légalisant le cannabis, on peut encadrer sa production, sa distribution et sa consommation, en assurant la qualité et la sécurité des produits. Et en plus, cela permettrait de récupérer des sommes considérables en taxes, qui pourraient être investies dans la prévention et la prise en charge des addictions ».

L’hypocrisie de la prohibition : pourquoi la légalisation du cannabis est redoutée

La prohibition ne fonctionne pas. C’est ce que nous avons appris avec l’interdiction de l’alcool aux États-Unis dans les années 30, et c’est également le cas avec la drogue aujourd’hui. Le marché noir est stimulé, les gangs en profitent pour gagner de l’argent, financer le terrorisme, le trafic d’armes et d’autres activités illégales. Et pourtant, malgré le fait que la consommation de drogue est répandue, les autorités continuent d’essayer de faire respecter cette prohibition.

La réalité est que les consommateurs sont partout, dans les quartiers chics comme dans les quartiers défavorisés. Les dealers sont démantelés dans les bas des tours d’immeubles, mais les gros consommateurs se trouvent dans les arrondissements les plus huppés de Paris, à l’abri des regards et des contrôles policiers. L’interdiction est donc une hypocrisie totale.

Le véritable problème est que si le cannabis était légalisé demain, cela affecterait considérablement les trafiquants en leur retirant 80% de leur financement. Cela risque de causer des troubles dans les quartiers et des réactions violentes de la part des gros bonnets qui ont créé leur propre ordre parallèle pour mener leur business sans être ennuyés par la police. Le ministre de l’Intérieur le sait très bien, mais il a peur des conséquences d’une légalisation, car cela mettrait un coup de pied dans la fourmilière et risquerait de déstabiliser l’ordre parallèle créé par les trafiquants.

La lâcheté de la prohibition

Moreau affirme que la lâcheté ne se trouve pas dans la légalisation, mais plutôt dans le maintien de la prohibition, car cela maintient l’ordre dans les quartiers et arrange tout le monde. Il pense que la légalisation pourrait créer des déséquilibres, mais il souligne que la gradation entre les drogues est un mythe propagé par ceux qui s’opposent à la légalisation. Selon les experts en addictologie et en sciences, il n’y a pas de gradation entre les drogues, et le cannabis n’est pas la drogue la plus addictive ou la plus susceptible de créer une dépendance. En réalité, les dealers ont plutôt intérêt à vendre d’autres drogues qui rendent plus dépendants et qui incitent les clients à revenir plus souvent.

Le cannabis, produit d’appel : Pourquoi la légalisation peut empêcher le passage à d’autres drogues

Le passage à d’autres drogues n’est pas causé par un mécanisme psychologique ou chimique, mais plutôt par le fait que les dealers essaient de fourguer leurs autres produits. Le cannabis est souvent le produit d’appel et si on le coupe du trafic parallèle en l’institutionnalisant dans des boutiques, cela empêchera les gens d’aller chez les dealers pour acheter du cannabis. Cela réduira également la tentation de se tourner vers d’autres drogues plus dures. La légalisation permettrait donc de contrôler la qualité du cannabis et de l’interdire aux mineurs, tout en faisant de la vraie prévention dans les collèges et les lycées. Il est important de ne pas faire n’importe quoi, mais plutôt de mettre en place des mesures efficaces pour éviter les dangers liés à une consommation trop jeune, en trop grande quantité, ou trop régulière.

Des cités au business légal : comment la légalisation du cannabis peut être bénéfique pour les entrepreneurs des quartiers

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Moreau aborde la question des cités en France et de leur potentiel entrepreneurial dans l’industrie du cannabis. Il souligne que les États-Unis et le Canada ont réussi à intégrer des personnes qui étaient dans le deal illégal en les faisant basculer dans le deal légal. Les cités françaises pourraient également bénéficier de cette opportunité. Les personnes qui étaient dans le deal illégal pourraient utiliser leur expérience et leur savoir-faire dans le business légal du cannabis en France. Cela pourrait permettre d’assainir les cités et offrir des emplois à de nombreuses personnes. La légalisation du cannabis pourrait donc être bénéfique pour les entrepreneurs des quartiers et améliorer leur qualité de vie.

Légalisation du cannabis : Pourquoi une amnistie partielle est essentielle pour l’intégration des exclus dans la société

Moreau, le spécialiste de la lutte contre le trafic de drogue, est catégorique :

“si la légalisation du cannabis doit être mise en place, alors une amnistie partielle pour les petits revendeurs est nécessaire”.

Il précise toutefois que les têtes de réseau ne devraient pas bénéficier de cette mesure, car elles sont souvent impliquées dans d’autres formes de trafic. Selon lui, la plupart des revendeurs ne gagnent pas autant d’argent que la plupart des gens le pensent et sont souvent impliqués dans des activités illégales transverses. Il affirme également qu’il est important de combattre l’idée fausse selon laquelle les revendeurs ne cherchent pas de travail car ils gagnent déjà beaucoup d’argent. En réalité, de nombreuses personnes impliquées dans le trafic de drogue ont des compétences qui pourraient être utilisées dans l’industrie légale du cannabis, offrant ainsi une opportunité d’intégration sociale pour les exclus et les marginaux. Moreau souligne que cette approche a déjà été mise en œuvre avec succès aux États-Unis et qu’elle est essentielle pour intégrer davantage de personnes dans la société.

Le cannabis : un moyen de rebondir pour les agriculteurs et de renforcer la coopération entre la France et le Maroc

La culture du cannabis est souvent associée à une activité illégale et dangereuse. Pourtant, selon Moreau, elle pourrait être une source de revenus complémentaires pour les agriculteurs français, tout en renforçant les échanges entre la France et le Maroc. En effet, la légalisation du cannabis permettrait aux agriculteurs de produire une plante à forte marge, adaptée à leur terroir et à leur région. De plus, la coopération avec le Maroc, principal producteur de cannabis illégal en France, pourrait être renforcée en développant une agriculture harmonieuse et légale de part et d’autre de la Méditerranée. En somme, le cannabis pourrait être une solution gagnant-gagnant pour les agriculteurs et pour les relations internationales.

Taxation du cannabis : trouver l’équilibre entre prévention et marché noir

La légalisation du cannabis implique nécessairement une taxation, afin de financer la prévention et de limiter les risques pour la santé publique. Cependant, il faut trouver un juste milieu pour éviter que les taxes ne soient trop élevées et ne stimulent un marché noir parallèle. Il est donc important de ne pas déconnecter le prix du marché du prix réel, tout en garantissant que les taxes servent réellement à la prévention et à la sécurité sociale. Bien que la consommation de cannabis ne soit pas sans risques pour la santé, il est crucial de trouver un niveau de taxation qui ne soit pas prohibitif pour les consommateurs, tout en permettant de financer les politiques de prévention et de santé publique.

Cannabis et antidépresseurs en France : une légalisation encadrée serait la bienvenue

Saviez-vous que la France est le pays le plus gros consommateur de cannabis en Europe, avec plus de 5 millions d’usagers annuels et 1 million de fumeurs quotidiens ? Mais ce n’est pas tout, nous sommes également les plus gros consommateurs d’antidépresseurs au monde par habitant, ce qui peut être lié et n’est pas très rassurant. Face à cette réalité, une potentielle légalisation du cannabis en France doit être encadrée. Il faudra contrôler le prix et surtout la qualité du produit pour éviter tout danger pour la santé des consommateurs. Pour cela, une agence nationale, similaire à la SEITA pour la cigarette, pourrait être mise en place pour contrôler la qualité des produits vendus et réguler les tarifs.

Des tarifs à ne pas prendre à la légère

Moreau nous explique que fixer des tarifs pour le cannabis est une affaire délicate. Il est important de contrôler les prix pour éviter qu’ils ne soient excessivement élevés ou bas, ce que la DGCCRF fait déjà pour d’autres produits. Cependant, les prix ne peuvent être totalement réglementés dans un contexte européen ou mondial. De plus, la promotion du cannabis est risquée en raison des enjeux de santé publique. Il est donc crucial de ne pas prendre à la légère la fixation des tarifs du cannabis, contrairement au tabac. Bien que le prix puisse être discuté, il ne faut pas que ce soit trop cher pour éviter le marché noir. Le véritable problème du marché noir, c’est la qualité des produits proposés qui ne répondent pas aux normes de santé publique.

Le cannabis, une question de qualité et de diversité

Moreau voit le potentiel du cannabis comme celui du vin, avec différentes variétés, goûts et terroirs à découvrir. Contrairement au tabac, où les cigarettes se ressemblent toutes, le cannabis offre une richesse de choix à explorer. Cependant, la qualité est un sujet important, notamment en ce qui concerne le taux de THC et les mélanges avec d’autres produits. Il est donc crucial d’avoir un organisme de contrôle en place pour garantir la qualité du produit.

En ce qui concerne les points de vente, les buralistes, les pharmacies ou les magasins de CBD peuvent tous être des options viables, tant qu’il y a des contrôles rapides et simples du taux de THC. Quant à la question de la licence, Moreau n’est pas convaincu de sa nécessité, car la consommation se fait principalement en dehors des points de vente. En fin de compte, il s’agit de trouver un équilibre entre la qualité et la diversité du produit, tout en veillant à ce qu’il soit sûr et contrôlé.

« High » tourisme et licence pour vendre du cannabis

La Thaïlande a légalisé le cannabis et cela a entraîné une explosion du nombre de boutiques, contribuant à augmenter les revenus et le tourisme dans le pays. Pour obtenir une licence, la demande est simple et peut être faite en ligne, mais elle nécessite une vérification. Les contrôles sur la vente aux mineurs et aux femmes enceintes sont stricts, mais la partie sur la licence peut être légère. Moreau n’est pas convaincu qu’une licence soit nécessaire car l’État français est suffisamment habile pour effectuer des contrôles réguliers sans celle-ci. Bien que la licence cat pour l’alcool soit logique, car les consommateurs boivent sur place, il n’est pas certain qu’elle soit indispensable pour le cannabis car il n’est pas consommé dans des bars à chicha. Mais tout cela reste à discuter.

Le droit de cultiver son propre cannabis contrôlé

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L’autoculture de cannabis avec des variétés contrôlées devrait être autorisée en France. Il y a des patients qui ont été poursuivis pour avoir cultivé quelques pieds de cannabis sur leur balcon pour aider leur femme atteinte de sclérose en plaques. Il est temps que cela change. Si le cannabis est légalisé, les gens pourront acheter des graines de cannabis dans des magasins spécialisés comme il en existe déjà en France. Il serait préférable de contrôler la culture de cannabis par soi-même plutôt que de recourir à des sources inconnues et potentiellement dangereuses.

Macron, en désaccord sur la légalisation: trop d’écoute de son ministre de l’Intérieur?

Le président Macron est connu pour être en désaccord avec la légalisation du cannabis, ayant déclaré que les stups ont besoin d’un « coup de frein » plutôt qu’un « coup de pub ». Pourtant, en 2017, lors de nos discussions, il semblait plus ouvert sur la question. Alors, pourquoi a-t-il changé d’avis ? Il semble que son ministre de l’Intérieur ait eu une grande influence sur lui, et que son électorat de droite, allergique à la légalisation, ait également joué un rôle.

« Pour ma part, je suis opposé à la simple dépénalisation car cela ne résoudrait rien. Au contraire, cela stimulerait le trafic et le marché noir, et laisserait les consommateurs devant des produits potentiellement dangereux. »

Il est donc nécessaire de légaliser la production, tout en contrôlant la vente et la consommation. Le Portugal a dépénalisé toutes les drogues, avec des résultats encourageants, mais pour Moreau, la légalisation reste la solution la plus complète et efficace.

La dépénalisation : un premier pas, mais pas suffisant

Il est vrai que la dépénalisation peut être considérée comme un premier pas pour résoudre les problèmes liés à la consommation de drogues. Cependant, cela ne règle pas les problèmes de consommation addictive et de consommation chez les mineurs. En réalité, la dépénalisation est une solution incomplète qui risque de bloquer les prochaines étapes. Cela peut même donner l’impression que le problème est résolu alors qu’il ne l’est pas. Il serait préférable de tout régler en une seule fois plutôt que de dépénaliser aujourd’hui et de légaliser dans 10 ans. Cela éviterait de donner de faux espoirs aux consommateurs et de ne pas traiter toutes les questions importantes.

Convaincre le président : “ma mission impossible mais pas impensable »

Moreau est un fervent soutien du président de la République, même s’il n’est pas d’accord sur la question de la légalisation du cannabis. Il est convaincu que la dépénalisation est une première étape, mais que cela ne résout pas les problèmes de consommation addictive et de consommation chez les mineurs. Il avait cosigné une proposition pour la légalisation du cannabis en fin de quinquennat dernier, mais cela n’a pas été adopté. Cependant, il est persuadé que dans l’assemblée nationale actuelle, la légalisation du cannabis pourrait passer, mais le Sénat reste un obstacle. Il a renoncé à convaincre Gérald Darmanin, mais pense qu’il y a des membres du gouvernement qui sont déjà convaincus en secret. Sa mission est difficile mais pas impossible, il va continuer à essayer de convaincre le président Macron avec les bons arguments.

La légalisation du cannabis peut résoudre des problèmes importants en France

Moreau estime que la légalisation du cannabis en France pourrait apporter des solutions à plusieurs problèmes importants. Tout d’abord, la légalisation pourrait fournir un financement énorme pour la retraite, un sujet qui a été discuté récemment. En outre, elle permettrait de changer complètement le débat sur la sécurité, la communication, la protection des mineurs, la création d’emplois et le soutien aux agriculteurs. Les forces de l’ordre seraient également soulagées de ne plus avoir à poursuivre les petits dealers de quartier ou les fumeurs de chit, ce qui leur permettrait de se concentrer sur des crimes plus importants. Les policiers affirment qu’ils passent de 30 à 60 % de leur temps à poursuivre des personnes pour la simple possession de cannabis, ce qui est inutile. La légalisation du cannabis peut donc aider à résoudre ces problèmes importants en France.

La France peut être leader dans la légalisation du cannabis : Ne manquons pas cette opportunité

La légalisation du cannabis en France est une évidence, et il serait regrettable d’attendre que l’Allemagne prenne l’initiative à notre place. En tant que nation, nous avons l’avantage d’avoir des agriculteurs talentueux et des entrepreneurs qualifiés pour développer cette filière. Pourquoi ne pas saisir l’opportunité de devenir leader sur ce marché ? Cependant, cela nécessite une forte volonté politique et l’implication de nos élus pour pousser ce sujet. Nous devons anticiper les conséquences de la légalisation du cannabis et commencer à travailler sur sa réglementation dès maintenant. Il est temps de prendre le taureau par les cornes et d’aller de l’avant avec ce projet ambitieux.

Le cannabis en politique : Un sujet épineux pour les élections à venir

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Au Canada, la question de la légalisation du cannabis a joué un rôle déterminant dans les élections. Mais en France, pour les prochaines élections en 2027, je doute que ce sujet soit placé en première position lors d’un débat face à l’extrême droite. C’est un regrettable constat, mais il faut rester réaliste quant aux priorités politiques de notre pays.

“Si je n’ai pas d’étiquette politique, je dois avouer que je me sens davantage aligné avec les écolos et la France Insoumise qu’avec mon parti ou la droite traditionnelle. Les socialistes, bien qu’ils soient plus partagés sur la question, sont également plus susceptibles de soutenir la légalisation. Cependant, je crains que la gauche ne connaisse pas de résultats électoraux favorables en raison de leur position sur d’autres sujets. Bien sûr, l’extrême droite ne légalisera pas le cannabis”.

Le grand débat national sur le cannabis : une convention citoyenne pertinente

Imaginez un vrai débat public sur la consommation du cannabis avec des vraies questions et des propositions concrètes ! C’est ce que j’ai proposé lors d’une discussion récente.

“Je crois que c’est un sujet parfait pour une convention citoyenne, qui permettrait de donner la parole aux citoyens sur une question qui les touche directement. Contrairement à la fin de vie ou l’euthanasie, qui sont déjà largement débattues, la légalisation du cannabis est un sujet qui mérite une attention particulière. Je suis convaincu qu’un vrai débat public sur ce sujet, avec des auditions et des propositions concrètes, serait encore plus intéressant qu’un simple sondage. Je pense même qu’un référendum sur la question pourrait être envisagé”.

La population est actuellement partagée à peu près à égalité sur la question, et je crois que c’est précisément ce qui rend ce débat si important. Il y a plusieurs thèmes à aborder, et un vrai débat public pourrait changer le rapport au politique en permettant aux politiques de s’exprimer sur d’autres thèmes que ceux sur lesquels ils ont l’habitude de s’exprimer.

La division dans le monde de la légalisation

Pour légaliser une substance ou une pratique, il y a souvent des divisions au sein de la société. Mais pour l’instant, il est important que nous fassions tous front commun pour convaincre les politiques de changer les lois. Au lieu de nous diviser sur des opinions personnelles, nous devons soutenir toutes les initiatives qui peuvent pousser le changement. Ne vous disputez pas sur les détails, concentrez-vous sur l’objectif commun. Soyons unis dans cette cause et nous aurons plus de chance de réussir.

Une dernière phrase inspirante pour nourrir notre réflexion

Dans le domaine de la politique, l’intelligence collective est souvent nécessaire pour obtenir des résultats durables. En ce qui concerne la légalisation du cannabis, je suis convaincu que nous devons unir nos forces pour réussir. Comme le dit si bien un proverbe connu:

« seul on va plus vite, mais ensemble, on va plus loin ».

Il est essentiel de travailler ensemble si nous voulons voir aboutir la légalisation du cannabis. En collaborant et en partageant nos connaissances, nous pourrons créer un changement positif et durable dans notre société.

Et voilà, nous arrivons à la fin de ce podcast. Un grand merci à notre invité pour sa présence, ses opinions éclairées et le travail accompli avec le reste de l’équipe. Grâce à cette discussion, nous avons de quoi réfléchir et approfondir notre compréhension du sujet. Rendez-vous pour un nouvel épisode la semaine prochaine sur Parlons Canna.

Spoiler Alert !

Mathias ne manque pas d’idées pour faire avancer le débat sur le cannabis. Il prévoit d’organiser non pas une, mais deux tables rondes d’envergure, l’une à Marseille et l’autre à Paris. Le but ? Rassembler des acteurs clés tels que des addictologues, des policiers, des politiques, mais aussi des anciens dealers pour une discussion franche et directe sur le marché du cannabis. L’objectif est de débattre des possibilités et des implications d’une légalisation. Et ce n’est pas tout ! Mathias compte bien utiliser les médias, tant généralistes que spécialisés, pour amplifier le message et provoquer le débat. Cette table ronde s’annonce explosive ! Nous allons faire du bruit ensemble, alors sois prêt à en découdre! à très bientôt.

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