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Fabienne Lopez & Frédéric Prat – Principes Actifs : Le cannabis thérapeutique : Enjeux et réalités

Dans les coulisses de l’événement CBD Expo à Paris, nous avons eu le privilège de rencontrer Fabienne Lopez et Frédéric Prat de l’association Principes Actifs pour discuter d’un sujet brûlant : la fin de l’expérimentation liée au cannabis médical. En ce 23 mars, à quelques jours seulement de l’échéance du 26 mars, date butoir de cette expérimentation, les enjeux sont considérables.

Laissez-nous vous présenter Fabienne et Frédéric, deux voix influentes dans le domaine, qui apportent une perspective unique sur cette transition cruciale pour le secteur médical et le marché du cannabis. Ensemble, nous allons plonger dans les détails de cette évolution majeure et discuter de l’absence de la fleur dans la généralisation du cannabis médical, un sujet qui suscite de vives discussions et des interrogations profondes dans la communauté.

Préparez-vous à une conversation informative et éclairante alors que nous explorons les tenants et aboutissants de cette période charnière pour le cannabis médical en France.

Fabienne Lopez — Dévouement envers le cannabis thérapeutique

En 2009, Principes Actifs a été fondée, une association entièrement consacrée au cannabis thérapeutique. Depuis lors, l’association a vu différents porte-paroles se succéder. Actuellement, la porte-parole est accompagnée de Fred, qui a assumé la présidence de l’association. Il y a une rotation des responsabilités au sein de l’association, compte tenu du temps et de l’énergie que le militantisme requiert. En raison de circonstances de santé, certains membres, dont la porte-parole, ont recours au cannabis thérapeutique, ce qui renforce leur engagement envers cette cause. Par conséquent, Fred a gentiment accepté de prendre la présidence.

Frédéric Prat — Engagement et leadership

Frédéric a rejoint Principes Actifs il y a deux ans et a eu l’honneur de devenir président de l’association l’année dernière. C’est un rôle qu’il assume avec dévouement et passion, conscient de l’importance de leur travail pour la reconnaissance du cannabis thérapeutique en France.

Fabienne Lopez — Les défis de l’expérimentation du cannabis médical

L’expérimentation du cannabis médical a débuté en 2018, marquant une étape cruciale dans la reconnaissance de ses bénéfices thérapeutiques. Pour mieux comprendre cette démarche et ses résultats, revenons sur son déroulement et ses obstacles.

 

Origines de l’expérimentation

L’expérimentation a commencé avec des auditions devant le comité scientifique à l’ANSM, instauré par Nicolas Authier et Nathalie Richard, la directrice du département. Ces auditions ont permis de mettre en lumière les besoins des patients et les pratiques déjà existantes en matière de cannabis thérapeutique.

Présentation des données

Durant ces auditions, nous avons partagé des informations essentielles, comme les différentes variétés de cannabis utilisées selon les pathologies, les taux de THC adaptés, et les traitements conventionnels pouvant être remplacés avantageusement par le cannabis.

Défis rencontrés

Cependant, l’expérimentation a rencontré des défis majeurs. Un obstacle significatif a été la réticence de nombreux médecins à prescrire du cannabis, qu’ils considéraient encore comme une drogue. Cette opposition a limité la participation des patients à l’expérimentation, malgré des bénéfices avérés observés chez ceux ayant accès au cannabis médical.

Impact sur l’inclusion des patients

Cette situation a entravé l’objectif initial d’inclure 3000 patients dans l’expérimentation. En interdisant l’accès au cannabis médical à des patients éligibles, en raison de préjugés sur sa nature, le système a montré ses limites et ses lacunes en matière de reconnaissance médicale du cannabis.

Analyse de l’expérimentation et attente des résultats

L’expérimentation du cannabis médical, initialement planifiée pour deux ans avec une participation de 3000 patients, s’est étendue sur trois ans avec 2700 participants. À présent, fin mars 2024, nous approchons de la fin de cette phase. Cependant, les derniers comptes rendus ne sont pas encore accessibles. Le dernier rapport consulté date d’il y a environ un an. 

État actuel de l’expérimentation

La clôture matérielle de l’expérimentation est prévue pour la semaine prochaine. Les comptes rendus, ou les expertises, seront publiés ensuite, offrant une vue d’ensemble détaillée des événements selon les critères établis. Néanmoins, des informations préliminaires ont déjà été partagées. Ces informations indiquent une faible occurrence d’effets secondaires chez les patients et l’absence d’accidents graves liés à la consommation de cannabis médical. Ainsi, une analyse approfondie des résultats est en cours.

Défis rencontrés et prolongation de l’expérimentation

Le prolongement d’un an de l’expérimentation est le résultat de décisions politiques. À un moment donné, un ministre de la Santé a jugé que le nombre de participants n’était pas suffisant et que les données statistiques sur l’efficacité du cannabis médical étaient insuffisantes. Cela a retardé la clôture de l’expérimentation malgré les conclusions préliminaires déjà disponibles sur son efficacité et sa sécurité.

Analyse politique et médicale de l’expérimentation

À l’époque, l’extension d’un an de l’expérimentation du cannabis médical suscitait des questionnements sur ses motivations réelles. Certains estimaient que cette prolongation était une manière de repousser la date butoir de la clôture et de la généralisation du cannabis médical en France. Cette prolongation semblait donc être une stratégie pour gagner du temps et maintenir l’expérimentation dans une zone d’incertitude.

Considérations politiques et de santé

Cependant, cette prolongation pouvait également être perçue comme une mesure de protection. Il est difficile de ne pas ressentir de frustration face à l’entremêlement de la santé et de la politique en France. Certains responsables politiques, comme Monsieur Brown, semblaient se protéger en demandant cette année supplémentaire, évitant ainsi de s’engager pleinement dans cette démarche médicale. De plus, l’opposition de l’Académie de médecine, dirigée par le professeur Constantin, a également joué un rôle majeur dans cette prolongation. Leur position, qualifiant l’expérimentation comme une tentative de légalisation du cannabis plutôt que comme une solution médicale, a contribué à maintenir un climat d’incertitude et de résistance.

Défis et perspectives

Ces obstacles et ces retards témoignent des défis persistants dans la reconnaissance du cannabis médical en France. Malgré un soutien significatif de la population et d’une partie des professionnels de santé, l’opposition politique et académique continue de retarder une prise de décision claire et efficace. Cela souligne l’importance de séparer les considérations politiques des enjeux médicaux pour répondre adéquatement aux besoins des patients qui bénéficient de cette approche thérapeutique validée à l’échelle internationale.

Objectif de l’expérimentation : Intégration dans le système de santé

L’expérimentation du cannabis médical n’avait pas pour but de prouver son efficacité, mais plutôt de comprendre comment l’intégrer efficacement dans le système de santé. Cela impliquait la mise en place d’un dispositif permettant aux médecins de le prescrire, notamment en déterminant s’il fallait une formation spécifique et quel type de formation serait nécessaire. De plus, il s’agissait aussi de faciliter l’accès par le biais des pharmacies et des pharmaciens. En résumé, l’objectif initial était de tester ce dispositif et de trouver des moyens pour l’améliorer ou le mettre en place de manière optimale.

Dérive politique et pressions

Cependant, la situation s’est compliquée lorsque l’expérimentation a été détournée vers l’exigence de prouver l’efficacité du cannabis médical, ce qui était loin d’être l’objectif initial. Cette dérive vers des exigences de preuve d’efficacité est le résultat des pressions politiques, où les enjeux de santé ont été entremêlés avec des considérations politiques. Cela soulève des interrogations sur la séparation nécessaire entre les domaines de la santé et de la politique pour garantir des décisions éclairées et bénéfiques pour les patients.

Réaction concernant l’exclusion des fleurs dans la fin de l’expérimentation

Selon Frédéric, un communiqué de l’Agence nationale du médicament a récemment annoncé que les fleurs de cannabis ne seraient pas admises dans la suite de l’expérimentation. En tant que représentants des patients, nous sommes perplexes quant à cette décision. Lors des auditions en juin 2019, un accord positif avait été exprimé sur le projet incluant ces deux formes de cannabis. Nous ne comprenons pas pourquoi cette forme est retirée aujourd’hui, alors qu’elle offre un soulagement immédiat à certains patients. Cette situation souligne l’importance de maintenir une approche basée sur les besoins et le bien-être des patients dans le cadre de l’expérimentation du cannabis médical.

Débats autour de l’exclusion des fleurs de cannabis dans l’expérimentation

Dans le domaine du cannabis médical en France, une décision récente a suscité de vives discussions : l’exclusion des fleurs de cannabis de l’expérimentation. Cette exclusion, initialement prévue pour comprendre toutes les formes de cannabis, a soulevé des interrogations quant à ses implications sur l’accès et l’efficacité du traitement.

Pressions politiques et décisions controversées

Selon les informations relayées par diverses sources, dont Nicolas Authier, des pressions politiques émanant du ministère de l’Intérieur auraient conduit à cette décision. En substance, il aurait été suggéré au ministère de la Santé que si les fleurs de cannabis étaient maintenues dans l’expérimentation, cela pourrait conduire à une interdiction totale du cannabis en tant que traitement médical. Cette implication du ministère de l’Intérieur dans des questions de santé a surpris de nombreux observateurs, soulignant ainsi un mélange des genres et des compétences qui suscite des débats et des inquiétudes.

Réactions et consternation

Face à cette situation, plusieurs voix se sont élevées pour exprimer leur consternation et leur désaccord. Il est souligné que le ministère de l’Intérieur a pour mission principale de veiller à la sécurité publique et à l’ordre, et non de dicter des décisions médicales. De plus, cette exclusion des fleurs de cannabis remet en question la liberté des médecins de prescrire le traitement le plus adapté à leurs patients, notamment lorsque les fleurs peuvent apporter un soulagement immédiat à certains malades.

Conséquences sur les patients et la recherche médicale

Cette décision soulève également des préoccupations quant à l’avenir de la recherche médicale sur le cannabis. En limitant les formes disponibles dans le cadre de l’expérimentation, cela pourrait restreindre les données et les observations nécessaires pour évaluer pleinement l’efficacité du cannabis médical dans différents contextes cliniques.

L’efficacité des fleurs de cannabis dans le traitement

L’efficacité des fleurs de cannabis dans le traitement médical est un sujet qui a été largement discuté, notamment en 2019 lors des auditions des associations. Selon Frédéric, ces associations avaient exprimé un avis favorable quant à l’usage des fleurs, mettant en avant leur effet rapide par rapport à l’huile de cannabis. De nombreux cas durant l’expérimentation ont montré que, face à une efficacité limitée de l’huile, le recours aux fleurs s’est avéré plus bénéfique pour certains patients.

L’immédiateté des effets

Fabienne précise que la vaporisation des fleurs offre des effets immédiats, contrairement à l’ingestion d’huile qui nécessite un temps d’attente avant de devenir réellement efficace. Cette différence dans l’immédiateté des effets a été observée dès le début des auditions en 2018, soulignant également une montée de la pression sécuritaire depuis cette période.

Le contexte sécuritaire et la guerre contre les usagers

Fabienne fait le parallèle entre la montée de la pression sécuritaire, notamment sous l’impulsion du ministère de l’Intérieur, et le traitement du cannabis thérapeutique. Elle exprime des inquiétudes quant à l’influence de cette politique sur les décisions médicales, notamment le retrait des fleurs du traitement. Selon elle, cela pourrait refléter une crainte des politiques quant à une possible légalisation du cannabis.

Utilisation des fleurs en soins palliatifs et défis actuels

Frédéric ajoute que les fleurs de cannabis ont été particulièrement efficaces en soins palliatifs durant l’expérimentation. Toutefois, il soulève la question de la manière dont les patients pourront accéder à ces traitements à l’avenir, notamment avec le retrait des fleurs de l’expérimentation. Il évoque la possibilité de cultiver soi-même l’herbe à la maison. Mais cela soulève également des défis en termes de réglementation et d’accès aux traitements pour les patients.

Conséquences de l’interdiction des fleurs de cannabis

La décision d’interdire les fleurs de cannabis dans le cadre de l’expérimentation suscite de vives critiques, notamment de la part de Fabienne. Cette décision est perçue comme contre-productive, affectant déjà plus de 100 personnes bénéficiant des fleurs dans le traitement expérimental, ainsi que des milliers d’autres qui attendent d’y accéder. Cette restriction force ces personnes à faire face à des choix difficiles et peu satisfaisants.

Retour à des traitements moins efficaces ou marché clandestin

Elle souligne que les patients pourraient être contraints de retourner vers des médicaments moins efficaces qu’ils utilisaient précédemment, ce qui ne constitue pas la meilleure solution pour leur bien-être. De plus, elle met en lumière le risque de retour vers le marché clandestin, où la qualité et la sécurité des produits ne sont pas garanties. Cette situation expose les malades à des risques juridiques et à des problèmes judiciaires inutiles.

Impact sur les patients et le système de santé

L’interdiction des fleurs de cannabis dans l’expérimentation médicale soulève des préoccupations majeures concernant le bien-être des patients et l’efficacité du système de santé. Cette décision, selon Fabienne, témoigne d’un manque d’intérêt manifeste envers les besoins et les souffrances des malades. Elle met en lumière les défis et les injustices auxquels ils sont confrontés, illustrant ainsi les lacunes du système de santé actuel en France.

Communication et perception de la santé publique

Au final, cette interdiction des fleurs de cannabis semble davantage motivée par des considérations de communication que par des préoccupations réelles pour la santé des patients. Dans le cadre de l’expérimentation médicale, cette interdiction  met en évidence un écart croissant entre les politiques de santé et les réalités vécues par les personnes malades. Cette décision soulève des questions sur les lacunes et les défis du système de santé français actuel, en particulier en ce qui concerne la prise en compte des besoins réels des patients.

Besoin de dignité dans les soins palliatifs

Dans la discussion entre Fabienne et Frédéric, la situation difficile des patients utilisant le cannabis thérapeutique est mise en avant, surtout ceux en soins palliatifs et en fin de vie. Cela soulève des questions sur le droit à une fin de vie sans douleur et avec des traitements adaptés.

Liberté de choix et obstacles

On constate un défi majeur pour les patients en France : le manque de liberté dans le choix de leur traitement. Certains patients doivent choisir entre des traitements peu efficaces et des solutions alternatives en dehors de la légalité.

Difficultés pour les patients

Fabienne partage ses propres difficultés en tant que patiente, notamment les problèmes d’accès au cannabis thérapeutique et les risques juridiques associés. Cette situation met en lumière les obstacles auxquels sont confrontés de nombreux patients cherchant un soulagement légal et efficace.

Accès au cannabis médical : Un besoin vital

La situation actuelle met en évidence un besoin urgent d’accès aux soins, en particulier pour les personnes en soins palliatifs et en fin de vie. Malheureusement, la promesse de continuité thérapeutique risque d’être rompue pour au moins 100 personnes qui dépendent des fleurs de cannabis, déjà en voie d’épuisement.

Vers un système de santé inclusif

Dans un monde idéal, l’accès au cannabis médical devrait être légalisé et disponible en pharmacie. Les patients pourraient discuter avec leur médecin de l’efficacité des traitements précédents et, si nécessaire, se voir prescrire du cannabis en remplacement. Cette approche permettrait une prise en charge plus personnalisée et efficace des symptômes.

Complexités du remboursement du cannabis médical

Le sujet du remboursement du cannabis médical est particulièrement délicat et complexe. En effet, pour obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM), il est nécessaire de fournir des preuves de son efficacité sur une pathologie spécifique.

Défis financiers pour les patients

Le remboursement du cannabis médical pose des défis importants, notamment parce qu’il traite des symptômes et non une pathologie spécifique. Cela rendra difficile son accès immédiat à un niveau de remboursement similaire à celui d’autres médicaments déjà sur le marché, comme le Sativex. Dans l’immédiat, les patients devront compter sur le soutien des fondations et des associations pour obtenir une aide financière.

Besoin urgent d’un remboursement adapté

Fabienne souligne également l’importance d’un remboursement adéquat par la sécurité sociale. De nombreux patients bénéficiant d’allocations handicapées ont des ressources limitées, et sans un remboursement suffisant, l’accès au cannabis médical pourrait être extrêmement difficile voire impossible. Les coûts, estimés entre 8€ et 9€ pour les huiles, nécessitent une prise en charge significative pour garantir l’accès aux traitements.

La discrétion actuelle du cannabis médical en France

Le recours au cannabis médical demeure très discret en France. Contrairement à ce que redoutent le ministère de l’Intérieur et certains scénarios à l’américaine, il n’y a pas de vague de personnes qui se ruent chez les médecins pour obtenir une prescription facilement. La réalité est bien plus mesurée et encadrée.

Éloignement de la libéralisation totale

Fabienne souligne qu’il est important de comprendre que la libéralisation totale du cannabis médical est loin d’être envisagée en France. Les estimations de 300 000 utilisateurs avancées par Nicolas Authier et d’autres acteurs du domaine pourraient même être sous-estimées. Cela soulève la question de la légalisation qui, selon Fabienne, pourrait présenter des avantages et aider à sortir de l’impasse actuelle.

Contraintes et règles actuelles

Actuellement, les patients inclus dans l’expérimentation du cannabis médical en France doivent se conformer à des règles strictes. Par exemple, l’autorisation temporaire d’utilisation renouvelable tous les 28 jours est une procédure contraignante mais nécessaire pour les produits considérés comme des stupéfiants. Fabienne cite l’exemple d’une personne participant à l’expérimentation, soulignant ainsi les contraintes en vigueur.

Impact des lobbys et exemples étrangers

L’inquiétude du ministère de l’Intérieur ne réside pas tant dans le nombre actuel d’utilisateurs, mais plutôt dans les lobbys et les mouvements de légalisation qui pourraient découler de l’autorisation du cannabis thérapeutique. Des exemples étrangers, comme celui de l’Ukraine qui prévoit de légaliser le cannabis médical pour 6 millions de personnes, montrent que d’autres pays avancent dans cette voie sans rencontrer de graves problèmes. Cependant, Frédéric soulève également l’aspect psychologique, soulignant que le stress et les traumatismes, qu’ils soient liés à des événements de guerre ou à d’autres facteurs, sont des préoccupations communes.

Perspectives futures et évolution de l’expérimentation

Fabienne souligne l’importance de rester informé sur l’évolution de l’expérimentation du cannabis médical. Avec la fin prévue de cette phase, il sera crucial de suivre de près les développements à venir. Il y a notamment le travail à venir avec la Haute Autorité de Santé, les autorisations de mise sur le marché des huiles, ainsi que les modalités de remboursement par la sécurité sociale. Selon Frédéric, ces démarches pourraient s’étendre jusqu’à la fin de l’année 2024, ce qui laisse encore du temps pour observer et participer aux changements à venir.

Intégration de la fleur dans la pharmacopée européenne

Un autre point important concerne l’intégration de la fleur de cannabis dans la pharmacopée européenne, édition 11, à partir du 1ᵉʳ juillet 2024. Cela pourrait ouvrir de nouvelles perspectives en termes de régulation et d’utilisation médicale.

Défis et complexités historiques

Cependant, malgré ces avancées, Fabienne exprime des réserves quant au retour des fleurs de cannabis dans le paysage médical français. Elle rappelle que la France a fait le choix radical de mettre à mal l’herboristerie dans les années 60, ce qui a eu des répercussions sur l’accès aux plantes médicinales. Malgré un regain d’intérêt récent pour les approches alternatives et naturelles, Fabienne reste prudente quant à la réintégration des fleurs de cannabis dans le système de santé français. Elle estime que cela pourrait être très complexe à réaliser.

Impact sur les normes institutionnelles et les relations internationales

Le commentaire de Fabienne met en lumière un aspect crucial : l’intégration du cannabis thérapeutique dans un cadre institutionnel normé, créant ainsi des précédents importants. Cette reconnaissance institutionnelle pourrait certes ne pas tout bouleverser immédiatement, mais elle marque un pas significatif vers une acceptation réglementée du cannabis dans le domaine médical. 

D’autre part, Frédéric souligne l’importance pour la France de suivre les directives européennes et de s’aligner avec les avancées réalisées dans d’autres pays, notamment avec l’exemple de l’Allemagne qui a légalisé le cannabis médical. Il reste à voir comment la France réagira face à ces évolutions et si elle adoptera une approche plus ouverte aux changements ou maintiendra une position plus rigide et isolée par rapport aux tendances internationales.

Territoires d’outre-mer et accès au cannabis thérapeutique

Fabienne souligne un point important souvent méconnu : les territoires d’outre-mer n’ont pas eu accès à l’expérimentation du cannabis thérapeutique, et ils ne bénéficieront pas de cet accès non plus. Cela pose une question sérieuse : pourquoi ces personnes, vivant dans des régions éloignées, n’auraient pas le même accès au cannabis thérapeutique que nous ? Malgré le fait qu’ils soient soumis aux mêmes lois et aux mêmes forces de l’ordre, ils se voient privés de cette option thérapeutique.

Le mot de la fin

Fabienne

Je ne suis pas très positive, mais j’aime bien faire de l’humour. Ça me rappelle un chanteur qui s’appelait Arno et de son groupe T.C Matic et qui avait sorti un tube juste après la création de l’espace Schengen en Europe : « putain putain, c’est vachement bien, on est quand même tous des Européens ». 

Frédéric

Je pense aux gens qui sont en soins palliatifs parce que les fleurs leur faisaient beaucoup de bien. On ne peut pas se permettre de ne pas leur donner cette chance. Ce n’est pas possible. Si je suis ici dans cannabis médical, c’est que j’accompagnais ma maman en fin de vie. Donc mettez les fleurs, mettez les huiles et arrêtez de nous emmerder. 

 En conclusion, il est important de briser le tabou autour du cannabis thérapeutique et de s’engager activement dans le soutien aux associations qui œuvrent pour sa légalisation et son accessibilité. Cette cause concerne potentiellement tout le monde, que ce soit en tant que personne directement concernée ou en tant que proche. Nous encourageons ainsi les personnes sensibles à cette problématique à se tourner vers des associations telles que Principes Actifs, Apaiser avec Mado Gilanton, et Un combat de malade pour suivre leurs actions et apporter un soutien financier ou pratique. 

Cette contribution, même modeste, peut avoir un impact significatif dans la lutte pour un accès plus large au cannabis médical et pour le bien-être des patients qui en ont besoin.

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