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Zoom sur Burdi W, premier vin au CBD en France

Dans un contexte juridique en pleine évolution, la France assiste à une véritable démocratisation du CBD. Après des produits alimentaires et cosmétiques, un entrepreneur bordelais, le dénommé Raphaël De Pablo, a eu l’idée d’élaborer du vin infusé au CBD. Le premier du genre dans l’Hexagone est baptisé Burdi W. Un assemblage parfait entre la molécule et le breuvage millénaire, qui semble être destiné à bousculer les codes dans la tradition du vin. Pour mener à bien le projet, l’entrepreneur s’est associé à Michel Rolland, œnologue depuis une douzaine d’années. Son rôle est de sélectionner la cuvée de base.

Tout savoir sur Burdi W

On doit Burdi W, premier vin au CBD, à Raphaël De Pablo. Véritable pionnier de la culture du cannabis « bien-être », cet entrepreneur bordelais semble avoir trouvé la combinaison parfaite entre la molécule et un Bordeaux. Il ne manque d’ailleurs pas de mots pour mettre en avant son invention :

« On garde l’effet classique de l’alcool, mais on rajoute l’effet relaxant, détente ».

Processus de fabrication gardé secret

Pour des raisons évidentes liées à la concurrence, Raphaël tient à garder secret le processus de fabrication du Burdi W. Il s’est contenté de donner l’essentiel lors d’une interview. On apprend ainsi l’association d’un monocépage 100 % petit verdot à 250 mg de CBD. Le chanvre est infusé dans des jarres.

Sélection du vin

La sélection du vin pour élaborer ce breuvage au CBD n’a pas été de tout repos. Il a effectivement fallu aux deux compères, faire le tour des vins bordelais issus de différents cépages. Merlot, Sauvignon et Cabernet franc… Autant de « candidats » qui n’ont pas été convaincants : Leurs aromes sont totalement éclipsés par le chanvre. Finalement, Raphaël et Michel a jeté leur dévolu sur un cépage très sollicité dans l’assemblage des grands crus :

« Nous avons choisi un 100 % petit verdot en provenance d’un domaine spécifique bordelais dont nous gardons l’anonymat ».

Ce n’est pas du vin

L’ajout de CBD change le statut juridique de Burdi W. En effet, le breuvage ne peut pas être considéré comme du vin. Il s’agit plutôt d’« une boisson aromatisée à base de vin ».

Dégustation du vin au CBD

Plus d’une centaine de clients ont testé le vin au CBD baptisé Burdi W, durant les premiers jours de lancement. La plupart d’entre eux évoque une matière dense d’un goût plutôt plaisant. Certains testeurs ont néanmoins parlé d’un goût pour le moins déroutant. En effet, ils parlent d’un nez fruité avec des notes végétales, en arrière-goût. Des caractéristiques qui ramènent à l’aromatique d’une bière artisanale. D’autres testeurs sont plus précis, en évoquant des notes de cassis mêlée à des notes de cannabis.

Des études sur le cannabis médical

L’idée d’élaborer un vin au CBD n’est certainement pas venu au hasard à Raphaël De Pablo. En effet, durant deux ans au Canada, il a été formé à la culture du cannabis médical. A son retour en France en 2018, il a mis la théorie en pratique, en créant sa propre entreprise baptisée La ferme médicale. Celle-ci est dotée d’une parcelle de 10 ha dédiée au chanvre. Elle se trouve près de Langon en Gironde, lieu stratégique selon Raphaël :

« Un climat parfait qui permet d’obtenir une très bonne concentration en CBD ».

Financement et vente du vin au CBD

Afin de lever des fonds pour mettre sur pied ce vin au CBD, Raphaël a tablé sur le Crowdfunding (financement participatif). Une campagne qui a permis de se faire une idée sur l’intérêt suscité par le projet. En effet, elle a permis de réunir quelque 73 700 euros, soit 20 fois plus de la prévision initiale de 3 500 euros.

Un bon départ pour la vente du vin au CBD

La plupart des 10 500 bouteilles de Burdi W CBD ont été écoulées bien avant même le lancement. En effet, Raphaël a mis en place une campagne de prévente et fixé le prix de lancement à 34 euros. A noter que le concurrent direct de ce vin au CBD vient de Californie, dans la Napa Valley. Celui-ci est affiche un tarif dix fois plus élevé. Enfin, Raphaël précise que les commandes viennent, du moins pour l’heure, de l’étranger.

Les jeunes dans le viseur

Jean-Michel Delile (addictologue) voit en Burdi W la meilleure manière de « réconcilier vin et jeunesse ». En se référant notamment à l’étiquette phosphorescente, ainsi qu’au bouchon sérigraphié, il parle d’une « technique marketing pour appâter les jeunes ».

Un contre-pied pour contourner les législations régissant le CBD

Le chanvre utilisé dans l’élaboration du vin au CBD est récolté à la main. Raphaël doit par la suite les transférer Outre-Rhin pour l’extraction des molécules. Une opération qui demeure encore interdite dans l’Hexagone, car relevant de l’exploitation des feuilles et des fleurs du chanvre. Seules la vente et la culture des graines et des fibres sont autorisées. Cette règle trop stricte a d’ailleurs valu à la France des remontrances de la part du CJUE (Cour de justice de l’Union européenne) en novembre 2020. L’instance exige le respect des règles de la libre circulation des marchandises au sein de l’Union.

A part le petit détour par l’Allemagne, Raphaël tâche de monter patte blanche. Il précise que son chanvre est certifié « de la graine au produit fini ». La traçabilité de la graine est également garantie par son entreprise La ferme médicale. Raphaël a également fait appel à des instances étatiques :

« On travaille avec la région Nouvelle-Aquitaine, les gendarmes, les députés de la région ».

Quel avenir pour Burdi W ?

Raphaël présente son vin au CBD comme « un vin d’apéro festif ». Un statut qui ne convainc guère certains observateurs. Ils font effectivement référence au caractère relaxant du vin. Celui-ci ne collerait pas vraiment avec l’adjectif « festif », lequel ramène surtout à un concept d’excitation.

D’autres analystes qualifient Burdi W d’une boisson ludique. Ils le mettent sous une toute autre bannière que celle du vin. Pour eux, il s’agit surtout d’un apéritif, auquel on associe un effet de mode durant cette crise sanitaire. Autrement dit, ces analystes n’y accordent que très peu de crédit, en termes de gastronomie. Enfin, pour sa part, Jean-Michel Delile, en sa qualité d’addictologue, émet une mise en garde :

« Le CBD est sans risque, mais ce n’est pas le cas de l’alcool ».

En conclusion, il faut dire que Burdi W connaisse un lancement fulgurant. Beaucoup y croient, au vu de la réussite de la campagne de financement participatif. Néanmoins, Raphaël De Pablo regrette les restrictions, dont font encore l’objet les produits CBD. Il souhaite une évolution lui permettant d’opérer dans un cadre 100 % légal. En outre, l’idée d’infuser le vin au chanvre n’est pas tout à fait nouvelle. Raphaël lui-même affirme avoir puisé l’inspiration pour Burdi W, dans des écrits antiques. A l’époque, le procédé était surtout mis en œuvre dans une optique de conservation.

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