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Pourquoi intégrer la blockchain à l’industrie du cannabis ?

Ces dernières années, la blockchain a attiré l’attention de plusieurs industries. Sa portée est aujourd’hui beaucoup plus large. Il s’agit d’une technologie de stockage et de transmission d’informations de grande envergure. Pourquoi cet intérêt en particulier dans le secteur du cannabis ? Eh bien, tout simplement parce que les deux domaines jouent un rôle grandissant dans l’économie mondiale. La blockchain peut faire évoluer le marché du cannabis légal à l’échelle internationale, qui jusque-là, n’a connu qu’une croissance relativement statique. Quels pourraient être ses avantages ? Xavier Saïz, fondateur de Cannatracking et PDG de Hempetik, nous apporte ses explications dans un podcast réalisé avec Parlons Canna.

La technologie de la blockchain

Au micro de Parlons Canna, Xavier Saïz explique le principe qui l’englobe afin de découvrir ses apports à l’industrie du cannabis. On parle d’un mécanisme de base de données avancé. Il permet un partage d’informations transparent, décentralisé et surtout sécurisé entre les professionnels d’un secteur en particulier. Son principal objectif consiste à mettre à disposition des acteurs de l’industrie du cannabis une structure qui stocke les renseignements transactionnels de ces derniers (également appelés « bloc ») dans plusieurs bases de données (c’est-à-dire : la « chaîne »).

Ce système les enregistre ensuite sur un réseau connecté qui sera consultable uniquement par les participants possédant une autorisation d’accès. D’ailleurs, la technologie de la blockchain suscite de plus en plus d’intérêt de la part des professionnels du cannabis mondial. Connu comme une architecture sous-jacente de la monnaie numérique Bitcoin, ce mécanisme exploite les principes d’une véritable révolution informatique pour offrir des fonctionnalités optimales.

Pour Xavier Saïz, expert dans ce domaine, il s’agit d’une solution qui mérite l’attention du secteur… Surtout pour promouvoir la transparence. En créant un « grand livre numérique », elle permet effectivement une traçabilité instantanée. Celui-ci s’avérera essentiel pour le suivi des commandes, des paiements, des comptes et des différentes transactions.

Les caractéristiques de la blockchain

Ses principaux atouts résident dans sa structure relativement singulière. Ce grand livre numérique et immuable propose non seulement une sécurité accrue en ce qui concerne le stockage de données. Il met également à disposition de ses utilisateurs un contrôle absolu sur les informations partagées. En effet, le système stocke les données de manière chronologique. Non modifiable, la blockchain pour le marché du cannabis ne permet aucune suppression ni aucun changement sans le consensus du réseau.

Par ailleurs, les membres contrôlent les informations que chaque organisation ou membre peut voir. Il en est de même pour les actions que chacun peut entreprendre. La blockchain propose des solutions applicables dans le secteur du cannabis, puisqu’elle rassemble les informations en blocs qui, eux-mêmes, recensent divers renseignements. Chacun d’entre eux dispose d’une certaine capacité de stockage. Une fois remplie, elle est fermée et reliée au bloc précédent.

Ce fonctionnement facilite les mises à jour, et favorise une consultation des données simplifiée. Cette structure dispose aussi d’un autre avantage : un système intégrant des mécanismes qui empêchent les entrées de transactions non autorisées. La blockchain permet intrinsèquement une chronologie irréversible des données. C’est comme si chaque renseignement est gravé dans la pierre et devient une partie d’un historique qui s’enrichira au fil du temps.

C’est probablement pour cette raison que les professionnels du cannabis (et des autres secteurs d’activité) parlent de « réseau sans confiance ». Détrompez-vous, cette appellation ne signifie pas que ce système manque de fiabilité. Bien au contraire, c’est parce que les partenaires commerciaux dans le monde du cannabis n’auront même pas à questionner ce point grâce à un stockage de données décentralisé, transparent et clair.

Photo de réseau sans confiance

Les apports de la blockchain à l’industrie du cannabis

L’industrie du cannabis présente quelques challenges qui freinent parfois le développement du secteur. Depuis la légalisation du cannabis médical dans plusieurs pays (y compris en Europe) et sa décriminalisation pour un usage récréatif dans de nombreux autres États (notamment aux États-Unis et au Canada), le passage des produits illégaux aux produits légaux ne s’est pas fait aussi rapidement que prévu. De quoi frustrer les professionnels du cannabis qui veulent voir un marché légal prospère.

C’est justement pour cette raison que la technologie de la blockchain représente une solution tout à fait pertinente au sein de cette industrie. Dans son podcast réalisé au micro de Parlons Canna, Xavier Saïz aborde particulièrement les avantages à en tirer, à l’instar de la transparence totale. Ce système n’a pas uniquement l’avantage d’être adaptable au secteur en plein essor du cannabis. Les informations sont vérifiables par tout le monde. Pour Xavier Saïz, cela équivaut à une traçabilité cryptée, ce qui aidera à résoudre les principaux challenges du marché.

Sans cela, chaque organisation œuvrant dans le cannabis devrait encore conserver une base de données qui lui est propre. Avec la blockchain, la manière de travailler changera de façon radicale. Cette technologie utilisera un grand livre numérique connecté sur lequel les transactions et les données s’enregistrent de manière depuis n’importe quel canal. Cela signifie que tous les participants au réseau ayant un accès autorisé voient les mêmes informations à l’instant T. C’est justement pour cette raison que Xavier Saïz évoque une transparence totale. D’autant plus que la blockchain permettra aux tiers de visualiser l’historique complet d’une transaction, ce qui élimine pratiquement toute possibilité de fraude.

L’impact environnemental de la blockchain : Une question récurrente

La question de l’empreinte écologique se retrouve au centre des débats lorsqu’il s’agit de blockchain. C’est d’ailleurs l’une des préoccupations des professionnels du cannabis souhaitant opter pour cette technologie plus fiable. Malheureusement, on dispose de peu d’informations pour comparer cette solution avec d’autres. Seulement, on sait déjà que ce système de stockage et de partage d’informations décentralisé nécessite une puissance de calcul importante pour pouvoir fonctionner de manière optimale.

En effetm, elle consomme beaucoup d’énergie. À titre indicatif, le bitcoin aurait notamment consommé environ 138 térawatts-heures (TWh) en février 2022. Cela équivaut à approximativement 0,62 % de la consommation mondiale d’électricité. Néanmoins, la réalité pourrait être plus clémente. Il suffit par exemple de comparer l’impact environnemental de son utilisation par rapport aux distributeurs automatiques de billets. Ici, on parle tout de même d’une monnaie mondiale. La blockchain pourrait de ce fait présenter une empreinte carbone inférieure.

Toutefois, il n’en reste pas moins que cette technologie de stockage et de partage d’informations décentralisés consomme beaucoup d’énergie. Pour contourner ce problème, de nombreux spécialistes travaillent aujourd’hui sur les différents moyens qui pourraient rendre la blockchain plus respectueuse de l’environnement. Xavier Saïz évoque entre autres les Hard Forks de Waves qui donneraient de meilleurs résultats. Bien entendu, la réduction de l’impact environnemental passe impérativement par la collaboration avec des développeurs locaux.

Photo de cryptomonnaie

L’avenir de cette technologie dans l’industrie du cannabis

La blockchain pourrait certes révolutionner le marché du cannabis légal. Cependant, il convient de trouver les meilleures solutions à exploiter afin d’en tirer le meilleur avantage. Xavier Saïz, au cours de son intervention sur Parlons Canna, évoque en particulier la volonté d’opter pour un système moins énergivore. Si la « crypto-pollution » préoccupe toujours les professionnels du secteur, elle ne constitue en aucun cas un problème insurmontable. Bien au contraire, l’exploration de nouvelles technologies utilisant de l’énergie verte se démocratise très rapidement.

À l’heure actuelle, il existe des systèmes de blockchain plus durables en cours de développement qui pourraient se révéler imbattables à cet égard. Une mise à jour de la blockchain Ethereum (appelée « Ethereum 2.0 ») permettrait par exemple d’utiliser 99,95 % d’énergie en moins. En outre, on devrait s’attendre à ce que ce genre d’initiative prenne de l’ampleur dans les années à venir. Après un désintéressement temporaire pour le domaine de la cryptomonnaie, Elon Musk ambitionnerait notamment à développer une ferme de minage de bitcoins autonome fonctionnant à l’énergie solaire.

Conclusion

La technologie de la blockchain représente une véritable aubaine pour les entreprises du cannabis. Ce système de partage d’informations centralisé utilise un grand livre partagé et immuable disposant d’un accès règlementé. Sa structure lui confère des avantages non négligeables. On parle d’une sécurité renforcée quant au stockage de données. Pour Xavier Saïz, fondateur de Cannatracking et PDG de Hempetik, le principal avantage réside toutefois dans la transparence accrue et la traçabilité instantanée offertes par la blockchain.

Au-delà des questions de confiance, cette solution offre également des avantages commerciaux importants pour un secteur du cannabis au potentiel indéniable. C’est d’autant plus intéressant lorsqu’on se concentre sur les coûts réduits liés à une vitesse, une efficacité et une automatisation importantes. Il convient cependant de privilégier les technologies utilisant l’énergie verte, car la question écologie reste encore l’un des plus grands inconvénients de ce système.

Ici, le podcast de Xavier Saïz

 

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