ActualitésLe monde du CBDLégislation

Vers une législation concrète du cannabis à Tahiti

Le projet de loi sur la régulation du cannabis sans propriétés stupéfiantes, avec une teneur en THC limitée à 0,3 %, est sur le point d’être examiné ce mardi par la Commission Santé et Solidarité de l’Assemblée. Bien que ce texte marque une avancée notable, il est jugé « incomplet » par Karl Anihia, président de Tahiti Herb Culture.

Un premier pas vers la régulation du cannabis

« Enfin, nous allons voir quelque chose de concret », déclare Karl Anihia à Infos Tahiti

Après dix années de campagne intensive, il exprime sa satisfaction quant à cette première étape, même si le projet reste imparfait. Ce projet de loi, qui sera examiné ce mardi, représente une avancée significative pour la régulation du cannabis à faible teneur en THC. Cependant, Karl Anihia souligne que le texte aurait pu être plus complet et mieux structuré pour répondre aux besoins du secteur et des consommateurs.

Une consultation défaillante

Karl Anihia exprime également sa frustration de ne pas avoir été consulté lors des auditions précédant cette réunion, contrairement aux promesses du président. 

« Je serai là demain (mardi) pour entendre les questions des élus », explique-t-il. 

Il critique également l’approche gouvernementale, pointant du doigt une confusion entre l’usage récréatif, le CBD et les usages thérapeutiques. Cette confusion, selon lui, nuit à la mise en place d’une régulation claire et efficace.

« Au gouvernement, il y a beaucoup d’incompétence et d’incohérence. Ils confondent tout : usage récréatif avec le CBD et thérapeutique… » ajoute Karl Anihia. 

Cette critique met en lumière les défis que doit surmonter le gouvernement pour clarifier et structurer la législation autour du cannabis.

Le cadre de la nouvelle législation

Le texte de loi prévoit l’importation et le transfert de graines de cannabis uniquement destinées à la culture, sous autorisation du Président de la Polynésie française. Chaque importation nécessitera également une autorisation spécifique. La culture de cannabis sans propriétés stupéfiantes sera autorisée, sous réserve d’une autorisation délivrée par décret. Les agents locaux seront responsables de veiller au respect de cette réglementation. 

Cette législation ouvre la porte à un commerce lucratif du CBD en Polynésie française, ce qui pourrait stimuler l’économie locale.

« Un réseau français m’a déjà contacté pour ouvrir des magasins ici », révèle Karl Anihia, soulignant l’intérêt croissant pour ce marché.

Une nouvelle industrie en émergence

L’autorisation de la culture de cannabis non stupéfiant pourrait transformer le paysage économique du Fenua. Les perspectives de développement d’entreprises spécialisées dans le CBD sont prometteuses, et de nombreux acteurs locaux et internationaux manifestent déjà leur intérêt. Cette dynamique pourrait générer de nouveaux emplois et encourager l’innovation dans le domaine du bien-être et de la santé naturelle.

Le cadre réglementaire établi par cette loi garantit que les pratiques de culture et de commerce respectent des normes strictes, assurant ainsi la qualité et la sécurité des produits mis sur le marché. Toutefois, pour que cette industrie émergente prospère, une collaboration étroite entre le gouvernement et les acteurs du secteur sera essentielle.

cannabis

La thérapeutique en suspens

En ce qui concerne le cannabis médical, le projet de loi se limite à l’importation de certains médicaments contenant des cannabinoïdes. Ces médicaments, très encadrés dans les pays qui les autorisent, sont distribués en pharmacie pour des maladies spécifiques. Cependant, Karl Anihia déplore l’absence de clarté du gouvernement polynésien sur ce sujet.

« Ils n’ont pas pu répondre lorsque je leur ai demandé quels médicaments et pour quelles pathologies. La seule réponse de Moetai Brotherson a été de me dire que des médicaments à base de THC seraient disponibles d’ici la fin de l’année. »

Cette incertitude autour des applications thérapeutiques du cannabis reflète une lacune dans la politique gouvernementale. Une réglementation claire et détaillée est nécessaire pour que les patients puissent bénéficier de traitements efficaces et sûrs.

Un avenir encore flou

En conclusion, bien que le projet de loi soit un pas en avant, il reste beaucoup à faire pour atteindre une régulation complète et efficace du cannabis en Polynésie française. Les questions autour de l’usage thérapeutique et la consultation des acteurs clés demeurent des défis majeurs à surmonter. Karl Anihia et les partisans de la régulation attendent avec impatience les évolutions futures et espèrent une prise en compte plus large de leurs préoccupations et expertises.

La voie vers une législation du cannabis en Polynésie française est semée d’embûches, mais ce projet de loi représente un premier jalon important. Une mise en œuvre réussie dépendra de la capacité du gouvernement à écouter et à intégrer les avis des experts et des acteurs du terrain, ainsi qu’à clarifier les usages thérapeutiques du cannabis pour répondre aux besoins des patients.

 

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page