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Nicolas Todorovski – Bural’Zen: soutien aux producteurs français

Nicolas Todorovski est notre invité du jour sur Parlons Canna. Fervent défenseur de la filière CBD, il est CEO de Bural’Zen et membre du conseil d’administration de l’UPCBD. Dans cet interview sans filtre, il nous raconte le combat qu’il mène, parle de son business et de sa vision du marché du CBD dans le futur. 

Qui est Nicolas Todorovski?

Nicolas Todorovski est une figure incontournable dans le milieu du CBD et du chanvre. À la tête du réseau de buralistes Bural’Zen, il défend aussi la filière aux côtés de l’UPCBD. À part le militantisme, on lui vante des qualités de businessman, grâce au succès de la vodka au chanvre cannabis qui porte son nom. Il est aussi un fier représentant de La Piraterie, marque du rappeur Booba. Il a inventé une infusion à la mélatonine et aux fleurs de Bach pour pallier les problèmes de sommeil. À travers Bural’Zen, il a également développé la gamme CannaStop, avec des produits pour la réduction des risques, destinés à ceux qui veulent ralentir ou décrocher avec le THC.

Dans sa démarche, ce qui lui tient vraiment à cœur, c’est le soutien aux producteurs français.

“Le marché est comparable à celui du vin. Les producteurs sont mis en avant, ce qui manque dans le milieu du CBD. On a même oublié qu’ils étaient là. On nous a mis un cadre en 2017, qui était le fait de ne pas pouvoir vendre de fleurs made in France, et on en est resté là. Les choses ont évolué, mais pas nous”.

Son parcours

Originaire du sud de la France, Nico démarre ce qu’il appelle le métier du poumon en 2013, avec un magasin de cigarette électronique à Châteaurenard. À seulement 20 ans, il souffre de polyarthrite rhumatoïde. Sa maladie lui fait comprendre ce que vivent les gens en souffrance et le connecte à la réalité. Cela le ramène à des personnes connaissant bien la plante en Italie, qui vont lui faire découvrir la voie du CBD. 

Plus tard, il part en Suisse et rencontre les bonnes personnes pour l’aider dans son projet, qui est d’offrir aux consommateurs des produits de réduction des risques. Le CBD entrait parfaitement dans ce contexte car la molécule aide à l’arrêt du tabac et du cannabis, et même pour la cocaïne et l’héroïne. Ainsi, tout se tient avec la cigarette électronique.

La naissance de Bural’Zen

Convaincu du produit et de son utilité à cause de sa maladie, Nico construit tout un écosystème, en s’appuyant sur des structures déjà existantes dans le réseau des buralistes pour plus de crédibilité. En 2017, il rencontre  Eric Hermeline, président de l’association des Buralistes en Colère. Ensemble, leur but est d’être précurseurs et ne pas passer à côté du marché. Pour structurer leur business, ils n’avaient qu’un véhicule pour récupérer du chanvre de qualité légale et moins cher en Suisse. De retour au pays avec 8 kg de produit, Nico dépose sa marque Bural’Zen à l’INPI, et se lance dans son épopée avec des buralistes en difficulté devant la concurrence déloyale avec les cigarettes. Sachant qu’ils allaient fermer, ces derniers n’avaient pas d’autre choix que de le suivre. Ils n’y croyaient pas, mais le marché est tel qu’il est aujourd’hui: le CBD leur a donné un nouveau souffle.

Le début du militantisme

Plaque TABAC

Pour mettre les chanvriers en avant, il signe un partenariat avec Yoan Paulvé, lui aussi précurseur du cannabis en France et fondateur de Canebounes La Divine dans le Vaucluse. Très vite, ils se font rattraper par l’interdiction des fleurs françaises en 2018. Forcés de s’adapter, ils ont dû faire avec, mais ont monté les associations derrière. Les chanvriers avaient un produit du terroir, une énorme capacité de production et une main d’œuvre de qualité. Ils avaient besoin d’être soutenus. C’est le début du combat de Bural’Zen, aux côtés de l’UPCBD. Aujourd’hui, ils attendent la réécriture de l’arrêté du 31 décembre 2021 en juillet, après la création du nouveau ministère de Macron. Qui sait de quel côté se penchera-t-il. Conscients que le marché peut prendre une tournure catastrophique, les buralistes restent soudés et actifs dans le militantisme.

Bural’Zen met en avant les chanvriers

Bural’Zen propose une gamme de fleurs, de résine et d’huile essentielle au CBD. Nico confesse que ce sont de simples produits de trading sur lesquels il ne peut s’attarder. Pour aller plus loin, il a lancé sa nouvelle gamme au salon du CBD Lyon, avec des produits 100% made in France, sur lesquels les chanvriers peuvent accoler leur marque sur une étiquette. 

Cette gamme regroupe trois marques:

L’objectif de Bural’Zen est de mettre en avant des chanvriers actifs et militants, dépolluer les sols, et repartir sur une culture de chanvre saine et issue des circuits courts.

Pourquoi prendre cette direction?

Nicolas Todorovski a choisi d’avancer dans cette direction pour deux raisons. La première est que nous sommes dans une ère où la légalisation du cannabis est toute proche, et cela doit se faire avec nos agriculteurs. 

La seconde est qu’on nous parle aujourd’hui de molécules comme le HHC et le delta8, des molécules que nous ne connaissons pas réellement. Lui-même se demande s’il doit prendre le virage du HHC et de ses dérives, ou revenir à quelque chose de simple à la base, le cannabis en plein champ ou sous serre. 

Mais en tant que puriste, il se dit pourquoi aller chercher l’innovation et essayer de contourner la chose. Selon lui, il faut s’ouvrir à la discussion. Il n’a qu’un souhait, faire les choses en bonne et due forme.

Sa position sur le HHC

Le HHC n’est ni illégal, ni enregistré comme stupéfiant, mais Nico voit l’engouement pour cette molécule comme un excès. Il insiste sur la nécessité d’en discuter. C’est comme le CBD, où les produits sont arrivés sur le marché sans que les gens sachent différencier chanvre et cannabis. Le taux de THC dans les colis était contrôlé, sans même que les autorités ne connaissent la vraie nature de la marchandise. Aujourd’hui, on part à nouveau dans ces délires. De facto, cela risque de créer des dommages collatéraux aux personnes qui font bien leur boulot, le temps que les autorités analysent et comprennent le HHC. On veut montrer patte blanche mais on risque le retour du bâton, avec une suspension comme celle qu’on a vécu le 31 décembre. 

Les produits Bural’Zen

Réduction des risques

Stop au tabac

Cannastop est un concept lié à l’arrêt du tabac. Quand on parle de dépendance, on fait souvent allusion au THC, pourtant il y aussi de la nicotine dans le joint. Afin de changer le rituel, Nico veut permettre au consommateur d’utiliser la nicotine et les cannabinoïdes autrement. Il les propose donc sous forme de e-liquide à vaper, chose intéressante car la vaporisation n’est pas nocive pour la santé. Cette méthode permet aussi aux magasins spécialisés d’avoir un outil de réduction des risques pour le consommateur. D’un côté, ils peuvent proposer un produit, et de l’autre, la possibilité d’en sortir. Il associe donc le CBD à la nicotine, dans un produit similaire à ce dont les utilisateurs sont accoutumés. En supplément, la fleur de CBD, un goût de cannabis, le tout sur quelque chose de qualitatif et moins cher que la cigarette et le cannabis. 

Cannastop est une simple cigarette électronique, conceptualisée en France. À l’intérieur, on y ajoute du e-liquide, soit en 10 ml avec une préparation déjà faite, soit en 50 ml pour pouvoir doser comme on veut. Avec ça, le consommateur peut ralentir ou stopper le cannabis, grâce à la vaporisation. Aussi, il y a deux alternatives: light pour le fumeur occasionnel, et strong pour celui qui attaque dès le matin.

Un meilleur sommeil

À part la réduction des risques, la gamme propose aussi des produits de bien-être. Il s’agit d’une infusion à la mélatonine et à la fleur de bach, un produit développé avec des matières premières 100%  bio et vauclusiennes, fournies par Cannacie. La mélatonine améliore l’endormissement et le sommeil. C’est une tisane en sachet individuel de 1,5g pour faire une bonne nuit. Quant à la fleur de bach, elle est présentée sous forme de spray sublingual, avec cinq fleurs naturelles renforcées en CBD et en CBG. 

L’aventure de Nicolas Todorovski avec l’UPCBD

Nico fait partie du conseil d’administration de l’UPCBD, naturellement sur la partie buraliste. Quand le syndicat s’est formé, c’était dans un contexte d’urgence. Le CBD était remis en cause au moment de sa création. Même si aujourd’hui les débats portent davantage sur les cannabinoïdes, le combat ne change pas et porte toujours le CBD. 

C’est grâce au syndicat si lui et ses amis buralistes ont pu reprendre le chemin du travail le 24 janvier. Il remercie les adhérents et le conseil d’administration pour leur soutien et leur apport financier pour le bien commun. Aujourd’hui, il fait appel à ceux qui veulent les rejoindre dans ce combat. S’unir et avancer dans la même direction permet de gagner en crédibilité vis-à-vis des politiques, mais aussi pour la sécurité du futur. Il souhaite également mettre les indépendants en avant, plutôt que de laisser profiter les grosses sociétés extérieures. Selon lui,

“Il faut donner à ceux qui ont pris des risques et se sont battus dès le départ”.

Enfin, il soutient le cannabis médical à 100%, mais souhaite que l’on regarde le marché de manière rationnelle. En effet, la réalité est que le trafic de stup est très présent, et qu’on diabolise les cités et les jeunes qui sont agressifs. Pourtant, le consommateur a plus peur du gendarme et des contrôles que des dealers. 

Qu’en est-il de la partie récréative?

Pour Nico, il faut continuer à militer, à évoluer et à muter si l’on veut récupérer la partie récréative du cannabis. En ce qui concerne les magasins et distributeurs de CBD, il y a déjà bon nombre de dérives aujourd’hui. Que le gouvernement autorise ces derniers à prendre le chemin du cannabis récréatif, le chemin relève de l’utopie. L’avantage du réseau des buralistes est qu’ils possèdent des licences et doivent répondre à des critères juridiques comme un casier judiciaire vierge, une caution en banque pour le rachat du tabac, etc.  

Malgré les pourparlers, ils seront toujours jugés sur la qualité de leur travail. Il faut donc savoir rester dans le secteur, anticiper les normes et éventuellement la complexité de l’encadrement de la filière. Pour déterminer ce qui sera le plus équitable, cela se joue entre le bon vouloir des autorités, la complicité de l’UPCBD, et les acteurs du marché.

Nicolas Todorovski a connu un véritable love story avec le CBD, ce qui l’a amené à militer pour la cause de cette plante avec ceux qui, comme lui, partagent cette même affinité pour le chanvre. Ambitieux et déterminé, le jeune entrepreneur est une vraie source d’inspiration. 

Si vous voulez découvrir plus d’interviews exclusifs avec les acteurs incontournables de la filière CBD, restez sur Parlons Canna.

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