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La légalité du CBD en Afrique

Quelle est la situation sur la légalité du CBD en Afrique ?

Le cannabidiol est l’une des substances actives présentes dans le cannabis. Il se trouve en grande quantité dans le chanvre. Son utilisation commence à se répandre de plus en plus dans le monde. On lui attribue souvent des vertus thérapeutiques. La popularité du CBD se fait plus ressentir dans les États occidentaux. Cela amène à se questionner sur la situation de la molécule en Afrique. Son exploitation y est-elle légale ? Sa consommation y est-elle autorisée ? Quelle est la relation de l’Afrique avec le cannabis ?

L’histoire de l’Afrique et du cannabis

Il est difficile de tracer les origines du cannabis en Afrique. Apparemment, il est présent dans le continent depuis plus de 1 000 ans. Les chercheurs s’accordent à dire qu’une grande partie du cannabis présent en Afrique vient de l’Asie. La plante se trouvait surtout en Afrique méditerranéenne et en Afrique du Nord. La culture du cannabis était différente selon l’État où elle était plantée. Auparavant, certaines parties de l’Afrique utilisaient déjà le cannabis en grande quantité. L’Égypte l’utilisait de plusieurs manières. Il était employé pour fabriquer des textiles et d’autres produits pour des pratiques spirituelles. En Afrique du Sud, le cannabis était considéré comme une plante précieuse. Il était d’abord mâché avant d’être fumé vers le XVIIIe siècle. Cette pratique finit par se répandre vers d’autres pays africains. Certains peuples s’en servaient quotidiennement, que ce soit pour une célébration ou une répression.

En Afrique subsaharienne, les documents sur le cannabis proviennent majoritairement des colons. Sa culture et sa consommation étaient tolérées entre 1870 et 1890. Après 1890, elles ont progressivement été interdites. D’une part, les colonisateurs suggèrent que le cannabis rend les consommateurs paresseux. La main-d’œuvre perd donc en efficacité. D’autre part, la consommation du cannabis était contraire aux valeurs religieuses et morales des colonisateurs. La culture était autorisée seulement dans le cas où elle était destinée à l’exportation vers l’Europe. Cependant, la principale raison de l’interdiction du cannabis provient de la Société des Nations. Dans le cadre de la Convention de Genève sur l’opium, le cannabis est interdit en 1925. Pourtant, la culture illégale du cannabis domine encore en Afrique. Cependant, cette culture illégale est surtout destinée à l’exportation. Le business local n’arrive pas vraiment à tirer profit de l’exploitation du cannabis.

La légalisation du chanvre : Un défi à relever pour l’Afrique

La majorité des États africains n’ont pas encore légalisé le cannabis thérapeutique. Cela est dû à de nombreuses raisons, la principale est le manque de distinction entre le chanvre et le chanvre indien. La majorité des pays africains associent le chanvre à la marijuana. La loi interdit donc son utilisation sans faire la différence entre les deux. La plupart des États africains lient donc le chanvre à des propriétés psychoactives. En plus de cela, les consommateurs sont associés à la pauvreté et à des milieux défavorisés. L’Afrique est également un continent où la religion occupe une place importante. Beaucoup d’États africains considèrent la consommation de cannabis comme une activité satanique. Selon eux, cela constitue un fléau pour la jeunesse africaine.

Un grand nombre de dirigeants africains ignorent alors les vertus thérapeutiques du cannabidiol. Ils n’ont aucune idée du potentiel commercial énorme que le CBD peut leur donner. Certains ne sont même pas au courant de l’existence de cette molécule. La perception publique du chanvre en Afrique est très négative. Ces différentes restrictions par rapport au chanvre font fuir les investisseurs. Tout cela fait partie des raisons pour lesquelles le chanvre est encore interdit dans la majorité du territoire africain. Toutefois, ces derniers temps, certains États africains ont commencé à détecter le potentiel du chanvre. Il existe même des personnes qui militent pour la légalisation de la marijuana. Selon quelques statistiques, 13 milliards de dollars de cannabis sont exportés chaque année en Europe. Cela se fait malgré le statut illégal de la plante.

Pourquoi la légalisation du chanvre est-elle avantageuse ?

Le cannabis est la drogue la plus cultivée au monde. Certains pays africains veulent tout de même se lancer dans son exploitation. Cela permettra d’y relancer l’économie. La pandémie de 2020 a également contribué à une popularisation du cannabis médical. En effet, des discussions sur sa capacité en tant que remède contre le coronavirus se sont multipliées. Hélas, ces discussions ne sont pas soutenues par la science. Cependant, cela a permis de mettre en lumière les bienfaits du chanvre. De nombreux spécialistes du cannabis ont également vanté son fort potentiel économique. Le PDG de l’Africa Cannabis Advisory Group estime des revenus importants générés par le cannabis dans les prochaines années. Le marché africain du chanvre peut valoir 7,1 milliards de dollars américains en 2023. Ces prévisions viennent de Phobition Partners. Il s’agit d’une société de recherche s’occupant de l’industrie du cannabis légal.

Malgré son caractère illégal, la plantation de cannabis fait toujours partie de la culture africaine. Ce secteur illégal contribue d’ailleurs à l’exportation vers les pays européens. Le marché français a longtemps profité de ce business. Aujourd’hui, l’Amérique du Nord investit énormément d’argent dans le chanvre africain. Ces dernières années, l’engouement médical lié à la plante de chanvre a commencé à toucher la population. L’un des avantages principaux du continent africain est son climat. Effectivement, les zones tropicales sont idéales pour la plantation de marijuana et de chanvre. Un grand nombre de plantes sauvages de cannabis sont même éparpillées un peu partout sur le continent. Par exemple, Madagascar est un pays où le cannabis pousse en masse. Malheureusement, elle fait partie de ces nombreux pays ou le chanvre équivaut au chanvre indien. Néanmoins, tout cela démontre à quel point le chanvre peut contribuer à l’avancée du continent africain.

L’utilisation légale du chanvre en Afrique

Parmi les 55 États qui composent l’Union africaine, seulement une dizaine ont légalisé le cannabis à des fins médicales. Certains d’entre eux sont :

  • L’Afrique du Sud
  • Le Zimbabwe
  • Le Maroc
  • Le Lesotho
  • La République démocratique du Congo
  • Le Malawi
  • La Zambie
  • L’Eswatini

Les législations et les réglementations diffèrent beaucoup selon le pays. Certains vont jusqu’à légaliser l’usage récréatif du cannabis. D’autres autorisent uniquement l’usage médical. Dans certains cas, seule l’exportation des produits est autorisée. Dans ce cas-là, il est interdit de consommer du CBD sur le territoire même en cas de maladies. Des chercheurs prétendent que l’exploitation du cannabis à l’échelle nationale africaine n’est pas rentable. En effet, les plus gros investissements proviennent du Canada et des États-Unis.

Le Lesotho est le premier État africain à avoir autorisé l’exploitation du CBD. Son entreprise Medi Kingdom a bénéficié de l’octroi d’une licence en 2017. Aujourd’hui, le pays attire beaucoup les investisseurs étrangers. En 2019, il existe déjà 70 licences d’exploitation de cannabis qui sont octroyés. L’avantage du Lesotho est son climat ensoleillé et le faible coût de la main-d’œuvre. Au Zimbabwe, le secteur du tabac commence à régresser. Malheureusement, il s’agit d’un des secteurs les plus lucratifs du pays. L’exploitation du CBD peut donc être une alternative à celle du tabac. Le Maroc fait partie des principaux producteurs de cannabis dans le monde. De nos jours, il cherche à bien s’installer sur le marché du cannabis légal. Cela reflète la volonté africaine à vouloir profiter des changements mondiaux pour faire avancer son économie.

L’avenir du CBD en Afrique

De nombreux États africains restent encore sceptiques sur la légalisation du chanvre. Heureusement, cela est susceptible de changer dans les années qui suivent. D’abord, le secteur du CBD est un secteur en pleine expansion. Il est déjà légalisé dans une grande partie des États-Unis et de l’Europe. Certains États africains ont également reconnu son potentiel. De ce fait, les informations concernant le CBD ne tarderont pas à atteindre les autres pays africains. De plus en plus d’États du continent commenceront à être éduqués sur les vertus de cette molécule. En plus, le cannabis pousse facilement dans la majorité du territoire africain, cet avantage de terrain n’est pas à négliger.

Plusieurs pays pensent même à légaliser l’usage récréatif du cannabis. Plus précisément, de nombreux pays africains ont des problèmes sur le plan économique. Ils ne peuvent plus se permettre de rester indifférents face aux changements qui s’opèrent dans le monde. Jacques Chirac souligne que : « Dans un environnement qui change, il n’y a pas de plus grand risque que de rester immobile. » De nombreux chercheurs placent déjà un grand espoir en l’Afrique en matière de marijuana et de chanvre. Le marché local de ce secteur n’est pas assez développé en Afrique. Les États africains se doivent donc d’exploiter les grandes quantités de cannabis disponibles sur leurs territoires.

En fin du compte, le CBD est encore illégal dans la majeure partie du continent africain. Cela est dû à plusieurs facteurs. Parmi eux, le manque d’éducation, le manque d’informations, la morale et la religion. Néanmoins, certains pays africains reconnaissent déjà la valeur de la plante. Cependant, cette légalisation est plus ou moins restreinte. Les estimations des professionnelles promettent un avenir radieux à l’Afrique dans les années qui vont suivre. Cela en espérant que d’autres États vont suivre ceux qui l’ont déjà légalisé.

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