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Maladie de Parkinson : Et si on misait sur le CBD ?

Le CBD se révèle être d’une grande aide dans le traitement de la maladie de Parkinson. Découverte au début du 19e siècle, cette pathologie chronique et neurodégénérative concerne près de 10 millions de personnes à travers le monde. Elle fait notamment des victimes dans la tranche d’âge des 55-65 ans. Mis à part le facteur âge, cette pathologie peut aussi résulter de l’exposition à certains pesticides ou aux métaux lourds.

En France, l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) recense quelque 200 000 patients, avec 25 000 nouveaux cas chaque année. Des chiffres qui font de la maladie de Parkinson le deuxième trouble dégénératif dans l’Hexagone, après l’Alzheimer. A l’heure actuelle, les traitements à base de CBD s’avèrent surtout prometteurs. La molécule est d’une grande aide pour atténuer, et les symptômes moteurs, et les symptômes non moteurs.

Le déclic

L’idée de traiter la maladie de Parkinson avec du CBD émane certainement des vidéos ayant fait le buzz sur Internet. Elles montrent effectivement des patients en pleine crise de tremblements. Ces derniers se retrouvent soulagés presque instantanément, après avoir pris du cannabis (THC). Depuis, l’opinion public s’est montrée plus ouverte à l’éventualité de traiter toutes les maladies neurodégénératives, avec le cannabis médical.

Des études attestant l’efficacité du CBD

Une étude réalisée au Brésil confirme le potentiel du CBD dans le traitement de la maladie de Parkinson. D’une durée de six semaines, elle portait sur 21 patients sujets à des comorbidités. Ils ont été classés en trois groupes. Le premier a bénéficié de 330 mg de capsules de CBD par jour, contre 75 mg pour le second. Quant au troisième groupe, on s’en tenait au placebo.

Les résultats sont sans appel : Les patients des deux premiers groupes ont vu leurs symptômes moteurs atténués. L’on parle notamment de raideurs musculaires, d’hypokinésie (perte de la motricité des membres), de bradykinésie (lenteur des mouvements), d’akinésie (ralentissement de la coordination des mouvements), d’hypertonie (rigidité excessive des muscles), ou encore de tremblements des membres au repos.

Des actions sur les CPR6

Des chercheurs de l’Université de Louisville ont aussi leurs explications, quant au rôle du CBD dans le traitement de la maladie de Parkinson. Ils ont notamment découvert qu’en agissant sur les récepteurs CPR6, la molécule annihile le mécanisme responsable de cette pathologie chronique. En effet, ils sont situés dans la partie inférieure du cerveau. Leur rôle consiste à assurer la connexion entre le tronc cérébral et le cortex, pour favoriser les fonctions cognitives et la motricité.

Des propriétés neuroprotectrices

Les chercheurs de l’Université de Louisville se sont aussi intéressés aux propriétés neuroprotectrices du CBD. Celles-ci profitent effectivement aux neurones à dopamine dans la substance noire du cerveau. Une action qui assure surtout le renouvellement de ces neurones, tout en boostant l’activité métabolique du cerveau. En somme, le CBD réactive les régions responsables des mouvements, d’où l’atténuation des symptômes moteurs de la maladie de Parkinson. Pour couronner le tout, la molécule met à profit ses vertus anti-inflammatoire, en inhibant la sécrétion de cytokines et de glutamates.

Qu’en est-il des symptômes non moteurs ?

En effet, les propriétés neuroprotectrices du CBD profitent également à d’autres zones cérébrales. Par son action, la molécule s’attèle à moduler le système endocannabinoïde. Cette thèse ressort surtout d’un compte rendu médical datant de 2019. Celui-ci résume les résultats d’études cliniques et préliminaires. Seul bémol : ces dernières portaient sur une population plutôt restreinte. Certains spécialistes ont également jugé leur durée trop courte (Six semaines maximum ) pour évaluer l’efficacité du CBD.

Ces études ont néanmoins le mérite de prouver l’efficacité des ECR (essais contrôlés randomisés) basés sur le CBD. Il s’agit là d’administrer aux patients d’autres agonistes ou antagonistes du récepteur cannabinoïde. A noter toutefois qu’une étude sur les quatre réalisées a permis de constater la tolérabilité de ces substances chez les patients.

CBD et troubles psychotiques

Une étude datant de 2008 et publiée dans le Journal of Psychopharmacology attribue au CBD un effet antipsychotique. Elle portait sur 6 patients atteints de la maladie de Parkinson et sujets à une psychose durant les trois mois précédant l’étude. Pendant quatre semaines, ils ont été traités avec du CBD, en plus de leur traitement classique. On a augmenté progressivement la dose, avec un départ à 150 mg/j.

A l’issue de l’expérience, les patients ont vu diminuer leur anxiété, stress, irritabilité… Mieux, ces résultats s’accompagnent d’une atténuation des troubles moteurs. Les chercheurs ont surtout constaté un bon niveau de tolérabilité, quant à la combinaison du CBD avec les traitements classiques.

CBD et troubles du sommeil

Depuis des lustres, le CBD s’est vu attribuer des propriétés régulatrices des troubles du sommeil. Une étude datant de 2014 sur des patients atteints de la maladie de Parkinson, est venue le confirmer. Ils ont traité avec une dose de 160 mg/j, volume qui améliore la qualité du sommeil. Les réveils intempestifs sont surtout réduits au minimum.

La même étude révèle aussi une diversité des résultats, selon la dose de CBD. En effet, une autre population traitée avec 75 mg/j de cannabidiol (durant 6 semaines) a vu diminuer ses agitations durant le sommeil. L’on parle de crie, des mouvements brusques, voire des coups de pied et coups de poing. Des résultats d’autant plus prometteurs, en étant constatés sur un homme de 59 ans et souffrant de la maladie de Parkinson depuis 6 ans. Il est aussi sujet à des agitations durant le sommeil, depuis au moins un an.

Traitement au CBD vs Traitement classique

Un traitement au CBD est à préférer d’un traitement classique, en ce qui concerne la maladie de Parkinson. En effet, ce dernier est le plus souvent à base de dopaminergiques, en l’occurrence du Levodopa. L’idée est de booster la production de dopamine, quitte à recourir à des agonistes. Un processus qui se révèle indissociable à des effets secondaires lourds et éprouvants. De plus, ce type de traitement est pour l’heure réservé aux seuls patients diagnostiqués de maladie de Parkinson depuis des années.

En outre, le traitement classique ne permet de soulager que les symptômes moteurs. Il n’a aucun effet sur les symptômes non moteurs, même en étant combiné avec des changements des habitudes de vie, du régime alimentaire, ainsi qu’avec la prise de compléments alimentaires.

En conclusion, le CBD contribue bel et bien au traitement de la maladie de Parkinson. Une bonne nouvelle pour les patients qui n’ont pas accès au traitement classique. Certains d’entre eux se heurtent à la frilosité des médecins traitants, bien qu’ils montrent les premiers symptômes. Ceux sujets aux tremblements au repos sont par exemple déboutés au prétexte qu’il s’agit plutôt de signes de vieillissement. Néanmoins, les études sur le sujet sont encore à leurs balbutiements. D’autres analyses plus poussées sur une plus large population s’imposent. Certains scientifiques tablent aussi sur une durée d’expérience plus longue. De même, il est aussi prudent de s’en tenir aux avis du médecin avant de suivre un traitement au CBD. Une recommandation qui prend tout son sens, si le patient suit déjà des traitements médicamenteux.

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