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La France adopte l’interdit pénal pour protéger les jeunes du cannabis

En France, la situation des jeunes par rapport au cannabis inquiète les autorités. Selon les études de 2013, en effet, il y a encore énormément d’adolescents qui consomment des produits illicites dans le pays. Afin de limiter ce phénomène, le pays adopte donc l’interdit pénal. Est-ce pour autant efficace : rien n’est moins sûr. 

Les jeunes face au cannabis : quelques chiffres à connaître

En France, le cannabis compte 900 000 adeptes environ. Classés entre 11 et 75 ans, ces derniers avouent en consommer tous les jours. Ce qui fait d’ailleurs du pays le premier du classement en Europe avec plus de la moitié des adultes qui ont en déjà fait l’expérience. 

Une baisse de consommation chez les jeunes

Pour ce qui est des jeunes néanmoins, en 2018, on note une nette réduction du nombre de consommateurs. Alors qu’en 2010, le pays tenait aussi la tête de liste dans cette catégorie, en 2018, on est à la 10e place en Europe. Et la situation s’est davantage améliorée ces dernières années si l’on en croit les principaux intéressés : les ados. 

Des chiffres qui ont tout de même de quoi inquiéter

Malgré tout, les chiffres ont de quoi inquiéter. En France 3.9% des jeunes de la classe de 3e ont déjà fumé ou fume du cannabis. 39% des adolescents ont déjà touché à la drogue avant l’âge de 17 ans. En outre, en 2017, 7% des jeunes de moins de 17 ans étaient déjà victimes d’une addiction au cannabis.

L’autoculture une tendance en France 

Bien que ce soit interdit par la loi, l’autoculture de cannabis est devenue une tendance en France. Et cela concerne aussi les jeunes. En effet, selon les chiffres, 4.9% d’entre les moins de 17 ans ont cultivé leur propre plante de cannabis pendant l’année. 

Pourquoi les jeunes Français sont-ils plus enclins à fumer du cannabis ? 

La France n’est pourtant pas le seul pays où cette drogue pose un problème chez les jeunes. Il n’en demeure pas moins que les jeunes Français sont plus enclins à en fumer que dans les autres pays du monde. Pourquoi ? 

Une banalisation de la substance en France

On assiste actuellement à la banalisation de la substance. Les jeunes minimisent les risques en pensant que ce n’est qu’une drogue douce sans le moindre risque. Et c’est faux. La prise de cannabis est devenue monnaie courante dans l’environnement dans lesquels les jeunes Français évoluent à ce jour. Si bien qu’on ne le considère plus comme un danger. 

Un accès trop facile face aux drogues

Les ados en classe de 3e témoignent qu’il est aujourd’hui très facile d’accéder au cannabis. Certains dealers se rapprochent même des cours de récréation pour proposer leur produit. 

Le goût du risque

Les jeunes comme tous les consommateurs de cannabis récréatifs français savent que c’est interdit en France. Cependant, cela ne les empêche pas de braver les interdits. Selon eux :

« cela augmente les effets de la drogue et le plaisir que cela procure. »

L’environnement social précaire chez certains jeunes

Enfin, l’environnement social de certains jeunes Français ne permet pas de les protéger contre cette drogue. En effet, dans certains quartiers, la consommation et le trafic de l’herbe sont monnaie courante. Et ils ne bénéficient pas d’une situation familiale stable et saine qui leur permettrait de lutter efficacement contre les tentations ou d’éviter les mauvaises rencontres. En effet, selon les témoignages, ce sont surtout les amis qui incitent les jeunes à s’initier à la consommation de drogue. 

Quels sont les risques de la consommation du cannabis chez les jeunes ? 

Mais pourquoi cette situation chez les jeunes inquiète-t-elle ? Outre les questions pénales, quels sont les risques de la consommation du cannabis chez les ados ? 

Des risques sociaux

Une dépendance à la drogue entraînera forcément des retards à l’école et des résultats scolaires qui laissent à désirer. Certains désertent les bancs de l’école avant l’obtention du diplôme. Ce qui n’améliore pas l’avenir socio-économique du pays. Le taux de chômage risque encore d’exploser durant les prochaines années. 

La dépendance au cannabis peut mener à d’autres dérives

Par ailleurs, la dépendance au cannabis peut mener à d’autres dérives. En effet, elle peut entraîner par exemple à une addiction aux jeux d’argent, à l’alcool, etc. Ce qui risque aussi d’augmenter le taux de criminalité dans le pays. 

Des risques sanitaires

Mais surtout, la consommation à court ou long terme du cannabis peut causer des risques sanitaires. Et pour cause, jusqu’à l’âge de 25 ans, le cerveau n’est pas encore mature. Une consommation de drogue pourrait empêcher cette maturation. 

Ceci peut causer des problèmes comportementaux, psychologiques ou cognitifs. De même, les jeunes consommateurs peuvent être victimes de troubles de l’attention, de la mémoire, de la coordination, etc. 

Cette drogue dure peut aussi causer des troubles psychiatriques tels que l’anxiété chronique, dépression, problèmes psychotiques et bien d’autres. Dans les cas les plus graves, elle peut causer la maladie neuro cardiovasculaire et les cancers. 

Selon les sondages, la marijuana serait aussi la cause de 28 décès par toxicité aiguë en 2017. 

La pénalisation du cannabis : une mesure effective en France

Certains pays européens ont déjà légalisé le cannabis à l’intérieur de leur frontière. La France est légèrement en retard en la matière. En effet, la marijuana récréative est encore interdite dans l’Hexagone. La possession, la vente ou la consommation de cette drogue est toujours pénalisée par la loi du 31 décembre 1970

Encore aujourd’hui, l’utilisation de cette drogue est punie de 1 an de prison et d’une amende de 3 750 euros majorée. À compter de 2022, les mesures se durcissent davantage. Cette amende forfaitaire peut être imposée immédiatement aux vues des antécédents judiciaires du prévenu en cas de contrôle. De plus, si vous êtes contrôlé positif, ce sera directement inscrit sur votre casier judiciaire.  

Le pays ne fait pas encore la différence entre un fumeur occasionnel et un véritable héroïnomane. La procédure peut, dans les deux cas, finir devant le tribunal correctionnel en charge des délits. Tel est le cas notamment pour les prévenus récalcitrants. 

Et des peines additionnelles peuvent être appliquées si vous êtes contrôlé positif au volant. Par exemple, vous aurez immédiatement 6 points en moins sur le permis. Dans certains cas, la suspension, voire l’annulation du permis de conduire, peut aussi être recommandée. Il en est de même pour le suivi obligatoire de stage de sensibilisation à la sécurité routière. Dans ce genre de cas, l’amende peut monter jusqu’à 4 500 euros. 

Pour ce qui est de la vente de cannabis, les peines sont de 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende selon le Code Pénal art. 222-36. Plus les quantités seront importantes, plus les peines seront lourdes. Néanmoins, cela ne limite pas la consommation de cannabis chez les ados. 

D’autres stratégies pour protéger les jeunes du cannabis en France

Une chose est sûre, la simple pénalisation du cannabis ne suffit pas pour décourager les jeunes consommateurs de cannabis en France. Il convient donc de mettre en place des stratégies supplémentaires pour protéger les ados de cette drogue. Mais lesquelles ? 

Des centres d’aides et d’accompagnement pour les jeunes

La mise en place du CJC ou Consultations Jeunes consommateurs est par exemple une mesure intéressante. C’est un centre d’accompagnement pour les jeunes consommateurs qui souhaitent s’en sortir. Seuls ou accompagnés, ils peuvent demander un diagnostic de leur consommation et trouver de l’aide pour les aider à s’en sortir. 

Plus de programmes d’information 

Il faudra aussi mettre en place un programme d’information plus offensive quant aux risques réels du cannabis. Il ne faut pas se contenter des peines pénales qui ne font plus grands effets sur les consommateurs. 

D’ailleurs, il ne faut pas se contenter de rééduquer les jeunes face au cannabis, mais d’en faire aussi autant pour les parents. Inciter les adultes à prendre des mesures pour offrir un environnement correct à leurs enfants s’impose. Ce qui leur permettra de mieux s’éloigner des mauvaises habitudes, et notamment de la drogue. 

Un programme d’aide psychosocial pour empêcher les jeunes de goûter à la drogue

Enfin, mettre en place un programme d’aide psychosocial doit faire partie de la stratégie de lutte contre le cannabis. Il faudra proposer plus d’accompagnement pour le renforcement de l’estime de soi, la gestion du stress, la pensée critique, etc. Le but étant de créer des ados plus responsables et plus autonomes à l’avenir. 

Si la France tarde donc à dépénaliser le cannabis récréatif, c’est pour des raisons de sécurité. En effet, avec les mesures pénales actuelles, on ne peut pas encore limiter la consommation des jeunes. Un allègement pénal pourrait aggraver les choses. Malgré les avantages supposés d’une réglementation de la consommation et de la vente de cette drogue, le pays freine le pas. Les amateurs de sensations fortes devront se satisfaire du CBD qui est le seul cannabinoïde 100% légal en France. C’est d’ailleurs une situation qui plaît aux CBD shop. Ils peuvent aujourd’hui proposer une large gamme de produits intéressants pour des expériences uniques à leurs clients.

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