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Le cannabis réduit la conduite en état d’ivresse

L’état d’ébriété constitue un problème de taille pour tout gouvernement. Il entraîne chaque année, plus d’un million de décès, dans le monde. Sans compter les cas de blessure grave et de handicap à la suite d’un accident de la route. La conduite en état d’ivresse est pourtant, gravement pénalisée. Le conducteur ne met pas seulement sa vie en danger, mais également celle des autres conducteurs et des piétons. Plusieurs moyens ont été déployés afin de prévenir les risques d’accidents routiers. Surtout, pour cause d’état d’ivresse. Néanmoins, suite à l’évolution des législations sur le cannabis thérapeutique, le nombre d’accidents routiers a connu une baisse non-négligeable.

Alcool et ébriété au volant

L’alcool demeure de loin la substance responsable des accidents de la route. Sans parler du fait que l’alcoolémie, combinée aux risques d’accidents déjà existants, constitue un déclencheur d’accidents. En réalité, ces derniers sont majoritairement causés par les effets-même de l’alcool. Effectivement, l’ivresse entraîne une perte de certaines capacités de raisonnement et une diminution des facultés cognitives et motrices. Ces réductions de capacités entraînent un retard des réflexes. Ainsi qu’une diminution de la sensation de risques, qui est un facteur primordial pour tout conducteur. Passé un certain seuil, l’alcoolémie a pour effet d’engendrer des altérations de la conscience et des facultés de jugement et d’observation. Dont, incompatibles avec la conduite car directement influencés par le taux d’alcoolémie. 

En état d’ivresse, il est commun d’observer une disparition des stratégies usuelles d’adaptation consciente et un accroissement alarmant de la prise de risque. Dans les faits, la conduite chez les personnes sous forte dose d’alcool, ou présentant une grande fatigue, repose uniquement sur les automatismes développés au fur du temps. Ces automatismes peuvent toutefois être significativement altérés, toujours du fait de l’usage de forte dose d’alcool.

L’ivresse au volant et ses sanctions

La conduite en état d’ivresse est fortement réprimée dans le monde et les sanctions sont diverses. Les sanctions peuvent aller du retrait du permis de conduire à de lourdes peines d’emprisonnement. En passant par l’obligation de réaliser des travaux d’intérêt général et à l’interdiction de conduire certains types de véhicules. De plus, constitue une circonstance aggravante en cas d’accident, le fait d’avoir fait usage de stupéfiant. Cette circonstance aggravante repose sur le lien de causalité entre les stupéfiants, dont l’alcool, et l’état de conscience altéré qui en découle. Pouvant influencer la conduite au volant. Egalement, le fait que la conduite en état d’ébriété fait partie des motifs d’exclusion des droits d’indemnisations et de protections offerts par les assureurs. 

En cas d’accident causé par la conduite en état d’ivresse, tous dommages subis par le conducteur ne sont pas couverts par la police d’assurance. Ce dernier ne pourra pas bénéficier de la protection juridique que lui accorde en principe son assurance. Il convient néanmoins de préciser que les dommages subis par un tiers, du fait du conducteur sous influence, demeurent couverts par l’assurance. 

Cannabis et conduite biaisée

En premier lieu, il faut déterminer si la consommation de cannabis, même à des fins thérapeutiques, est constitutive de risque lors de la conduite. En effet, l’ivresse cannabique peut conduire à une réduction des facultés mentales et physiques, ainsi qu’un « laisser-aller ». Cette réduction des capacités mentales et physiques comporte entre autres une réduction de l’activité nerveuse. Elle se traduit par un ralentissement, voire une absence totale des réflexes. À celle-ci s’ajoutent encore des troubles de la vision, couplés à une perception erronée des distances. Toutes ces manifestations peuvent alors, avoir des conséquences désastreuses sur le conducteur. 

Toutefois, à préciser qu’il existe une différence entre l’influence de l’alcool et du cannabis sur le comportement des conducteurs. L’ivresse due au cannabis engendre la réduction des facultés cognitives, au même titre que l’alcool. Pourtant, plusieurs différences peuvent être constatées en ce qui concerne les effets du cannabis. En effet, les troubles observés, qui sont communs à ces deux états d’ivresse, sont moins prononcés dans l’état d’ivresse cannabique. Aussi, la sensation de risque est plus présente dans cet état, alors que l’usage d’alcool diminue considérablement cette sensation. Contrairement à l’alcool, le cannabis n’affecte pas de manière significative la capacité de jugement. Il dépend de la conscience, de la faculté de concentration. 

De manière générale, le cannabis n’affecte que les fonctions automatiques subconscientes et inconscientes. Par conséquent, le conducteur en état d’ivresse cannabique est plus alerte, plus prudent et plus vigilant. Donc, plus responsable que le conducteur en état d’ivresse alcoolique. Dès lors que le cannabis s’accompagne d’une sensation accrue de risque, les conducteurs sous emprise adaptent en conséquence, leur comportement au volant. Malgré le fait que la conduite sous influence de stupéfiant reste une infraction pénalement répréhensible, il est clair que le type de stupéfiant consommé par le conducteur influence grandement les risques d’accidents auxquels il s’expose. Auquel cas, la conduite en état d’ivresse cannabique présente nettement moins de risque que la conduite en état d’ivresse alcoolique. celui-ci, en raison des effets non comparables de ces deux substances.

Cannabis médical et taux d’alcoolémie réduit

La conduite en état d’ivresse, que ce soit un état d’ivresse dû à l’alcool ou au cannabis, ou même à la consommation des deux, reste un danger qui menace. A chaque instant, les habitués de la route, tant les conducteurs et les passagers que les piétons sont concernés. Surtout le conducteur qui, lors de la consommation conjointe de substance alcoolique et cannabique, voit les risques d’accident multipliés par trois. Etant donné que les risques sont conséquents, les sanctions y afférentes le sont tout autant. Notamment en ce qui concerne les amendes qui peuvent avoisiner les 9000 euros et la peine d’emprisonnement jusqu’à 3 années. 

Le maximum des peines sera appliqué s’il est déterminé que le conducteur ait conduit en état d’ébriété basé sur un mélange d’alcool et de stupéfiants, bien que n’ayant pas fait d’accident. Néanmoins, selon une étude publiée dans la revue américaine « Health Economics », une baisse des accidents de la route causés par la conduite en état d’ivresse a été constatée. Entre les années 2014 et 2019, dans les États ayant légalisé l’usage thérapeutique du cannabis. L’étude a été faite sur la base des analyses réalisées auprès de diverses compagnies d’assurance automobile américaine. 

Le cannabis thérapeutique et le sevrage d’alcool

D’après la même étude, la réduction est surtout remarquable dans les zones géographiques disposant de dispensaires. Ainsi, des points de distributions de cannabis médical. Cette baisse du taux d’accident implique qu’une facilité d’accès au cannabis. Celle-ci réalisera ensuite, une baisse du taux d’alcoolémie au volant. L’explication la plus cohérente est que, substituant le cannabis à l’alcool, les consommateurs-conducteurs sont plus enclins à consommer le cannabis chez eux. Dès lors que les consommateurs substituent le cannabis à l’alcool, la légalisation du cannabis thérapeutique favorisera une baisse de la consommation d’alcool. Cette baisse de consommation sera à son tour, à l’origine d’une baisse des décès liés aux accidents de la route. Toujours causés par la conduite en état d’ivresse.

À cette réduction s’ajoute le fait que l’usage thérapeutique du chanvre permet de modérer efficacement le besoin d’alcool. Ce qui a permis à de nombreux patients de réussir à se sevrer de l’alcool. Aussi, il résulte que la légalisation du cannabis permet une baisse significative du taux d’alcoolémie dans les pays concernés. De manière implicite, cette baisse du taux d’alcoolémie a permis de réduire les cas de conduite en état d’ivresse. Sans pour autant que soit autorisée la conduite au volant sous l’influence de cannabis, quel qu’en soit l’usage.

De tout ce qui précède, la légalisation du cannabis thérapeutique a permis aux gouvernements de réduire de manière conséquente le taux d’accident routier. Celui-ci, causé par une conduite en état d’ébriété. Toutefois, il y a lieu de rappeler que malgré le fait que la légalisation du cannabis médical a apporté des avantages notables. Dont en matière de soins thérapeutiques. Même si le risque de consommation conjointe du cannabis thérapeutique et d’alcool entraîne un état dangereux sur les routes, la menace devra être écartée. La question étant de savoir, comment l’écarter.

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