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Points de deal : Une conséquence directe de la prohibition du cannabis en France

La France fait partie des pays les plus conservateurs de l’Europe. La drogue n’y sera pas autorisée de sitôt. Le gouvernement ne cesse de trouver des moyens pour renforcer la prohibition de ces substances dangereuses. Pour le moment, les solutions mises en place n’ont fait qu’aggraver les choses. On retrouve de plus en plus de points de deal un peu partout dans le pays.

La création des points de deal

En France, la consommation de drogues, qu’elles soient dures ou douces, reste encore interdite. La vente et la consommation de ces substances sont passibles d’une peine d’emprisonnement et d’une amende. Cette prohibition très stricte a mené à la création de plusieurs points de deal dans le pays. En effet, la demande est importante, et ne cesse d’augmenter. Les dealers y trouvent une opportunité de gagner un maximum de revenus.

Il faut savoir que ces points de deal ne sont pas des boutiques ni des magasins. Les transactions se passent sous le manteau, à l’abri des regards. En général, les consommateurs savent où trouver les produits illicites et qui sont les vendeurs fiables. Le marché continue d’évoluer à la vue de tous.

points de deal cernés par la police

L’évolution des points de deal

Les points de deal existent en France depuis toujours. Dans son interview, Gilbert-Luc Devinaz raconte ses aventures dans ces lieux de vente de produits illicites depuis 1995. À l’époque, ces points de vente n’étaient pas aussi nombreux qu’aujourd’hui. On en trouvait à peu près un ou deux maximum dans un quartier. Aujourd’hui, on peut compter jusqu’à 6 points de vente illégaux dans un même quartier. Ce nombre a déjà diminué par rapport aux statistiques annoncées en 2021. Cependant, 4 000 lieux de ventes de drogue dans l’hexagone, c’est déjà beaucoup ! On en voit pas mal à Seine-Saint-Denis, dans le Rhône et dans le Nord.

Toujours selon Gilbert-Luc Devinaz, les points de deal étaient beaucoup plus faciles à éradiquer dans les années 90. On luttait déjà contre ces ventes illicites à cette époque. Seulement, en ces temps-là, il suffisait de les faire partir. Même si après six mois, les dealers revenaient ou avaient déjà ouvert un autre point dans un nouveau lieu, cela apportait quelques moments de tranquillité dans le quartier.

Actuellement, les points de deal sont beaucoup plus évolués. Ils ne prennent plus le risque de se faire attraper avec les produits sur eux, ils sont mieux organisés. Ils planquent les produits jusqu’à ce que les clients viennent en demander. Même si le gouvernement a augmenté le nombre de caméras de surveillance pour guetter les dealers, cela reste insuffisant. De même, même si de nombreux policiers font la ronde régulièrement, tant que les dealers ne sont pas attrapés sur le fait, ils ne peuvent rien faire.

Les problèmes engendrés par les points de deal

Quand il s’agit de vente illégale, on ne peut en espérer rien de bon. Selon les citoyens, les points de deal accroissent l’insécurité dans le quartier. En effet, les consommateurs, qui n’ont pas forcément la possibilité d’acheter de la drogue, font tout leur possible pour trouver de l’argent.

« Les points de deal causaient déjà des problèmes de voisinage. Pour acheter de la drogue, il faut de l’argent. Des fois, on avait des vols à la tire, des vols à la roulotte. Les gens autour de ces points de deal se plaignaient d’actes de délinquance et de vol dans leur garage, etc. », a déclaré Gilbert-Luc Devinaz.

Les points de deal existent parce que les consommateurs ne peuvent pas se procurer de la drogue légalement. Cependant, le problème n’est pas les consommateurs. Les dealers sont les responsables de l’insécurité. S’ils n’étaient pas aussi nombreux, on réduirait l’incitation à la consommation. Mais la demande est élevée, c’est un marché à exploiter. Les dealers l’ont compris, ils n’hésitent pas à s’installer sur les voies publiques malgré les restrictions et les systèmes mis en place pour les dissuader.

Comme Gilbert-Luc Devinaz le dit si bien :

« Aujourd’hui, ce n’est pas les consommateurs de drogues qui causent problème. Certes, la drogue peut leur causer des problèmes de santé, mais le problème c’est le point de deal. […] Malgré tout ce qu’on a mis en place, ça augmente. »  

Pourquoi a-t-on du mal à supprimer les points de deal ?

Si aujourd’hui on retrouve un grand nombre de points de deal en France, c’est que quelque part, le gouvernement a failli à son rôle. Dans la transcription de l’interview de Gilbert-Luc Devinaz, vous découvrirez que le gouvernement a choisi la solution la plus simple et la plus rapide : la prohibition. Les sanctions ne sont pas forcément la solution. Avec le temps, les citoyens auront l’habitude et n’auront plus peur de ces sanctions. L’idéal est de les conscientiser sur les risques encourus. 

produits vendus aux points de deal

Des solutions pour limiter les points de deal

Depuis de nombreuses années, le gouvernement ne cesse de trouver des solutions pour supprimer définitivement ces points de deal, mais aucune solution mise en place n’a été efficace. Certes, cela réduit le nombre de points de vente sur la voie publique, mais ne dure qu’un temps. Après quelques semaines, parfois même quelques jours, les dealers reviennent. Tant les dealers que les consommateurs n’ont plus peur de se faire prendre. Pourtant, la suppression de ces ventes illicites reste la solution idéale pour protéger les citoyens et leur bien.

Les drogues dures : cocaïne, héroïne, etc.

Bien évidemment, lorsqu’il s’agit de drogues dures, on ne peut même pas négocier. Il faut qu’elles disparaissent du marché noir. Pour y arriver, il serait judicieux de renforcer les sanctions pour ceux qui en fabriquent, en vendent et en consomment. Si personne n’en produit, les consommateurs pourraient se résoudre à se désintoxiquer. Quand il n’y aura plus de fabricants, les points de deal disparaîtront aussi avec eux. Cela n’apporterait donc que du bon, tant pour le quartier que pour les citoyens.

Les drogues douces : cannabis

Depuis quelque temps, de nombreux scientifiques se sont intéressés au cannabis. Dans de nombreux pays, cette plante n’est plus catégorisée au même titre que les drogues dures. Cependant, en France, son statut reste inchangé. Le cannabis reste une drogue tout aussi dangereuse que la cocaïne et l’héroïne. Sa consommation est fortement prohibée. Toutefois, il existe une version du cannabis qui peut être tolérée : le cannabis thérapeutique. Cette variété pourrait être un allié pour de nombreux patients. Elle soulagerait les symptômes. Pour ceux qui sont accros au cannabis récréatif, cette variété pourrait être une alternative intéressante. Les effets des deux produits sont presque similaires. Peut-être qu’en laissant le libre accès au cannabis thérapeutique, on pourrait éviter que les gens s’approvisionnent auprès des points de deal.

Les élus tentent depuis longtemps de supprimer les points de deal. La légalisation et la réglementation du cannabis thérapeutique pourraient être la solution idéale. En effet, si cette plante est légale, les consommateurs pourront s’en procurer auprès des boutiques agréées et des pharmacies. De cette manière, le gouvernement peut avoir le contrôle sur la substance et sur les consommateurs.

Pour conclure, la prohibition peut être une technique intéressante pour lutter contre la prolifération des drogues. Cependant, cela a aussi ses inconvénients, dont la création de multiples points de deal. Si les consommateurs ne peuvent pas se procurer leurs produits habituels, ils n’hésiteront pas à se tourner vers les ventes illicites. Les dealers profitent de l’occasion pour gagner un maximum de revenus. Or, ces points de vente illégaux sont source d’insécurité, ils aggravent les actes de délinquances. Quand il s’agit du cannabis, on peut dire que la légalisation n’est peut-être pas une si mauvaise chose. Cela peut améliorer la situation actuelle.

Retrouvez ici l’interview de Gilbert-Luc Devinaz

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